LES SARCOPHAGES DU SLD-OUEST
dans les édifices construits par les Lombards, ceux qui sont fi<i^urés dans les manuscrits de la même période, ont été ainsi décorés de personnages ou d'animaux. On sait combien ils devinrent communs en France, en Allemagne, en Angleterre au xi* siècle. L'élément de ce mode de décoration serait donc aussi oriental comme celui du sijstètne de la simplification des formes examiné précédemment.
« L'influence byzantine ne se borna pas en Occident à se produire sur les chapiteaux; elle agit aussi sur d'autres parties importantes des édifices. Les moulures de couronnement se simplifièrent; on supprima, comme en Grèce, les profils élégants de l'art antique pour y substituer de lourds biseaux imités de ceux qui se voient aux églises du Théotocos et de Sainte-Théodosie de Gonstantinople, à celles d'Athènes et à Saint-Vital de Ravenne. »
Je vous montrerai ces lourds abaques de chapiteauxqui apparaissent dans la crypte de Saint-Laurent à Grenoble.
« Nos ornemanistes ne furent pas moins que nos architectes religieux ou laïques sous la puissance de cette mode orientale. Loin de chercher à rendre les contours gracieux et arrondis de l'acanthe ou de la feuille d'eau qu'avaient si bien compris les artistes grecs et romains, leur ciseau ne produisit que des formes acerbes et aiguës, d'un modèle aigre et à rives arêtes (Voir un chapiteau de l'église de Montmartre, un sarcophage à Toulouse).
u Cet efl'et, qui avait été produit en Orient dès les premiers siècles, byzantins, sans doute par la copie maladroite de certains modèles antiques, fut chez nous le pinncipal résultat de l'influence néogrecque sur l'exécution de la sculpture décorative. »
Elle est caractérisée |)ar un feuillage de style ferme, quelquefois gras, épanoui, mais toujours sans mollesse, sans avachissement, — quelquefois sec et un peu raide, — par une sculpture plate ou de très faible relief.
En somme cette sculpture obéit à une tout autre inspiration que celle de l'art ktin : cette inspiration est celle de l'Orient.
Princu'Alx caractères des sarcophages du sud-ouest de la gaule. — Ils sont en marbre. Leur décoration est principalement végétale, et quelquefois exclusivement végétale et d'un type végétal particulier, ordinairement une plante d'une tige mince à grosses feuilles
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en forme de cœur ou fer de lance. Quand cette décoration comporte des figures, elles sont toujours circonscrites dans des compartiments, dans des encadrements.
Le traitement de la sculpture dans les ateliers doù sortent ces sarcophages est différent de celui qui était en honneur dans les ateliers gallo-romains précédents. Le relief est plus plat. Un n'abuse l)as toujours de l'emploi du trépan. La forme est celle d'un coffre. Nous examinerons ensemble, dans notre réunion de cette aprèsmidi, les planches du livre de Le Blant.
Elfaçons l'histoire. Ignorons tout. Les monumenls de l'art sulîiront à nous révéler la grande réxolution qui s'est faite dans l'univers. Nous voyons tout s'orienter sur la Judée, sur l'Asie hellénique. La sculpture des chapiteaux dans les basiliques de la Gaule parle la même langue que la sculpture des chapiteaux de l'Orient chrétien. Une étoile mystérieuse nous guide vers la crèclic radieuse de Bethléem.
liome n'existe plus. La capitale du monde, c'est Uavenne et Conslantinople. Rome est éteinte. L'Orient rayonne et attire.
Une force invincible m'entraine, dans un pèlerinage scientifique, vers les lieux prédestinés où le catéchisme avait autrefois agenouillé la foi de mon enfance.
DOCUMENTS COMPLÉMENTAIRES
Liste de quelques cliapileaux de marljre commenlés par le professeur au cours d'un entretien supplémentaire.
Les plus importants sont ceux du baptistère de l'Église Saint-Sauveur à Aix, d'une beauté classique, mais dont la provenance chrétienne n'est pas certaine;
Du musée Saint-Jean à Poitiers ;
De Saint-Hilaire à Poitiers ;
De Saint-Germain-des-Prés, retrouvé dans les chantiers de Saint- Denys par M. Courajod cl provenant de la basilique de Saint-Vincent construite par Childebertde 336 à 338;
De Sainte-Geneviève, provenant de l'ancienHC Eglise des Saints- Apôtres construite par Clovis en 307 ;
Du musée de Cluny trouvés dans les fouilles de Notre-Dame de Paris ;
De l'Église de Montmartre;
De Saint-Remi, à Reims ;
De Saint-Seurin, à Bordeaux;
De Moissac;
De Nantes, dont la provenance chrétienne est indu])itable ;
De la crypte de Jouarre ;
Delà crypte Saint-Laurent, à Grenoble ;
BIBLlOGRAPniE DE LA NEUVIEME LEÇON.
M. LE Blant, Les sarcophages chrétiens Je la Gaule. Ecole des sarcophages du Sud-Ouest.
Chanoine Relsens, Archéologie chrétienne (p. 202). Description de sarcophages chrétiens.
Courajod. Leçons.