‹ Leçons et modèles de littérature française; ouChapitre 187 sur 216 · MM» A. TASTU · texte numérisé non relu

MM» A. TASTU

Ou s'attache à l'acier mobile,

Qui compte sur l'émail fragile

Les pas silencieux du temps.

Un pas encore, encore une heure,

Et l'année aura sans retour

Atteint sa dernière demeure ;

L'aiguille aura fini son tour.

Pourquoi, de mon regard avide,

La poursuivre ainsi tristement.

Quand je ne puis d'un seul moment

Retarder sa marche rapide ?

Du temps qui vient de s'écouler,

Si quelques jours pouvaient renaître,

Il n'en est pas un seul peut-être

Que ma voix daignât rappeler !

Mais des ans la fuite m'étonne ;

Leurs adieux oppressent mon cœur ;

Je dis : C'est encore une fleur

Que l'âge enlève à ma couronne

Et livre au torrent destructeur ;

C'est une ombre ajoutée à l'ombre,

Qui déjà s'étend sur mes jours ;

Un printemps retranché du nombre

De ceux dont je verrai le cours !

Écoutons !... le timbre sonore

Lentement frémit douze fois ;

Il se tait... je l'écoute encore,

Et l'année expire à sa voix.

C'en est fait, en vain je l'appelle

Adieu!... Salut sa sœur nouvelle.

Salut !... Quels dons chargent ta main ?

Quel bien nous apporte ton aile ?

Quels beaux jours dorment dans ton sein 1

Que dis-je ! à mon âme tremblante

Ne révèle point tes secrets :

D'espoir, de jeunesse, d'attraits,

Aujourd'hui tu parais brillante ;

Et ta course insensible et lente

Peut-être amène les regrets !

Ainsi chaque soleil se lève Témoin de nos vœux insensés ; Ainsi toujours son cours s'achève En entraînant, comme un vain rêve, Nos vœux déçus et dispersés ; Mais l'espérance fantastique Répandant sa clarté magique Dans la nuit du sombre avenir, Nous guide d'année en année, Jusqu'à l'aurore fortunée Du jour qui ne doit point finir.

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