LACÉPÈDE
LAC.EPEDE.
LACEPEDE (Bernard-Germain-Etienne de la Vii,le-sur- Illon, comte de) naquit à Agen en 1756. II s'appliqua fort jeune à l'étude de l'histoire naturelle et à. celle de la musique, et établit une correspondance active avec Gluck et Buffon, qui le choisit pour continuateur de son Histoire naturelle. Lacépède a publié l'Histoire des quadrupèdes ovipares, celle des reptiles, des poissons et des cétacés Son style qu'on ne peut comparer à. celui de BufFon sous le rapport de l'élégance et de l'harmonie, est cependant remarquable par une clarté et une précision qui donnent à toutes ses descriptions beaucoup de charme et d'intérêt.
Lacépède qui traversa paisiblement la Révolution fut comblé d'honneurs pendant sa vie. — Il fut nommé membre de l'Institut en 1796 et mourut à Epinay le 19 Septembre 1825.
LE LEZARD GRIS.
Le lézard gris paraît être le plus doux, le plus innocent, /t l'un des plus utiles des lézards. Ce joli petit animai, si commun dans le pays où nous écrivons, et avec lequel tant de personnes ont joué dans leur enfance, n'a pas reçu de la nature un vêtement aussi éclatant que plusieurs autres quadrupèdes ovipares ; mais elle lui a donné une parure élégante ; sa petite taille est svelte, son mouvement agile, sa course si prompte, qu'il échappe à l'œil aussi rapidement que l'oiseau qui vole. Il aime à recevoir la chaleur du soleil ; ayant besoin d'une température douce, il cherche les abris ; et lorsque, dans un beau jour de printemps, une lumière pure éclaire vivement un gazon en pente, ou une muraille qui augmente la chaleur en la réfléchissant, on le voi, s'étendre sur ce mur, ou sur l'herbe nouvelle, avec une espèce de volupté. Il se pénètre avec délices de cette chaleur bienfaisante, il marque son plaisir par de molles ondulations de sa queue déliée ; il fait briller ses yeux vifs et animes ; il se précipite comme un trait pour saisir une petite proie, ou pour trouver un abri plus commode. Bien 12*
138 LEÇONS ET MOnÈLÎ^S DE LITT;'Ry\TrRE.
loin de s'enfuir à l'approche de l'homme, il paraît le regarder avec complaisance ; mais au moindre bruit qui l'effraye, à la chute seule d'une feuille, il se roule, tombe, et demeure pendant quelques instants comme étourdi par sa chute ; ou bien il s'élance, disparaît, se trouble, revient, se cache de nouveau, reparaît encore, et décrit en un instant plusieurs circuits tortueux que l'œil a de là peine à suivre, se replie plusieurs fois sur lui-même, et se retire enfin dans quelque asile, jusqu'à ce que sa crainte soit dissipée.
{^Ovipares.)