‹ Leçons françaises de littérature et de moraleChapitre 461 sur 649 · DAVID PLEURE LA MORT DE SAUL ET DE JONATHAS · texte numérisé non relu

DAVID PLEURE LA MORT DE SAUL ET DE JONATHAS

Considère les disgrâces , Peuple abandonné des cieux ; La mort a souillé tes traces Du sang le plus précieux. Elle a frappé tes collines, Tes champs sont pleins de ruines, L'appui du trône est tombé.

Ces chefs longtemps invincibles, Ces chefs si forts, si sensibles Comment ont-ils succombé? '

Légions Israélites, Dissimulez vos douleurs ; Aux cruels Ascalonites N'annoncez pas nos malheurs.

0 Juda, que ta tristesse Se dérobe à l'allégresse Des femmes des Philistins; Et n'augmentons pas la joie Où ce peuple impur se noie Dans les jeux et les festins.

De sang montagne arrosée, Séjour de trouble et d'eirroi , Gelboé, que la rosée Ne tombe jamais sur loi ; Que dans les flancs l'eau tarisse, Que tout germe s'y flétrisse,

« Zacbaiic.

2 Captivité de Uabylonc.

3 l'Eglise.

Que tout fruit sèche en sa fleur; Monument triste et durable De l'outrage irréparable Qu'a souffert l'oint du Seigneur.

La Mort attachait ses ailes Aux flèches de Jonathas ; Saiil, des rois infidèles Exterminait les soldats.

Fils aimable, père illustre, Que vous répandiez de lustre Sur nos jours les moins brillants! Que d'exploits sous de tels guides!

Les aigles sont moins rapides, Et les lions moins vaillants.

Toujours unis, la mort même Ne les a point séparés.

Objets de ma crainte extrême, Filles d'Israël, pleurez :

Pleurez des maîtres si justes, Qui , dans nos fêtes augustes, Versaient leurs dons sur vos pas, Et dont les mains triomphantes De parures éclatantes Ornaient vos jeunes appas.

Vous adoriez leur empire , C'en est fait, ils ont vécu; Dieu loin de nous se relire, Et l'idolâtre a vaincu.

Quels nouveaux guerriers s'avanceut?

Quels vils ennemis s'élancent Des vallons de Jesraël?

Par des armes méprisées, Comment ont été brisées Les colonnes d'Israël?

Héros du peuple fidèle, Prince tendre et généreux, Tu meurs : ô douleur mortelle Pour ton ami malheureux!

O Jonathas , ô mon frère , Je t'aimais comme une mère Aime son unique enfant !

Avec toi notre courage Disparait comme un nuage Qu'emporte un souffle de vent.

Page 1