‹ Leçons françaises de littérature et de morale (volume 3)Chapitre 16 sur 141 · I .i.-t.-ia jn pi. d d ■ |a · texte numérisé non relu

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ques substances grossières distribuées avec épargne; sans cesse consternés des maux de leurs malheureux compagnons et des menaces d'un impitoyable gardien , moins effrayés du supplice que tourmentés de son attente ; dans ce long martyre de tous leurs sens, ils appellent à leur secours une mort plus douce que leur vie inforlunée.

Si ces hommes sont coupables, ils sont encore dignes de pitié , et le magistrat qui diffère leur jugement est manifestement injuste à leur égard. La loi a prononcé un châtiment public qui doit suffire à la réparation de leur crime et à la satisfaction delà société; ce long tourment d'une prison cruelle est une peine nouvelle dont il surcharge le coupable, et c'est violer la loi que d'en excéder la mesure : excès d'autant plus funeste , qu'il nuit à la fois au coupable et au public, et que tous les momens consumés dans une prison sont perdus pour l'exemple des mœurs.

Mais si ces hommes sont innocens , ô douleur, ô pitié ! à cette idée l'humanité pousse du fond du cœur un cri terrible et tendre. Quoi ! cet homme né libre gémit sous le poids des fers? Cet homme , à qui la lumière et l'air du ciel étaient destinés , respire à peine dans un cachot ; ce père de famille est arraché avec violence des bras de son épouse et de ses enfans! Le deuil, le désespoir et la faim se sont emparés de sa tranquille habitation ; ces bras qui tenaient embrassées une épouse tendre, une progéniture naissante ; ces bras qui leur donnaient la subsistance, qui semaient, qui recueillaient; ces bras, si nécessaires à l'Etat, sont indignement liés; un cœur pur et sans reproche est dans des lieux souillés de remords ; l'innocence, en un mot, est dans le séjour du crime : c'est là qu'on ne peut s'empêcher de gémir profondément sur les malheurs de l'humaine condition; c'est là qu'en jetant les yeux vers la Providence, on dit avec autant d'amertume que d'étonnement : O homme! quelle est

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