‹ Leçons et modèles de littérature françaiseChapitre 57 sur 265 · I,E SERIN ET LE ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

I,E SERIN ET LE ROSSIGNOL

Si le rossignol est le chantre des bois, le serin est le musicien de la chambre ; le premier tient tout de la nature, le second participe à nos arts : avec moins de force d'organe moins d'étendue dans la voix, moins de variété dans lea sons, le serin a plus d'oreille, plus de facilité d'imitation, plus de mémoire ; et, comme la différence du caractère, surtout dans ces animaux, tient de très près à celle qui se trouve entre leurs sens, le serin, dont l'ouïe est plus attentive, plus susceptible de recevoir et de conserver les impressions étrangères, devient aussi plus social, plus doux, plus familier. Il est capable de connaissance et même d'attachement ; ses caresses sont aimables, ses petits dépits innocents, et sa colère ne blesse ni n'offense. Ses habitudes naturelles le rapprochent encore de nous : il se nourrit de graines, comme nos autres oiseaux domestiques ; on l'élève plus aisément que le rossignol, qui ne vit que de chaire ou d'insectes, et qu'on ne peut nourrir que de mels ' préparés. Son éducation, plus facile, est aussi plus heureuse. Ou l'élève avec plaisir, parce qu'on l'instruit avec succès ; il quitte la mélodie de son chant naturel pour se prêter à l'harmonie de nos voix et de nos instruments ; il applaudit, il accompagne, et nous rend au-delà de ce qu'on peut lui donner.

Le rossignol, plus fier de son talent, semble vouloir le conserver dans toute sa pureté ; au moins paraît-il faire assez peu de cas des nôtres : ce n'est qu'avec peine qu'on lui apprend à répéter quelques unes de nos chansons. Le serin peut parler et siffler ; le rossignol méprise la parole autanf que le sifflet, et revient sans cesse à son brillant ramage. Son gosier, toujours nouveau, est un chef-d'œuvre de la nature auquel l'art humain ne peut rien changer ni ajoute: ; celui du serin est un modèle de grâces, d'une trempe moins ferme, que nous pouvons modifier. L'un a donc bien plus de pnrt que l'autre aux agréments de la société. Le serin chante en tou temps ; il nous récrée dans les jours les phis

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«ombres ; il contribue même à notre bonheur ; car il fait l'amusement de toutes les jeunes personnes et charme les âmes innocentes et captives.

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