SAINT-MAUR DE GLANFEUIL
Mesdames, Messieurs,
Les ruines de Saint-Maur de Glanfeuil sont au nombre des restes les plus curieux du xi" siècle. Elles sont en partie enfouies sous terre; des fouilles amènent chaque jour à la lumière de nouveaux fragments. Le monument fut dédié en 1036; le chœur, un peu postérieur, et le collatéral, déjà déblayés, sont du plus g^rand intérêt. Les bases ornées de cordelettes, ou bien présentant l'aspect d'un chapiteau renversé et décoré de ce que Vioilet-le-Duc appelait des fleurs de lotus, n'ont absolument rien de romain.
[A Trucy (Aisne), on retrouve cette décoration et cette habitude de revêtir le chapiteau et la base d'un même décor. Sur un des chapiteaux, on voit représenté le personnage à maillet de la mythologie celtique, le Dispater, le Jupiter gaulois.]
Mais revenons à Saint-Maur. Le mur de la façade est bien du xi^ siècle ; il est orné de fragments sculptés, encastrés dans un appareil semblable à celui de Saint-Mexme de Ghinon et dont quelques-uns rappellent de façon singulière les ciboria et les parapets lombards du ix" siècle.
Nombre de croix, en France, sont couvertes des mêmes ornements que l'on retrouve aussi sur des bases des colonnes, par exemple à Rivière (Indre-et-Loire).