GILBERT
GILBERT (Nicolas-Joseph-Laurent) naquit en 1751. Il s'essaya d'abord, mais sans succès, dans VHéroïde, genre que Colardeau avait mis en faveur. Avide de célébrité, il crut que les concours académiqoss offraient à son ambition la voie la plus sûre et la plus prompte, et il s'y engagea avec confiance, quoiqu'il eût pour concurrents des écrivaias auxquels les prix semblaient être dévolus d'avance. Deux échecs le rebutèrent ; et son âme déjà aigrie par le malheur médita une éclatante vengeance. Il s'arma du fouet de la satire, et dans deux ouvrages ramarquables, le Dix-huitième siècle et Mon apologie, il flagella de son vers énergique tous les écrivains qui lui semblaient être injustement en possession de la renommée. Le succès de ces deux satires fut immense ; mais elles excitèrent contre le poète des inimitiés violentes et des haines implacables. Fréron et Clément défendirent seuls Gilbert, auquel M. de Beaumont, archevêque de Paris, accorda une généreuse protection ; mais les souffrances de toute espèce avaient épuisé les forces du malheureux poète, qui mourut à l'Hôtel-Dieu, dans un accès de fièvre c( rébrale, le 12 novembre 1780, à l'âge de vingt-neuf ans.