‹ Leçons et modèles de littérature française; ouChapitre 216 sur 216 · UN SOUVENIR A L'HOPITAL · texte numérisé non relu

UN SOUVENIR A L'HOPITAL

Sur ce grabat chaud de mon agonie, Pour la pitié je trouve encor des pleurs ; Car un parfum de gloire et de génie Est répandu dans ce lieu de douleurs ; Cest là qu'il vint, veuf de ses espérances, Chanter encor ; puis, prier et mourir :

396 SUPPLÉMENT. -. ^ ^ 3

Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir ! ^wi

Et je répète en comptant mes soufTrances T ^ %^ . ^4

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Ils me disaient : Fils des Muses, courage ! Nous veillerons sur ta lyre et ton sort ; ^ Ils le disaient hier, et dans l'orage ^^ f^t^â *1- La Pitié seule aujourd'hui m'ouvre un port. /

Tremblez, méchants ! mon dernier vers s'allume: Et, si je meurs, il vit pour vous flétrir.... . . /

Hélas ! mes doigts laissent tomber la plume, Pauvre Gilbert, que tu devais souflrir !

Si seulement une voix consolante Me répondait quand j'ai longtemps gémi ; Si je pouvais sentir ma main tremblante Se réchauffer dans la main d'un ami !

Mais que d'amis, sourds à ma voix plaintive. A leurs banquets ce soir vont accourir. Sans remarquer l'absence d'un convive !.. Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir !

J'ai bien maudit le jour qui m'a vu naître ; Mais la nature est brillante d'attraits. Mais chaque soir le vent à ma fenêtre Vient secouer un parfum de forêts.

Marcher à deux sur les fleurs et la mousse. Au fond des bois rêver, s'asseoir, courir. Oh ! quel bonheur ! oh ! que la vie est douce !... Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir !

[Le Myosotis,)

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