C. DELAVIGNE
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure ! Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !
Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel : Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel !
Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ! Peut-être dans la foule une âme que j'ignore Aurait compris mon âme et m'aurait répondu !...
La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyre ; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ; Moi je meurs : et mon âme, au moment qu'elle expire, S'exhale comme un son triste et mélodieux.
{Méditations.)