‹ Leçons et modèles de littérature française; ou (volume 2)Chapitre 128 sur 191 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

C'est Dieu qui du néant a tiré l'univers ; C'est lui qui sur la terre a répandu les mers ; Qui de l'air étendit les humides contrées ; Qui sema de brillants les voûtes azurées, Qui fit naître la guerre entre les éléments, Et qui régla des cieux les divers mouvements. La terre à son pouvoir rend un muet hommage ; Les rois sont ses sujets, le monde est son partage. Si l'onde est agitée, il la peut affermir; S'il querelle les vents, ils n'osent plus frémir ; S'il commande au soleil, il arrête sa course ; Il est maître de tout, comme il en e|t la source. Tout subsiste par lui, sans lui rien n'eût été, Et lui seul des mortels est la félicité.

{Poésies diverses.)

POQUELIN (Jean-Baptiste) naquit à Paris le 15 janvier 1622, dans une maison de la rue Saint-Honoré. Il s'associa fort jeune à quelques bourgeois qui avaient formé une troupe de comédiens sous le nom d'Illustre théâtre. Le public les ayant accueillis avec peu de faveur, ils se dispersèrent, et Poquelin, qui prit alors le nom de Molière, forma une nouvelle troupe avec laquelle il parcourut quelque temps la province. Ce fut à Lyon qu'il donna pour la première fois, en 1653, l'Etourdi, et à Béziers qu'il, fit jouer, en 1654,1e Dépit amoureux. Ces deux ouvrages ne furent représentés à Paris qu'en 1658, époque ou Molière y. revint. Sa troupe, établie d'abord au Petit-Bourbon, et installée définitivement au Palais-Royal, prit, en 1665, le titre de Troupe du roi. Les Précieuses ridicules, jouées en 1659, eurent une vogue qui se soutint pendant quatre mois entiers. L'Ecole des maris et les Fâcheux en 1661, YEcole des femmes (1662), le Festin de Pierre (1665), le Misanthrope (1666), le Tartuffe et V Avare (1667), Amphitryon (1668), et les Femmes savantes (1672), présentèrent au public une série d'ouvrages étincelants de beautés si neuves et si origi-

nales, que la supériorité de Molière sur ses rivaux et ses devanciers fut unanimement reconnue. Pour attirer le public à ses chefs-d'œuvre, Molière fut souvent forcé de descendre à des tableaux de genre, dans lesquels on retrouve la touche du grand maître. Le Bourgeois gentilhomme, Sganarelle, les Fourberies de Scapin et le Malade imaginairey sont des ouvrages où, malgré l'exagération du comique, brillent cependant la raison élevée et le génie inimitable de l'auteur de tant de chefsd'œuvre.

A la troisième représentation du Malade imaginaire, Molière, saisi de convulsions violentes, sentit que sa fin approchait, et s'y prépara en chrétien. Le 17 février 1673, il mourut assisté par deux sœurs de charité.

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