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créer des expressions profondes et vastes qui enrichissent les langues, à enchanter l'oreille par une harmonie majes- . tueuse, à n'avoir ni un ton, ni une manière fixe, mais à prendre toujours et le ton et la loi du moment; à marcher quelquefois avec une grandeur imposante et calme, puis tout à coup à s'e'lancer, à s'élever encore , imitant la nature qui est irrégulière et grande, et qui embellit quelquefois l'ordre de l'univers parle désordre même; si tel est le caractère de la sublime éloquence, qui parmi nous a jamais été aussi éloquent que Bossuet? Qui mieux que lui a parlé de la vie, de la mort, de l'éternité, du temps ?
Ces idées, par elles-mêmes, inspirent à L'imagination une espèce de terreur qui n'est pas loin du sublime: elles ont quelque chose d'indéfini et de vaste, où l'imagination se perd; elles réveillent dans l'esprit une multitude innombrable d'idées; elles portent lame à un recueillement austère qui lui fait mépriser les objets de ses passions comme indignes d'elle, et semble la détacher de l'univers. Bossuet tantôt s'arrête sur ces idées; tantôt, à travers une foule de sentimens qui l'entraînent, il ne fait que prononcer de temps en temps ces mots , et ces mots alors font frissonner, comme les cris interrompus que le voyageur entend quelquefois pendant la nuit, dans le silence des forêts , et qui l'avertissent d'un danger qu'il ne connaît pas.
Bossuet n'a presque jamais de route certaine , ou plutôt il la cache. Il va, il vient , il retourne sur lui-même; il a le désordre dune imagination forte et d'un sentiment profond. Quelquefois il lavât échapper une idée sublime, et qui, séparée, en a plus d'éclat; quelquefois il réunit plusieurs grandes idées, qu'il jette avec la profusion de la magnificence et l'abandon de la richesse. Mais ce qui le distingue le plus, c'est l'ardeur de ses mouvemens, c'est son âme qui se mêle à tout. Il semble que du sommet d'un lieu élevé il découvre de grands événemens qui se passent sous ses yeux, et qu'il les raconte à des hommes qui sont
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Son génie le place an premier rang des homme-» qui ont le plus honoré l'esprit humain dans le siècle le plus «.'claire. Ses ouvrages révèlent l'étendue et la profondeur de ses connaissances dans les genres les plus divers. C'est un PÈnE de l'Eglise, parla parole et l'instruction ) c'est le modèle et le vengeur de la morale chrétienne par la sainte austérité de ses mœurs. Né dans une condition ordinaire, il se place sans effort et sans orgueil à côté de tous les grands de la terre) appelé à la Cour des Rois, il obtient l'estime et le respect de celui qui était le plus Roi entre les Rois. Il n'a ni la faveur ni le crédit, et il est toutpuissant par le génie et la vertu. Instituteur de l'héritier du trône , il apprend à tous les Rois la science de régner ) il soumet les peuples au frein des lois , et il fait trembler les Puissances au nom d'un Dieu vengeur des lois. Il place leur trône dans le lieu le plus inaccessible aux révolutions, dans le sanctuaire de la Religion et dans la conscience de leurs sujets. Pontife éclairé, citoyen zélé, sujet fidèle, il pèse d'une main ferme les droits des deux puissances) il les unit sans les confondre. Plus habile défenseur de Rome que ses défenseurs mêmes, il asseyait la grandeur du siège apostolique sur des fondemens inébranlables, en donnant à son autorité la plénitude et les bornes que les canons de l'Eglise elle-même lui ont données. Il a des adversaires, et il n'a point d'ennemis ) il combat les ennemis de l'Eglise Romaine, et il conquiert l'estime des protestons eux-mêmes) simple Evêque de l'une des églises les plus obscures de la catholicité, il est le conseil de l'Eglise tout entière. Sa vie publique offre le plus grand et le plus noble caractère) et sa vie privée, la facilité des mœurs les plus simples et les plus modestes. Après avoir été le grand homme d'un grand siècle, il prévoit et il dénonce les malheurs du siècle qui doit le suivre. Tant qu'il lui reste un souffle de vie , il est l'appui et le vengeur de la Religion pour laquelle il a combattu cinquante ans. Mais il voit les orages et les tempêtes se former: ses derniers
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et en célébrant les plus illustres de ses contemporains, qu'il rend eux-mêmes, du fond de leur» cercueils, le9 premiers instituteurs et les plus imposans moralistes de tous les siècles, qui rëpand la consternation autour de lui, en rendant, pour ainsi dire, présens les malheurs qu'il raconte, et qui, en déplorant la mort d'un seul homme, montre à découvert tout le néant de la nature humaine 3 enfin, un orateur dont les discour», inspirés ou animés parla verve la plus ardente, la plu9 originale, la plus véhémente et la plus sublime , sont, en ce genre , des ouvrages absolument à part, des ouvrages où , sans guides et sans modèles , il atteint la limite et la perfection des ouvrages classique», consacrés, en quelque sorte, par le suffrage unanime du genre humain , et qu'il faut étudier sans cesse, comme dans les arts on va former son goût et son talent à Rome, en méditant les chefs-d'œuvre de Raphaël et de Michel - Ange : voilà le Démosthène français ! voilà Bossuet! On peut appliquer à ses écrits oratoires l'éloge mémorable que faisait Quintilien du Jupiter de Phidias, lorsqu'il disait que cette 9tatue avait ajouté à la religion des peuples (i).
Le Cardinal Mauïiy. Essai sur VEloquence.
Bossuet Historien.
C'est dans le Discours sur f Histoire universelle que l'on peut admirer l'influence du génie du Christianisme sur le génie de l'Histoire. Politique comme Thucydide, moral comme Xénophon, éloquent comme Tite-Live, aussi profond et aussi grand peintre que Tacite , l'Evêque de Meaux a de j»lu> une parole grave et un tour sublime dont on ne trouve ailleurs aucun exemple, hors dans l'admirable début du livre des Machabées.
(i) Voyez les Leçons latines modernes, t. I.
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<l*accord avec la vigueur des conceptions ! On sent que l'auteur possédail h dominait tout L'ensemble d<- ton sujet, avant de prendre la plume pour en fixer et en exposer les détails : c*es1 la marque et le procédé du vrai génie j aussi le
livre semble-t-il être sorli tout entier, pour ainsi dire, delà tête de l'écrivain, par l'activité continue d'une seuleet même inspiration, comme les poètes, dans une allégorie moins noble peut-être qu'ingénieuse et sensée, nous peignent la sagesse s'élançant toute complète du cerveau de Jupiter.
Telles paraissent également les Oraisons funèbres : depuis la première ligne île l'exorde jusqu'à la dernière de la péroraison , l'orateur, dans chacune de ces compositions, «st comme emporté par un enthousiasme non interrompu, qui exclut au premier coup d'oeil toute idée d'art, d'arrangement, de préméditation ; son sujet le tourmente , et l'échauffé, et l'entraîne^ il ne lui permet pas de prendre haleine. C'est beaucoup pour les autres orateurs d'obtenir, dans la durée d'un discours, quelques momens d'une heureuse inspiration; ce n'est rien pour Bossuel : les élans de sa verve oratoire semblent naître les uns des autres; tout est mouvement, tout est chaleur, tout est vie; et dans les instans où redouble son ardeur, où cet aigle déploie ses ailes avec plus d'audace, les limites de l'éloquence proprement dite deviennent pour lui trop étroites : il les franchit; il entre dans la sphère de la poésie; il monte jusqu'aux régions les plus élevées de cette sphère; il s'y soutient au niveau des poêles les plus audacieux; ce n'est plus le rival de Démoslhène, c'est celui de Pindare. (Quelques endroits de ses Oraisons funèbres sont vraiment des morceaux lyriques. Le don de l'inspiration , on peut L'affirmer, ne fut accordé à aucun orateur aussi pleinement qu'à Bossuetj et quand on songe que son enthousiasme, dans des ouvrages d'une assez grande étendue, ne connaît ni langueur ni repos, on est frappé de ce privilège extraordinaire comme d'un de ces phénomènes qui étonnent la nature et qui déeoneerlent se- Lois.
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destinées du monde visible; loul à la fois prophète, pèro de l'élise , grand politique , historien sublime • Bossuet est
uudeshommes quionlle mieux compris tout ensembleet les affaires humaines et les choses divines, et le christianisme et la politique; cette double science est sans contredit une des sources de cette éloquence singulière, qui le caractérise et qui se place hors de toute comparaison, comme elle s'élève au-dessus de toute rivalité.
L'inspiration perpétuelle qui l'agite et qui semble le troubler, cet enthousiasme qiii se communique au lecteur, cl qui l'enivre lui-même, a pu faire croire que la marche oratoire de Bosstlet était beaucoup plus impétueuse que régulière, et qu'il a mis dans ses discours moins de méthode que de génie. Sa méthode en effet est peu sensible, mais elle
n'en est pas moins réelle
Les plans de Bosstiet , dans ses Oraisons funèbres, sont simples aussi bien que ses textes; mais si l'on veut y faire attention, on reconnaîtra qu'il les suit avec scrupule, qu'il en remplit toutes les divisions, qu'il en creuse également toutes les parties, et que jamais , dans les mouvemens les plus inallcndus de son essor, il rie perd de vue la route qu'il s'est tracée. Celte espèce de découverte est même une satisfaction tranquille que la lecture réfléchie de ses ehcfsd "o-uvre ajoute au ravissement qu'ils causent rl'aburd. et au charme tumultueux des premières liripreisiÔHs. On aime à voir que, dans celte tourmente du ^énie , il est toujours sûr de sa marche, il reste toujours maître de lui-même. L'idée de sa puissance s'en accroît . et il semble que l'ascendant qu'il exerce en soit plus légitime et plus doux.
Quelques amateurs du Jini . qui le confondent avec la perfection, parce que ces dcu\ mots, au premier coup d'reil, présentent à peu près la même idée. Muulraienl faire à Bossuet un reproche sérieux de plusieurs défauts qu'ils remarquent dans sort éloeution; mais le concevrait-on avec une élégaheé plus soutenue, avec une correction plus se-
Il PARALU II
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p:i|iîll II! Uppal l'-li il plllS purlK nr'.-itn-nl \ l'.i-'. '•!•.. -M1- |.|rl lll-ll | .. fil i|
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dnerpi- • le, qui D'emprunté qu'l I
: la | » l u-* nat urt-lif , se» imite* •l ae* par urée ! quelle > wiélé «le mouvi-m Lia «bon-
(Luit «■ ci quelle mag m licence de tableau* ! quel treaoi BjjQajiMa i"i '•'- , ] •!' '< ■• • - | ■ > ■» . animées, «-t pour ainsi dire ■ iI't na-noua toute h ;
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68o CARACTÈRES OU PORTRAITS,
qui lui appartient n'est qu'un résultat des combinaisons merveilleuses auxquelles pouvait se plier IfM succès l'heureuse nature de notre commun idiome. Il a tiré l'or d<- la mine- mais la mine existait : il a couvert le sol de moissons brillantes; mais le champ était fécond; et le sentiment de l'orgueil national est doublé, quand on réfléchit que si notre langue dut beaucoup à Bofauel , le génie et la gloiredecet hommeprodigieuxdoivent également beaucoup à notre langue, accusée de faiblesse par quelques étrangers qui ne la connaissent pas, et même par quelques Français qui l'écrivent mal.
Dussault. Notice sur Bossuet.
Flechier.
On a souvent comparé Flechier avec Bossuet : je ne sais s'ils furent rivaux dans leur siècle, mais aujourd'hui ils ne le sont pas. Flechier possède bien plus l'art et le mécanisme de l'éloquence, qu'il n'en a le génie. Il ne s'abandonne jamais, il n'a aucun de ces mouvemens qui annoncent que l'orateur s'oublie et prend parti dans ce qu'il raconte. Son défaut est de toujours écrire et de ne jamais parler. Je le vois qui arrange méthodiquement une phrase et en arrondit les sons. Il marche ensuite à une autre; il y applique le compas; et de là à une troisième. On remarque et l'on sent tous les repos de son imagination; au lieu que les discours de son rival , et peut-être tous les grands ouvrages d'éloquence, sont, ou paraissent du moins , comme ces statues de bronze que l'artiste a fondues d'un seul jet.
Après avoir vu les défauts de cet orateur, rendons justice à ses beautés. Son style, qui n'est jamais impétueux et chaud , est du moins toujours élégant. Au défaut de la force, il a la correction et la grâce. S'il lui manque de ces expressions originales, et dont quelquefois une seule
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plus df souplesse et d'exactitude que d'élévation et de génie, n'offraient pas de très-hc tireuses ivsmmiiv»", h l'éloquence ; c'est toutefois un intéressant et utile spectacle, un bel objet d'étude, de voir Bossuet et Flécbier luttant corps à corps, même dans une lice trop étroite pourqu'ils pussent y déployer tous leurs moyens et toutes leurs forces ; c'est un piquant et instructif examen (pie celui des détails particuliers où ils se rapprochent le plus l'un de l'autre; c'est une comparaison supérieure à tous les parallèles généraux , que celle qui 6'établit, sur des bases si positives, entre deux compositions de deux orateurs s^exereant en même temps sur le même sujet; rien n'est plus propre à faire sentir en quoi ils diffèrent , en quoi ils se ressemblent: on pourrait dire qu'il n'y a pas de petits sujets pour Bossuet, ni de matières stériles pour Flécbier; l'un agrandit tout par ses vues, l'autre fertilise tout par ses combinaisons : la conception de l'un est plus haute; il place les choses dans un plus grand ensemble, dans un plus vaste cadre; il les rattache à des considérations plus élevées, plus étendues : l'autre circonscrit sa pensée, et la restreint dans les bornes d'un plan vulgaire, sans lui permettre d'aller, par d'heureuses excursions, s'enrichir hors des limites qu'il lui a tracées; sûr de son art, il semble ne vouloir puiser que dans cette source qu'il troUVe toujours abondante, et n'ambitionner d'autre succès que d'en montrer l'intarissable fécondité. Le style du premier est plus naturel, plus pittoresque , plus animé, plus plein, plus rapide et plus profond ; le style du second est plus pur, plus régulier, plus soigné, plus égal. Bossuet parle souvent un langage qui n'est qu'a lui; il dompte et l'ail fléchir sous sa puissance l'idiome national qu'il traite, pour ainsi dire, en esclave; Fléchier ne s'étudie qu';\ polir et perfectionner la langue commune, qu'il semble avoir prise sous sa tutelle, et qu'il a dotée de tous les trésors de l'harmonie périodique. Une circonstance digne de remarque, relativement à l'une des deux oraisons funèbres qui ont amené ces réflexions, c'est qu'elle fut prononcée devant
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6#4 CARACTËBES <>l 1><)KT1\AITS,
de 1 Orateur qui tend toujours, en grand moraliste, au vrai et au solide, plutôt qu'au brillant et au sublime du sujet; c'est cette véhémence accablante et néanmoins j'Ieine d onction , dans la bouche (fun accusateur qui. en plaidant contre vous, au tribunal de votre conscience, vous force à chaque instant de prononcer en secret le jugement qui vous condamne 5 c'est la perspicacité avee laquelle il fonde tous nos devoirs sur nos intérêts, et cet art si persuasif qu'on ne voit guère que dans ses sermons, de convertir les détails des mœurs en preuves de la vérité qu'il veut établir; c'est celte abondance de génie qui ne laisse rien à imaginer au lecteur par-delà chacun de ses discours, quoiqu'il en ait composé au moins deux, souvent trois, quelquefois quatre sur la même matière, et qu'on ne sache souvent, après les avoir lus, auquel de ces sermons il faut donner la préférence; c'est cette sûreté et cette opulence de doctrine qui font de chacune de ses instructions un traité savant et oratoire de la matière dont elle* sont l'objet; c'est la simplicité d'un style nerveux et touchant, naturel et noble, lumineux et concis, où rien ne brille que par l'éclat de la pensée, où règne toujours le goût le plus sévère et le plus pur, et où l'on n'aperçoit jamais aucune expression ni emphatique ni rampante; c'est cette pénétrante sagacité qui creuse, approfondit, féconde, épuise chaque sujet; c'est cette compréhension vaste et profonde qu'il ne partage qu'avec saint Augustin et liossuet, pour saisir dans l'Evangile, et y embrasser d'un coup d'oeil , les lois, l'ensemble, l'esprit et tous les rapports de la morale chrétienne; c'est la série de ses tableaux, de ses preuves, de ses mouvemens, la connaissance la plus étendue et la plus exacte de la Religion, l'usage imposant qu'il fait de l'Ecriture, l'a-propos des citations non moins frappantes que naturelles qu'il emprunte des Pères de 1 Eglise, et dont il tire un parti plus neuf, plus concluant , plus heureux, que n'a jamais fait aucun autre orateur chrétien.
| I l'M'.M.I I I RS.
fin, )>' i ■•■ Mvmgltdett T.inil lioin
sans me «lire à i
j'oserai I l'élan a sa sensibilité ,
plu-< tl'aril«-iir i son bras.nl I urlout I
pleese à ton imagination beau idéal | |UMp
quand il eat fécondé et soutenu par un travail imanenae i ! I I H« Essai sut
li eiOeUe dai - U | • i r 1 1 .- «!«• l'orateur. (|in MssJt j
tenir lieu »!«• UMtea 1- Ile éaoqMMi aai
\.i droit i rame, mail qui mi la renvereer, ijui la
•ooaterneaan» l.itlctrir. it <]in D va chercher .m fond du eu n
Bl li bJtfl s .n.lrr pour nous aveugler et nmi l'uni ..Mi,!-.,' phismes, il lui suffit
presque de le?» dév< mu si aiTectaeuae
tendre, qu'il subjugue moins qu'il nYnlr.iiii' qu en liotj "iTranl même la peiutu:
n- nous attacher Sa diction, toujoura facile, élégan ■■■ »-i pure . aal i tout de cette simplicité noble, sans laquelle il n s a ni bon goût m . licite qui . réunie
M.inmIIoii à l'harmonie la plus séduisante <-t la plu
îi j « ru ii t «• encore .les grâces uou\ell< <■ -pu mrt
charme qu.- fui t éprouver
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et n « ni rien 00 au .pu le> a produites. H lui
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soit dans les tours, soit dans la mélodie si louchante de son style, des négligences qu'on peut appeler heureuses , parce qu'elles achèvent de faire disparaître non seulement l'empreinte, mais jusqu'au soupçon du travail. C'est pat cet abandon de lui-même que Massillon se faisait autant d'amis qued'audileursj il savait que plus un orateur parait occupé d'enlever l'admiration, moins ceux qui l'écoutent sont disposés à l'accorder, et que cette ambition est l'écueil de tant de prédicateurs qui, chargés, si on se peut exprimer ainsi, des intérêts de Dieu même, veulent y mêler les intérêts si minces de leur vani'té.
D'Alembert. Eloge de Massillon.
Pascal.
Cet homme extraordinaire, qui remplit une vie si courte de tant de prodiges , sans parler de sa gloire dans les sciences, sans répéter l'éloge de ce chef-d'œuvre des Provinciales pour qui la frivolité du sujet n'a point affaibli l'admiration, n'a-t-il pas marqué toute sa force dans les pages détachées de l'ouvrage qu'il préparait , et dont Pope a su recueillir les grands traits épars ?
Où se retrouve, où se retrouvera jamais le secret de ce style qui, rapide comme la pensée, nous la montre si naturelle et si vivante, qu'il semble former avec elle un tout indestructible et nécessaire? L'expression de Pascal est à la fois audacieuse et simple, pleine et précise, sublime et naïve. Ne semble-t-il pas choisir à dessein les termes les plus familiers, bien sûr de les élever jusqu'à lui , et de leur imprimer toute la majesté de son génie?
Quel est ce raisonnement vigoureux qui poursuit une idée jusque dans ses derniers résultats, et ne l'abandonne qu'après l'avoir forcée de donner tout ce qu'elle contient '.' On conçoit l'éloquence de Bossuet, empruntant à la poésie de riches images, et ce ton de l'homme inspiré qui, placé
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Ii i .i\ lit un homme ijui . à ili)ii7e aiiN , avec de* bmms Ji, n\.iil <ir. Im in.itli(:iu.iiii|ue- j i|iii, h -• avait f.nt !•• plut aav.uit traite4 d.-> touiquei qu'on « ui vu depuis l'antiquité; qui, à dix-ni chine une HÎMMI kOJ l'enlri
; i|iii . .1 pOBgWtfOU, diinuii, m lu ne* de 1j
pesanteur de l'air, et drtrui-.il iinr d«- . l'ancienne pli\M.pie ; mi . à cet âge ou I ■">inmt*
commencent à peine de naître, avant ai le cercle de* science» humaine*, &'.i|»er> H néant ,
et loin un touir . . .
ee momeni i mort,
viorne année . min ma et souffrant . fiia !•• m ngue
qu'oi !
i.ii.iiuMit le j cnlin i|in | jlle du »«•■> m
■ |,|. m mit le papier de*
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Huileau Despiéaux.
Quand il parut, la poésie retrouva ce style qu'elle avait perdu depuis les beaux jours de Rome; ce style toujours clair, toujours exact , qui n'exagère ni n'affaiblit, n'omet rien de nécessaire, n'ajoute rien de superflu, va droit à l'effet qu'il veut produire , ne s'embellit que d'ornemens accessoires puisés dans le sujet , sacrifie l'éclat à la véritable richesse , joint l'art au naturel , et le travail à la facilité ; qui, pour plaire toujours davantage, s'allie toujours de plus près au bon sens , et s'occupe moins de surprendre les applaudissemens que de les justifier ; qui fait sentir enfin , et prouve à chaque instant, cet axiome éternel : Rien n 'est beau que le vrai.
La réunion de ces qualités si rares prouve que Despréaux avait plus d'étendue dans l'esprit que ne l'ont cru des juges sévères. On s'est plaint de ne point trouver dans ses écrits l'expression du sentiment • mais était-elle nécessaire aux genres qu'il a choisis ? Il mérite de nouveaux éloges pour s'être renfermé dans les bornes de son talent : tant de bons écrivains ont eu la faiblesse d'en sortir ! Il emploie toujours le degré de verve nécessaire à son sujet. Pourquoi donc l'a-t-on accusé de froideur? Les jeunes gens qui aiment l'exagération , lui ont fait souvent ce reproche. Plusieurs ont à expier des jugemens précipités sur ce législateur du goût : heureux ceux qui se -lésabusent de bonne heure ! Despréaux n'a pas sans Junte la philosophie de Pope , qu'il égale au moins par le style. On ne peut guère exiger qu'il s'élevât au-dessus des idées de son siècle ; les siennes ne sont point inférieures à celles des moralistes ses contemporains , si l'on excepte La Fontaine et Molière. Combien de vers des épitres à Lamoignon, à Guilleragues ; à Seignelay, sont devenus proverbes, et se répètent tous Jes jours! Il l'uul bien qu'ils n'expriment pas des idées
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pittoresque et sa rapidité lumineuse. Quoiqu'il aille vite, vous le suivez sans peine: il a un art particulier pour laisser souvent dans sa pensée une espèce de réticence qui ne produit pas l'embarras de comprendre , mais le plaisir de deviner; en sorte qu'il fait, en écrivant, ce qu'un ancien prescrivait pour la conversation ; il vous laisse encore plus content de votre esprit que du sien.
La Harpe. Cours de Littérature , t. VII , p. 27 1.
Descartes et Newton.
Les deux grands hommes qui se trouvent dans une si grande opposition ont eu de grands rapports. Tous deux ont été des génies du premier ordre, nés pour dominer sur les autres esprits , et pour fonder des Empires. Tous deux , géomètres excellens , ont vu la nécessité de transporter la géométrie dans la physique. Tous deux ont fondé leur physique sur une géométrie qu'ils ne tenaient presque que de leurs propres lumières. Mais l'un, prenant un vol hardi, a voulu se placer à la source de tout, se rendre maître des premiers principes par quelques idées claires et fondamentales , pour n'avoir plus qu'à descendre aux phénomènes de la nature , comme à des conséquences nécessaires. L'autre , plus timide ou plus modeste , a commencé sa marche par s'appuyer sur les phénomènes , pour remonter aux principes inconnus, résolu de les admettre, quels que les pût donner l'enchaînement des conséquences. L'un part de ce qu'il entend nettement, pour trouver la cause de ce qu'il voit; l'autre part de ce qu'il voit , pour en trouver la cause, soit claire , soit obscure. Les principes évidens de l'un ne le conduisent pas toujours aux phénomènes tels qu'ils sont; les phénomènes ne conduisent pas toujours l'autre à des principes assez évidens. Les bornes qui , dans ces deux routes contraires, ont pu
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Si maintenant je rapproche Descartes de ces hommes célèbres, j'oserai dire qu'il avait des vues aussi nouvelles et bien plus étendues que Bacon; qu'il a eu l'éclat et l'immensilé du génie de Leibniu. mais bien plus de consistance et de réalité dans sa grandeur; qu'enfin il a mérité d'être mis à côté de Newton , et qu'il n'a été créé que par lui-même, parce que si l'un a découvert plus de vérités, l'autre a ouvert la route de toutes les vérités; géoniéhv aussi sublime, quoiqu'il n'ait point fait un aussi grand usage de la géométrie; plus original par son génie, quoique ce génie l'ait souvent trompé; plus universel dans ses connaissances, comme dans ses talens , quoique moins sage et moins assuré dans sa marche; ayant peut-être en étendue ce que Newton avait en profondeur; fait pour concevoir en grand, mais peu fait pour suivre les détails , tandis que Newton donnait aux plus petits détails l'empreinte du génie ; moins admirable sans doute , pour la connaissance des cieux , mais bien plus utile pour le genre humain, par sa grande influence sur les esprits et sur les siècles (i).
Thomas. Eloge de Descartes.
Descartes et Gassendi.
Ii. est peu de contrastes plus frappans que celui qui se présente en comparant entre eux ces deux illustres rivaux. Il n'y eul \ias moini d'opposition entre les caractères de leurs esprits qu'entre les principes de leurs doctrines. l>e génie de Descartes, plein d'originalité, d'énergie et
(i) Voyez les Leçons Latine* modernes, t. 1 et II.
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pour avoir commencé par douter; Le second s'attacha d.\-
bord à savoir, à observer, el paru! souvent incliner, dans ■ (inclusions . au scepticisme, pefee qu'en résultat il avait détruit des opinions erronées ou n'es preuves insuffisantes. Descartes ('tonna et remua Ben siècle: il eut des enthousiastes passionnés, dés advei «aires ardCBSj mais la secte qu'il avait fondée s'est dissipée promptement : il appfrrut comme un météore brillant, dont l'éclat éblouit h-s regards. Gassendi répandit au loin une lumière égale et douce • l'influence qu*îl a exercée a été plus durable peutrire, quoique moins sensible.
De Gérando.
Corneille jugé par Racine.
Y.\ (rue! étal se trouvait la scène française lorsque Corneille commença à travailler ! Quel désordre! quelle irrégularité ! Nul goût, nulle connaissance des véritables beautés du ihéâlrejles acteurs aussi ignorans que les spectateurs : la plupart des sujets exlravagans et dénués de vraisemblance : point de mœurs , point de caractères ; la diction encore plus vicieuse que l'action , et dont les pointes et de misérables jeux de mots faisaient le principal ornement : en un mot, toutes les règles <le I arl . celles même de rbonnèleté el de la bienséance partout violées.
Dans cette enfance, ou . pour mieux dire , dans cecbaos du poème dramatique parmi nous. Corneille , après avoir quelque temps cberelié le bon chemin ; et lutté, si je l'ose ainsi dire, contre le mauvais goâl de son siècle, enfin, inspiré d'un génie extraordinaire ," Ci aidé de la lecture des anciens, fil voir sur la scène la raison . mais la raison accompagnée de toute la pompe , de tous l<s ornemens dont notre langue est capable, accorda heureusement la vraisemblance el le merveilleux, el laissa bien
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