‹ Leçons et modèles de littérature françaiseChapitre 76 sur 265 · BOSSUET ET CORNEILLE · texte numérisé non relu

BOSSUET ET CORNEILLE

L'élévation est sans doute le caractère de l'un et de l'autre ; mais l'élévation de Corneille lient à la fierté républicaine, celle de Bossuet à l'enthousiasme religieux. Corneille brave la grandeur et la puissance, Bossuet la foule aux pieds, pour s'élancer jusqu'à la Divinité même. Le premier, en nous montrant l'homme dans toute sa dignité, nous agrandit à nos propres yeux ; le second, en nous le faisant voir dans tout son néant, semble planer au-dessus de l'espèce humaine. Le sublime du poète a plus de profondeur, plus de traits et de pensées ; celui de l'orateur, plus de majesté, plus de véhémence et plus d'images : les né gligences de Corneille viennent de lassitude et d'épuisement, celles de Bossuet, d'un excès de chaleur et d'abondance ; dans Corneille, enfin, quand l'expression est familière, elle est presque toujours sans noblesse ; dans Bossuet. quand l'idée est grande, la familiarité même de l'expression semble l'agrandir encore.

{^E loge de Fléchier.)

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