DIEU ET SON ESSENCE
De cet Être infini , l'infini le sépare. Du char glacé de l'Ourse aux feux du Sirius Il règne : il règne encore où les cieux ne sont]
t Vhllosophe et législateur persan. (N. E.) •voyez, sur ce morceau et les suivants, ire partie, môme .njet.
3 voyc»., i>e partie-
| Dans ce gouffre sacré quel mortel peut descendre j L'immensité l'adore , et ne peut le comprendre -, I Et loi , songe de l'être , atome d'un instant, j Égaré dans les airs sur ce globe flottant , ! Des mondes et des cieux spectateur invisible, ! Ton orgueil pense atteindre à l'Etre inaccessible! | Tu prétends lui donner tes ridicules traits ; ; Tu veux , dans ton Dieu même , adorer tes portraits! Ni l'aveugle hasard, ni l'aveugle matière, N'ont pu créer mon âme , essence de lumière. Je pense : ma pensée atteste plus un Dieu Que tout le firmament et ses globes de feu. Voilé de sa splendeur, dans sa gloire profonde , D'un regard éternel il enfante le monde. Les siècles devant lui s'écoulent, et le Temps N'oserait mesurer un seul de ses instants. Ce qu'on nomme Destin -n'est que sa loi suprême : L'immortelle Nature est sa fille, est lui-même. Il est; tout est par lui : seul être illimité, En lui tout est vertu, puissance, éternité. Au delà des soleils , au delà de l'espace, Il n'est rien qu'il ne voie, il n'estrien qu'il n'embrasse. Il est seul du grand tout le principe et la fin , Et la création respire dans son sein 3.
LE brun. Poème de ta Nature,
MÊME SUJET
Cet astre universel , sans déclin , sans aurore , C'est Dieu, c'est ce grand tout, qui soi-même s'adore i Il est; tout est en lui : l'immensité, les temps, De son être infini sont les purs éléments ; L'espace est son séjour, l'éternité sou âge; Le jour est son regard , le monde est son image; Tout l'univers subsiste à l'ombre de sa main ; L'être, à flots éternels découlant de son sein , Comme un fleuve nourri par cette source immense , S'en échappe, et revient finir où tout commence. Sans bornes comme lui , ses ouvrages parfaits Bénissent en naissant la main qui les a faits! 11 peuple l'infini chaque fois qu'il respire; Pour lui, vouloir c'est faire, exister c'est produire* Tirant tout de soi seul , rapportant tout à soi, Sa volonté suprême est sa suprême loi ! Mais celte volonté, sans ombre et sans faiblesse , Esta la fois puissance, ordre, équité, sagesse. Sur tout ce qui peut être , il l'exerce à son gré; Le néant jusqu'à lui s'élève par degré : Intelligence, amour, force, beauté, jeunesse, Sans s'épuiser jamais, il peut donner sans cesse. Et, comblant le néant de ses dons précieux»
MORALE RELIGIEUSE , OU PHILOSOPHIE PRATIQUE
|)es derniers rangs de l'être il peut tirer des dieux ! Mais ces dieux de sa main , ces fils de sa puissance , ljesurenl d'eux à lui l'éternelle distance, Tendant par leur nature à l'être qui les fit; ■ est leur fin à tous, et lui seul se suffit1 !
DE Lamartine. Méditations poétiques.