‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 313 sur 649 · partie i mâme sujet. Lettres, Caractères · texte numérisé non relu

partie i mâme sujet. Lettres, Caractères

Alors nos demi-dieux , Condé même et Turenne, Descendaient de l'Olympe aux bords de l'Hippocrène; Et Corneille et Louis , les savants , les guerriers, Marchaient d'un pas égal, ceints des mêmes lauriers.

Quel spectacle de voir ces tètes immortelles Se prêter leurs rayons, mêler leurs étincelles, Éclairer, embellir la plus noble des cours, Et tous ces grands deslins y commencer leur cours ! Les Muses, devançant nos légions altières, Ont de la France alors reculé les frontières; Et leurs mains ont porté les conquêtes des arts Où n'ont jamais atteint les conquêtes de Mars.

Louis sut qu'un héros n'est pas longtemps illustre, Si du flambeau des arts il n'emprunte son lustre : Et son règne , fertile en esprits excellents, Par de nobles bienfaits implora leurs talents.

Tous ces lauriers rivaux que ses mains cultivèrent, Pour ombrager sa iê;e en foule s'élevèrent. Des arts qui l'entouraient la subilme clarté ït rejaillir sur lui leur immortalité.

Oses-tu démentir le plus grand des monarques, El ce règne, vainqueur de l'envie et des Parques, Où le Français, rival des Grecs et des Latins, A de Rome et d'Athène assemblé les destins? Vois Lysippe et Myron, Scopas, Vitruve, Apelle *, Renaissant à la fois, quand Louis les appelle. Là, Mansard dessina ces portiques divins; Ici , Le Nôtre à Flore éleva ces jardins. Là, Pomone attendait l'œil de La Quintinie 9; Là, Puget sur le marbre a soufflé son génie. Le Rrun peignait alors d'une immortelle main Ces deux héros vainqueurs du Granique et du Rhin. Le Brun , digne en effet de tracer leur image , De la terre avec eux sut partager l'hommage.

0 nom que l'art d'Apelle a deux fois consacré, Puisses-tu par ma lyre être encore illustré! Puisse l'amour des arts qui brûle dans mon âme, Se tracer vers l'Olympe une route de flamme!

Siècle des vrais talents par Louis caressés. Beaux jours de nos aïeux, seriez-vous éclipsés? Ombre du grand Rousseau , pardonne à ta patrie L'arrêt d'une Thémis que ta gloire a flétrie ; Et que du moins un siècle ouvert par Richelieu, Donne en fermantson cours VoltaireeiMonlesquieu, Nobles et derniers fruits du plus brillant des âges! Ainsi pour réparer ses antiques feuillages, Un palmier que la terre a vu briller longtemps Jette encor deux rameaux, honneur de ses vieux ans. le brun. Poème de la Nature, ch.m.

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