‹ Leçons et modèles de littérature française; ouChapitre 120 sur 216 · DIEU SEUL EST GRAND · texte numérisé non relu

DIEU SEUL EST GRAND

N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde, Sa lumière est un verre, et sa faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer. Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre ;

C'est Dieu qui nous fait vivre,

C'est Dieu qu'il faut aimer.

En vain pour satisfaire à nos lâches envies,

Nous passons près des rois tout le temps de nos vies

A souffrir des mépris, et ployer les genoux ;

Ce qu'ils peuvent n'est rien, ils sont ce que nous sommes.

Véritablement hommes,

Et meurent comme nous.

Ont-ils rendu l'esprit, ce n'est plus que poussière

Que cette majesté si pompeuse et si fière,

Dont l'éclat orgueilleux étonnait l'univers,

Et dans ces grands tombeaux où leurs âmes hautaines

Font encore les vaines.

Ils sont rongés des vers.

Là, se perdent ces noms de maîtres de la terre, D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre ; Comme ils n'ont plus de sceptres, ils n'ont plus de flatteurs ; Et tombent avec eux d'une chute commune,

Tous ceux que la fortune

Faisait leurs serviteurs.

(Paraphrase du 'psaume cxiv.)

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