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TÉLÉGRAPHIE SOUS-MARINE

sous-marines courtes, mais, lorsque la longueur dépasse 600 km , on est obligé d'y renoncer complètement pour les raisons suivantes :

1° Afin d'obtenir des courants d'intensité suffisante pour actionner Tarmaiure d'un électro-aimant , on serait obligé d'employer des piles de force électromotrice trop élevée pour la sécurité de risolement des câbles. On cherche en général à ne pas dépasser 10 à 20 volts, pour qu'un léger défaut dans l'enveloppe de guttapercha ne soit pas rapidement amplifié par le courant.

2° Par suite de la confusion des ondes électriques occasionnée par la capacité du cable, la transmission devrait être extrêmement ralentie et l'utilisation du câble deviendrait insuffisante. C'est ainsi que, lorsqu'on a essayé de transmettre par le système Morse sur le premier câble transatlantique, on n'est pas arrivé à échanger plus d'un mot par minute. Pour que les ondes de courant soient séparées à l'arrivée au point de donner des signaux distincts dans le récepteur Morse, il faut manipuler avec une extrême lenteur.

Lord Thomson et Varley ont imaginé un système télégraphique qui permet la transmission de i5 à 25 mots par minute sur les longs câbles.

Le récepteur est un galvanomètre apériodique à miroir. En pratique, on adopte un galvanomètre à aimant mobile, système Thomson, § iSj, pourvu d'un amortisseur à air. Le transmetteur est une clef d'inveroion qui permet de lancer sur la ligne des courants alternés qui sont, comme on le sait, favorables à la décharge du câble, § 636.

Les courants émis sont tous d'égale longueur, ce qui est une autre condition favorable. Par convention, une déviation à gauche dans le galvanomètre représente un point Morse; une déviation à droite figure une barre Morse.

Un tel système possède une très grande sensibilité et peut fonctionner avec des courants d'intensité fort réduite. De plus, si même, par suite de la différence entre les intervalles qui séparent les mots et les lettres, les ondes de courant ne sont pas absolument régulières, il est tout au moins possible de discerner au galvanomètre les impulsions de droite des impulsions de gauche, et partant de lire les signaux. L'aiguille suit, en effet, toutes les ondulations du courant d'arrivée , tandis que l'armature d'un

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dicctro-aîmant n'obéit au courant qu'à partir du moment où celuici a atteint Tintensité suffisante pour vaincre la force antagoniste. Cependant, ce système télégraphique serait contrarié par les courants telluriques qui circulent sur les câbles et sont généralement plus intenses que les courants de travail. Heureusement que les premiers courants sont très peu variables , sauf en temps d'orage. Varley a eu l'idée d'interposer un condensateur dans la

HH^i

Fig. 41 5.

ligne à l'entrée de chacun des postes correspondants. Ces condensateurs se chargent sous l'action du courant terrestre et, une fois chargés, interrompent ce courant. Les courants alternés servant aux transmissions provoquent des variations de charge qui déterminent les signaux dans le récepteur.

Outre qu'ils coupent le courant tellurique, les condensateurs donnent plus de netteté aux signaux reçus, car le câble ne peut jamais prendre une charge supérieure à celle qui correspond aux condensateurs en série. Une succession de courants de môme sens ne donnera donc au câble qu'une charge déterminée et, par suite, ne pourra pas provoquer dans le récepteur des courants de décharge excessifs.

Les communications sont disposées comme l'indique la fig. 415, où G, C, M représentent respectivement le récepteur à desservir, le condensateur et l'inverseur. Un commutateur permet de relier la ligne à l'inverseur ou au galvanomètre suivant qu'on veut transmettre ou recevoir. De cette manière on ne laisse pas inutilement en circuit, au poste de transmission, le galvanomèirc qui possède une résistance considérable.

Les variations lentes du courant terrestre provoquent de légers déplacements du zéro du récepteur, ce qui n'offre pas d'inconvc-

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nient pour la lecture des signaux, lesquels se manifestent par des oscillations autour de la position moyenne de Taiguille.

66i. — Siphon enregistreur (siphon recorder). — Le galvanomètre à miroir fatigue beaucoup les employés qui doivent suivre les mouvements du faisceau lumineux réiléchi par le récepteur sur un écran. De plus, ce dernier ne conserve pas la trace des signaux. Pour obvier à ces inconvénients , Lord Thomson a imaginé un enregistreur d'une sensibilité suffisante pour obéir aux courants de ligne.

Le galvanomètre récepteur est du môme type que l'appareil Deprez et d'Arsonval qu'il a précédé. Une petite bobine est suspendue par un fil F entre les branches d'un fort aimant ou d'un électro-aimant. Le courant arrive à la bobine par des fils minces et souples. Le couple directeur est dû à un bifilaire tendu par des poids P, P. Les oscillations de la bobine sous l'influence

Kig. 416.

du courant de réception occasionnent des déplacements d'un petit siphon en verre S , dont la courte branche plonge dans un godet d'encre g^ et dont la longue branche se meut devant une bande de papier B animée d'un mouvement de translation. Un système de fils et un levier OL amplifient les mouvements du siphon qui tourne autour d'un fil o. Un ressort sert à tendre plus ou moins les fils.

En vue d'éviter le frottement de la grande branche du siphon contre le papier, on éloigne légèrement le tube et l'on électrise l'encre du godet à l'aide d'une sorte de replenisher, § 100. L'encre

électrisée est attirée par le papier et projetée sur ce dernier sous forme de gouttelettes formant des traits pointillés.

nous partons demain

Fig- 417-

La fig. 417 représente la réception des mots « Nous partons demain » sur un long câble. On voit nettement les déformations occasionnées par Taccroissement de charge amené par des courants successifs de même sens.

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