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droite, el le mont Olympe qui est à sa gauche, et dont la hauteur est d'un peu plus de dix stades.
La vallée s'étend du sud-ouest au nord-est; sa longueur est de quarante stades, sa plus grande largeur d'environ deux stades et demi; mais cette largeur diminue quelquelois au point qu'elle ne paraît être que de cent pieds.
Les montagnes sont couvertes de peupliers, de platanes, de frênes d'une beauté surprenante. De leur pied jaillissent des sources d'une eau pure comme le cristal ; et, des intervalles qui séparent leurs sommets , s'échappe un air frais que l'on respire avec une volupté secrète. Le fleuve présente presque partout un canal tranquille ; et, dans certains endroits, il embrasse de petites îles, dont il éternise la verdure. Des grottes percées dans les flancs des montagnes, des pièces de gazon placées aux deux côtés du fleuve, semblent être l'asile du repos et du plaisir. Ce qui nous étonnait le plus, était une certaine intelligence dans la distribution des ornemens qui parent ces retraites. Ailleurs, c'est l'art qui s'efforce d'imiter la nature ; ici, on dirait que la nature veut imiter l'art. Les lauriers , et différentes sortes d'arbrisseaux , forment d'eux-mêmes des berceaux et des bosquets, et font un beau contraste avec des bouquets de bois placés au pied de l'Olympe. Les rochers sont tapissés d'une espèce de lierre, et les arbres, ornés de plantes qui serpentent autour de leur tronc , s'entrelacent dans leurs branches et tombent en festons et en guirlandes. Enfin, tout présente en ces beaux lieux la décoration la plus riante. De tous côtés l'œil semble respirer la fraîcheur, et l'àme recevoir un nouvel esprit de vie.
Les Grecs ont des sensations si vives, ils habitent un climat si chaud, qu'on ne doit pas être surpris des émotions qu'ils éprouvent à l'aspect et même au souvenir de cette charmante vallée. Au tableau que je viens d'en ébaucher, il faut ajouter que dans le printemps elle est tout émaillée de fleurs, el qu'un nombre infini d'oiseaux
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masses énormes ? Est-ce la fureur des aquilons? est-ce un bouleversement du globe ? est-ce en effet la vengeance terrible des Dieux contre les Titans? je l'ignore : mais enfin, c'est dans cette affreuse vallée que les conquérans devraient venir contempler le tableau des ravages dont ils affligent la terre.
Barthélémy. Voyage d'Anacharsis.
La Vallée de Gampan.
Deux vallons, dont le premier descend duTourmale, et l'autre des montagnes de la vallée d'Aure, se perdent au bourg de Sainte-Marie , dans la vallée de Campan. Chacun de ces vallons y apporte le tribut de son torrent , . et l'Adour, formé de leurs eaux confondues , après avoir baigné les riches prairies de cette vallée , rencontrant à Bagnères les plaines du Bigorre , comme charmé des contrées qu'il abandonne et de celles qu'il va parcourir, semble lutter , par ses longs circuits , contre la communedestinée des fleuves , lorsque , rencontrant le Gave à Bayonne , né à côté de lui , il s'engloutit avec lui dans les gouffres de l'Océan.
Je ne peindrai point cette belle vallée qui le voit naître, cette vallée si connue , si célébrée , si digne de l'être ; ces maisons si jolies et si propres , chacune entourée de sa prairie, accompagnée de son jardin, ombragée desatouffe d'arbres; les méandres de l'Adour plus vif qu'impétueux, impatient de ses rives, mais en respectant la verdure ; les molles inflexions du sol onde comme des vagues qui se balancent sous un vent doux et léger -} la gaieté des troupeaux et la richesse du berger ;- ces bourgs opulens , formés comme fortuitement , là où les habitations répandues dans la vallée ont redoublé de proximité. Bagnères, ce lieu charmant, où le plaisir a ses autels à côté de ceux d'Esculape, et veut être de moitié dans ses miracles;
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enfin dans un atelier de sculpteur , ou plutôt d'un barbare fabricant de tombeaux , des marbres dont il s'efforce d'effacer les inscriptions précieuses pour l'histoire de l'antiquité, et cela pour y substituer l'épitaphe d'un obscur descendant de Mahomet. On ne peut faire un pas sans gémir de voir dénaturer ces restes vénérables, et dis paraître en un instant le témoignage de tant de siècles de gloire. CastellAN. Lettres sur la Morée.
Le Parthénon.
Tout se tait devant l'impression incomparable du Parthénon, ce temple des temples, bâti par Sétinus , ordonné par Périclès, décoré par Phidias , — type unique et exclusif du beau dans les arts de l'architecture et de la sculpture , — espèce de révélation divine de la beauté idéale reçue un jour par le peuple , artiste par excellence, et transmise par lui à la postérité, en blocs de marbre impérissables, et en sculptures qui vivront à jamais. — Ce monument, tel qu'il était avec l'ensemble de sa situation, de son piédestal naturel, de ses gradins décorés de statues sans rivales , de ses formes grandioses , de son exécution achevée dans tous les détails, de sa matière, de sa couleur, lumière pétrifiée ; — ce monument écrase depuis des siècles l'admiration, sans l'assouvir j — - quand on en voit ce que j'en ai vu seulement, avec ses majestueux lambeaux mutilés par les bombes vénitiennes , par l'explosion de la poudrière sous Morosini , par le marteau de Théodore , — par les canons des Turcs et des Grecs , — ses colonnes en blocs immenses touchant ses pavés , ses chapiteaux écroulés , ses triglyphes brisés par les agens de lord Elgin, ses statues emportées par des vaisseaux anglais ; — ce qu'il en reste est suffisant pour que je sente que c'est le plus parfait poème écrit en pierre sur la face de la terre.
La MARTINE. Voyage en Orient, t. I, p. i54«
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pios, et qui exhalait les parfums les plus suaves. D'une main elle en abaissa les rameaux inférieurs, de l'autre elle y plaça le corps de son enfant; laissant alors échapper la branche, la branche retourna à sa position naturelle, en emportant la dépouille de l'innocence, cachée dans un feuillage odorant. Oh! que cette coutume indienne est touchante! Dans leurs tombeaux aériens, ces corps, pénétrés de la substance éthérée, enfoncés dans des touffes de verdure et de fleurs , rafraîchis par la rosée , embaumés par les brises, balancés par elles sur la même branche où le rossignol a bâti son nid et fait entendre sa plaintive mélodie, ces corps ainsi exposés ont perdu toute la laideur du sépulcre. Mais si c'est la dépouille d'une jeune fille que la main d'un amant a suspendue à l'arbre de la mort j si ce sont les restes d'un enfant chéri qu'une mère a placés dans la demeure des petits oiseaux, le charme redouble encore. Arbre américain, qui, portant des corps dans tes rameaux, les éloignes du séjour des hommes, en les rapprochant de celui de Dieu , je me suis arrêté en extase sous ton ombre ! Dans ta sublime allégorie, tu me montrais l'arbre de la vertu ; ses racines croissent dans la poussière de ce monde ; sa cime se perd dans les étoiles du firmament, et. ses rameaux sont les seuls échelons par où l'homme, voyageur sur ce globe, puisse monter de la terre au ciel (i).
Chateaubriand. Génie du Christianisme.
L'Amour maternel.
Tout Paris se souvient de cette nuit désastreuse qui fut si funeste à l'amour maternel. Un ambassadeur d'Allemagne faisait célébrer le mariage d'un illustre conquérant ; mille flambeaux éclairaient un palais magique
(i) Voyez Tableaux en vers, même sujet.
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