S6 SUPPLÉMENT
Et je répète en comptant mes souffrances : Pauvre Gilbert, que tu devais souflhr !
Ils me disaient : Fils des Muses, courage ! Nous veillerons sur ta lyre et ton sort ; Ils le disaient hier, et dans l'orage La Pitié seule aujourd'hui m'ouvre un port. Tremblez, méchants ! mon dernier vers s'allume Et, si je meurs, il vit pour vous flétrir.... Hélas ! mes doigts laissent tomber la plume, Pauvre Gilbert, que tu devais soufl'rir !
Si seulement une A'oix consolante Me répondait quand j'ai longtemps gémi ; Si je pouvais sentir ma main tremblante Se réchauffer dans la main d'un ami !
Mais que d'amis, sourds à ma voix plaintive, A leurs banquets ce soir vont accourir, Sans remarquer l'absence d'un convive !.. Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir !
J'ai bien maudit le jour qui m'a vu naître ;
Mais la nature est brillante d'attraits.
Mais chaque soir le vent à ma fenêtre
Vient secouer un parfum de forêts.
Marcher à deux sur les fleurs et la mousse,
Au fond des bois rêver, s'asseoir, courir.
Oh ! quel bonheur ! oh ! que la vie est douce !..,.
Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir !
(Le Myosotis.)