LANGUEDOC ET PROVENCE
On retrouve cette même forme, en allant vers TOrient, au Musée de Boulaq et même sur des objets assyriens d'une ancienneté incalculable.
A Tabbaye de Saint-Martin de Londres (Hérault) élevée en 1082, on remarque ces cbapiteaux si simples, à pans rabattus et à treillages, qui n'ont rien de la décadence romaine; les crosses celtiques y sont également représentées.
Saint-Jacques-de-Béziers a aussi des chapiteaux ornés de lianes et de palme ttes qui n'ont rien de commun avec la feuille d'acanthe. Le même genre d'ornementation à Saint-Guilhelm-du-Désert (el même sur une inscription d'Ainay qui, gravée aux temps mérovingiens, a été ornée après coup, au xi** siècle). Et que d'exemples encore, à Vienne, à Tournus, à Alet, etc..
Saint-Guilhelm-du-Déserl fut fondé par un capitaine de Charlemagne, Guilhelm d'Aquitaine, en 806, sous le nom d'abbaye de Gellone (Acte de fondation, Bollandistes, Acia sanctorum, t. VI Anvers). Le changement du nom de Gellone en celui de Saint- Guilhelin, en mémoire des miracles opérés par les reliques du saint fondateur, eut lieu en 1138. L'église fut reconstruite, et dans un caractère tout à fait lombard (Comparer avec Saint-Lazare de Pavie, Saint- Vincent in Prato de Milan, la façade du palais de Théodoric h Ravenne, et aussi le palais de Dioclétien à Spalato en Dalmatie). (Cf. Revue de Varl chrétien^ 1892, f* et 2* livraisons).
L'influence lombarde est donc certaine — à côté de l'influence antique — dans le midi de la France, en contact constant avec l'Italie et les corporations de Comacini qui propagèrent leur art à travers tout rOccident.
TREIZIÈME LEÇON 15 MARâ 1893