XII PRÉFACE
détermiDer des anémies et, le plus souvent, des congestions locales. La confiçestion , pour ne parler que d'elle en ce moment, est toujours, ou presque toujours, un phénomène secondaire et sans importance réelle, sauf les cas où elle se produit pour fournir aux besoins d'un travail nutritif exalté, ou d*une sécrétion exagérée. Quelle influence palhogéné«tique présente-t-elle, par exemple, dans les cas de névralgie faciale , accompagnée de rougeur de la face ? D'autre part, est-il raisonnable de lui attribuer une importance quelconque, quand on la trouve dans la substance grise de la moelle épinière, lors de la nécropsie d'un cas de tétanos spontané ou traumalique? Ne voit-on pas qu'il s'agit la d'une hypérémie réflexe, déterminée par l'irritation des éléments de la substance grise de la moelle? Et il en est de même dans un grand nombre de cas pathologiques. La congestion des divei^ stades de l'inflammation est elle-même un phénomène secondaire, quelque important qu'il puisse être d'ailleurs. Il serait facile de multiplier les exemples à l'appui de cette thèse; nous n'y insisterons pas davantage.
Ce que nous disons là de ces hypérémies, nous pouvons le répéter en toute assurance, àprapos des efieis des substances toxiques et médicamenteuses. Ces substances n'agi&* sent, en général, sur les vaisseaux que d'une façon tout à fait détournée. Il y a d'abord une modification des éléments anatomiques de tel ou tel tissu. Si cette modification est de nature irriUitive, elle peut donner lieu a une excitation réflexe vaso-motrice, le plus souvent vaso-dilatatrice : d où congestion, hypérémie de tel ou tel organe* de tel ou tel tissu. C'est ainsi que se pro<luit, par exemple, la congestion de la moelle épirière, dans le cas d'intoxication par la strychnine.
Il était nécessaire d'insister, dans mon cours, sur ces
PRÉFACE. XIll
considérations, en les corroborant par de nombreux exemples. Aussi ai-je cru devoir étudier l'action d'un certain nombre de substances toxiques et médicamenteuses, en examinant surtout jusqu'à quel point on avait eu raison de les considérer comme ayant telle ou telle influence sur Tappareil vaso-moteur.
La critique expérimentale tient donc une grande place dans ces leçons. Si nous avons dû, sur plusieurs points, émettre des doutes ou redresser des erreurs, nous avons confirmé un grand nombre des données dues aux recherches de nos prédécesseurs. Le rôle physiologique de Tappareil vaso-moteur, dégagé des exagérations qui ont voulu trop l'agrandir, est encore considérable. C'est cet appareil qui règle les circulations locales, comme Ta dit M. Cl. Bernard; c'est lui qui rnodiGe l'afflux du sang dans les organes, suivant leurs besoins fonctionnels, ou suivant les conditions morbides de leurs tissus. C'est l'appareil vasomoteur qui est le régulateur et le répartiteur de la chaleur animale dans les diverses parties du corps, à Télat normal comme à l'étal pathologique.
Quelle que soit la question de pathologie expérimentale dont on ait à s'occuper, on voit presque toujours l'appareil vaso-moteur intervenir à un certain moment, et il est nécessaire, pour bien préciser son mode d'intervention, d'invoquer les principes que Télude physiologique de cet appareil a permis de poser. Il est donc avantageux, au début d'un enseignement de pathologie expérimentale, de chercher à bien connaître les fonctions normales et les troubles morbides de cet appareil.
Telles sont les considérations qui m'ont engagé à traiter, dans mon premier cours, de la physiologie et de la pathologie expérimentales de l'appareil vaso-moteur.
XIY PHÉFACE.
J'ai été secondé, dans les nombreuses expériences que j'ai dû faire pendant la durée de ce cours, par M. le docteur Carville, directeur-adjoint du laboratoire de pathologie expérimentale et comparée, par MM. les docteui s Bochefonlaine, Chouppe, Liouville et Troisier. Je ne saurais trop les remercier du zèle désintéressé avec lequel ils ont pris part à tous'^les travaux que le cours a nécessités.
Je dois des remerciements tout spéciaux à M. le docteur Carville, qui a pris la peine de publier mes leçons, et qui, je dois le dire, dans un bon nombre des recherches consignées dans cet ouvrage, a été pour moi plulôt un collaborateur qu'un aide.