‹ Leçons sur l'électricitéChapitre 79 sur 112 · partie supérieure. Lorsque la lampe est remise en place, elle vient · texte numérisé non relu

partie supérieure. Lorsque la lampe est remise en place, elle vient

butter à frottement contre des contacts métalliques reliés à la

canalisation.

Généralement, on évite ces contacts mobiles en descendant, avec

la lampe, des câbles conducteurs flexibles, mais ce procédé expose

ceux-ci à une usure rapide.

M. Jaspar emploie des mâts basculant autour d'un axe situé au

tiers de la hauteur. Un contrepoids équilibre la partie supérieure du mât et la lampe pendant le mouvement.

Il convient que les câbles électriques et les câbles de support soient logés à l'intérieur des mâts dans les parties accessibles, afin d'être soustraits à la malveillance.

Les lampes à arc destinées à l'éclairage des rues sont fréquemment alimentées en série par des dynamos à haute tension, afin de permettre l'emploi de conducteurs de faible section. On recommande, dans ce cas, de disposer les lampes alternativement sur deux circuits, de sorte que, si un accident survient à Tun d'eux, la rue reste éclairée par la moitié des foyers.

Les machines à courant constant, des systèmes Brush et Thomson-Houston , §§410 et 411, sont spécialement affectées à l'alimentation en série des lampes. Ces dernières sont pourvues de veilleurs automatiques qui les mettent en court-circuit lors d'un accident aux charbons, § 719.

Récemment, la Compagnie Westinghouse a utilisé la distribution par transformateurs en série pour l'éclairage des rues par Tare voltaïque. Un alternateur développant un courant constant alimente les circuits primaires de transformateurs disposés en tension ; on a vu, § 494, que, dans ces conditions, les courants secondaires restent également invariables. Les circuits secondaires reçoivent une ou plusieurs lampes, suivant les dimensions des transformateurs. De cette manière, on évite les potentiels élevés aux bornes des foyers tout en permettant de faire usage de conducteurs d'alimentation de faible section. Lorsqu'on éteint une lampe, on doit la mettre en court-circuit. La dépense d'énergie est alors négligeable dans le circuit secondaire, vu la faible résistance de ce dernier, et, par suite, la puissance absorbée par l'enroulement primaire devient très minime.

Les lampes peuvent être employées sans résistances additionnelles ni bobines à réaction, puisque le contact accidentel des charbons n'accroît pas sensiblement le courant qui les traverse. La Compagnie Westinghouse a abaissé la fréquence du courant de i3o à 62 dans cette application. Le ronflement des lampes à arc baisse ainsi d'une octave, et la force contre-électromotrice développée dans les électro-aimants des lampes est diminuée de moitié, ce qui permet de réduire ces appareils.

L'alternateur Stanley qui alimente les transformateurs jouit de

la propriété de donner un courant constant sans réglage spécial. Sa réaciion d'induit est telle que les variations de la force électromotrice et de l'angle de phase m ai mi en ne tit l'intensité du courant à sa valeur normale, quelle que soit la résistance extérieure.

Dans des villes disposant de distributions d'eau à haute pression, M, Dulait, de Charleroi, a installé des lampes à arc de grande puissance lumineuse portées par des mâts élevés, dans le socle desquels se trouvent une petite turbine et une dynamo, fig. 5i3, Cette solution, d'une application toute spéciale, évite les canalisations électriques.

Fis. 5>3.

Le rendement des lampes à incand^rscjnc n'étant guërj que le cinquième de celui des foyers à arc volialque, les premières ne

FXLAIRAGE ELECTRIQUE.

conviennent pas pour Téclairagc des grands espaces. Mais, dans les rues secondaires, dont la largeur ne permet pas de mettre à profit la lumière d'une lampe à arc et où Ton ne demande qu'un éclairement moyen minime, on pourra adopter les foyers à incandescence.

C'est ce que fait la Compagnie Edison, aux Etats-Unis, dans les petites villes. Pour cette application, elle emploie ordinairement la distribution en série sous une tension qui s'élève, aux pôles de la machine, à 5oo ou 600 volts. Le courant est maintenu constant par un mécanisme automatique agissant sur l'excitation. Les lampes, à faible différence de potentiel et à gros filament, possèdent, comme les lampes Bernstein, § 704, un dispositif de sûreté qui met les fils d'alimentation en court-circuit quand le charbon vient à se briser, ainsi que lorsqu'on enlève la lampe de son support.

Une solution simple et économique a été donnée par M. Westînghouse à l'alimentation des lampes à incandescence destinées à l'éclairage des voies publiques. Des lampes sont disposées en série entre les deux conducteurs primaires des distributions destinées à l'éclairage privé par transformateurs, § 704. Aux bornes de chaque lampe se place en dérivation une bobine à réaction qui n'absorbe qu'un courant négligeable tant que la lampe voisine est en activité, mais qui est traversée par le courant de circulation entier aussitôt que le filament vient à se briser, et qui assure de la sorte la continuité du courant dans les autres lampes de la série.

Lorsqu'on adopte la distribution à cinq fils, § 487, les lampes à arc ou les lampes à incandescence servant à l'éclairage public peuvent être disposées en série entré les conducteurs extrêmes.

75a. — Éclairage des gares et des usines. — Les grands espaces couverts ou découverts que présentent les gares et les usines s'éclairent fort bien avec les lampes à arc. Celles-ci permettent d'obtenir à peu de frais des foyers qui, placés à une hauteur suffisante, réduisent les ombres portées et permettent au personnel de travailler avec la même sécurité qu'à la lumière du jour. En outre, le bon éclairage des chantiers améliore le travail des ouvriers et facilite leur surveillance, ce qui permet de réaliser une économie sérieuse dans les frais d'exploitation.

C'est à ces titres que les Congrès tenus parles ingénieurs des chemins de fer à Milan ( i885) et à Paris (1889) ont recommandé

tout spécialement l'éclairage électrique dans les gares. Les lampes à arc employées doivent être placées assez haut, non seulement pour assurer une bonne répartition de la lumière, mais aussi pour ne pas gêner la vue des signaux optiques. En Belgique, on a essayé des mâts mesurant jusque 32 m d'élévation , mais l'expérience a montré que la hauteur de i6 m est une bonne limite pratique dans les régions basses du pays, où les brouillards sont fréquents et absorbent une fraction de la lumière d'autant plus grande que les foyers sont plus élevés.

Les lampes à arc, devant brûler pendant les plus longues nuits, sont pourvues de charbons simples ou doubles suffisants pour un éclairage de i6 heures.

Lorsque les foyers sont placés dans des halles couvertes ou dans des salles d'usine, on accroît l'effet des lampes en blanchissant les murs et les plafonds à la chaux.

Dans les cas où une grande uniformité est nécessaire dans l'éclairement, on s'est bien trouvé du système d'éclairage par réflexion. Ce système, qui convient aux foyers puissants, tels que les lampes à arc, consiste à disposer la lampe , le crayon positif en dessous , dans une lanterne fermée inférieurement et latéralement par des réflecteurs qui renvoient toute la lumière sur un écran blanc ou sur un plafond plat blanchi. Les rayons sont alors diffusés dans toutes les directions et procurent une lumière douce et égale qui supprime toute ombre portée. Le bureau principal des télégraphes de Bruxelles a été éclairé à Taide de ce procédé par M. Jaspar, dès l'année 1879. Ce système est également appliqué avec succès dans les filatures.

Les gares et les usines trouvent généralement avantage à produire elles-mêmes l'énergie électrique qu'elles consomment. Autant que possible, il convient d'activer les dynamos par des moteurs spéciaux en vue d'assurer la fixité de la lumière. Cependant, lorsqu'un des moteurs de l'usine possède une allure suffisamment constante, il peut y avoir économie à l'utiliser pour la conduite des machines électriques. Un moteur irrégulier est susceptible d'être employé à la condition de régulariser le courant des dynamos par des accumulateurs en dérivation sur le circuit des lampes,

49^ «CLAIRAGE ÉLECTRIQUE.

Dans beaucoup d'installations industrielles , on alimente les lampes à arc en dérivation par des. conducteurs partant de Tusine vers chaque foyer , afin d'assurer Tindépendance de ces appareils et de permettre de les allumer et de les éteindre d'un seul point. La résistance de ces conducteurs est alors calculée de manière à ce qu'ils tiennent lieu, autant que possible, des résistances artificielles exigées par les arcs en dérivation. On emploie même, dans ces occasions, des conducteurs en fer étamé ou galvanisé, dans les endroits à l'abri de la pluie. On dispose, au tableau de distribution, dans chaque circuit, un avertisseur d'extinction formé d'un électro-aimant traversé par le courant et dont l'armature dégage un voyant lorsqu'elle est attirée. Cette précaution permet au mécanicien de juger d'un coup d'œil de Tétat des foyers. Le système a l'inconvénient d'exiger un grand développement de conducteurs. On peut économiser ceux-ci en groupant 6 à 12 foyers en série, diverses séries étant réunies en dérivation sur les conduites d^alimcntation.

753. — Éclairage des théâtres, cafés et magasins. Éclairage de blocs de maisons. — L'éclairage électrique des théâtres et des grands magasins se recommande au point de vue de la sécurité et de l'hygiène ; aussi ce genre d'applications a-t-il pris un grand développement. Comme ces installations comptent généralement un grand nombre de lampes, on trouve souvent avantage à les munir de machines et de dynamos spéciales , même dans les villes où il existe des distributions d'électricité. Ces dernières ont, en effet , des frais généraux considérables résultant des canalisations et des taxes municipales, ce qui élève le prix de revient de Ténergie électrique au delà du prix de revient obtenu dans une usine spéciale d'une certaine importance, dont toute la puissance est utilisée pendant la durée de l'éclairage, alors que dans les usines urbaines le débit moyen des machines est relativement faible.

Parfois, un groupe d'habitations voisines possède une installation commune pour la production de l'énergie électrique. Les machines motrices et les dynamos s'installent dans une cave ou dans un hangar et celles-ci se raccordent avec les immeubles desservis par une canalisation qui est généralement aérienne, eu égard à la faible section admissible avec des conducteurs de peu de développement. Les fils sont placés sur les toits ou sur des poteaux plantés dans les

arrière -cours des bâtiments. Ce genre d'installations est très développé dans certaines villes. Il permet de se soustraire aux taxes municipales qui frappent les canalisations posées dans les rues et évite l'emploi des conducteurs souterrains qui constituent une des charges les plus lourdes des distributions urbaines. Toutefois, ce système d'éclairage exige une entente entre les propriétaires voisins. Comme chacun de ceux-ci est maître d'empêcher le passage des fils au-dessus de sa propriété , il suffit du mauvais vouloir de quelques-uns d'entr'eux pour arrêter le succès de l'entreprise.

Les moteurs employés dans ces installations doivent être aussi peu bruyants que possible, particulièrement lorsqu'ils sont placés dans les sous-sols d'un théâtre. On peut, dans ce dernier cas, étouffer complètement le bruit en tendant les parois de la chambre des machines d'un matelas de coton ou de laine. La propagation des vibrations mécaniques est évitée en adoptant les précautions spécifiées au § 400.

754. — Dispositions particulières prises dans les théâtres. —

L'éclairage d'un théâtre exige, au point de vue tant de la sécurité que des effets spéciaux à produire dans la salle et sur la scène, des dispositions particulières.

L'éclairage intérieur se fait généralement par des lampes à incandescence, dont la teinte chaude se prête mieux que celle des lampes à arc aux effets de décoration et de toilette auxquels nos yeux sont habitués.

L'arc trouve son application dans les péristyles . ainsi que pour la production de certains effets de scène, tels que l'éclairage des ballets. On utilise souvent pour l'éclairage de la salle les supports des lampes à gaz, lustres et girandoles, sur lesquels on dispose des lampes à incandescence qui produisent un effet, d'illumination autant que d'éclairement. Dans plusieurs théâtres, on a distribué les petites lampes à incandescence suivant des cordons dessinant les galeries des étages successifs. Cette disposition n'empêche pas, comme un lustre, la vue de la scène pour les spectateurs des étages sujpérieurs. On s'est bien trouvé également de l'emploi de lustres à cristaux , au milieu desquels on dissimule des lampes qui peuvent alors avoir une grande intensité. Les facettes cristallines dispersent les faisceaux lumineux , en même temps qu'elles produisent des jeux de lumière d'un effet agréable.

5oo ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.

L'effet d'éclairement proprement dit peut s'obtenir plus économiquement par quelques grosses lampes à incandescence ou par quelques arcs suspendus au plafond , mais ce système s'écarte de nos habitudes et prête, par conséquent, à certaines critiques. En outre, la lumière des lampes à arc ne peut être graduée comme celle des lampes à incandescence pour produire les effets de crépuscule. L'éclairage de la scène , des loges d'artistes et des couloirs se fait par des lampes à incandescence. Souvent on dispose des lampes de secours alimentées par des circuits spéciaux reliés à des accumulateurs.

L'éclairage de la scène est celui qui présente la plus grande complication. La fig. 614 montre la répartition des lampes au théâtre du Vaudeville, à Paris [*). A la rampe se trouve une série de lampes fixes c. Plusieurs lignes de lampes sont suspendues à des herses /, g*, /?, /, w, à la partie supérieure de la scène; on fait varier la hauteur de ces lampes suivant la nature des décors. Le courant est amené aux herses par des câbles doubles qu'on fixe à des prises de courant situées au niveau du premier étage de la scène. Ces câbles flexibles sont souvent enfermés dans une gaine de cuir afin d'éviter que les frottements n'amènent l'usure des isolants et ne mettent les conducteurs à nu. Les côtés de la scène sont , en outre, éclairés par des faisceaux de lampes fixées sur des planches verticales qu'on accroche aux portants. Des conducteurs souples semblables aux précédents alimentent les lampes des portants. Ils sont reliés à des conducteurs fixes représentés en pointillé et posés sous le plancher de la scène. Toutes ces lampes sont naturellement dissimulées aux spectateurs placés dans la salle par les décors et par des réflecteurs blanchis qui projettent toute la lumière vers la scène.

Il est important de protéger les circuits , particulièrement ceux qui comportent des conducteurs flexibles, par des fils de sûreté, à cause de Tinflammabilité des décors.

Dans la salle des machines G se trouve un tableau de distribua tion d'où partent les conducteurs principaux. Les lampes de la scène et de la salle, soumises aux effets de lumière^ sont raccordées

(') DiEUDONNÉ , L'éclairage des Théâtres de Paris. La Lumière Electrique , t. 29.

Soi

à un commutateur spécial ou jeu d'orgue^ situé contre le mur séparant la salle du bas de la scène , à proximité du trou du souffleur ou dans la coulisse. Ce commutateur doit permettre d'affaiblir progressivement ou brusquement Téclat des lampes , depuis Tintensité

Sk^

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Fig. 514.

normale jusqu'à une intensité nulle.

Dans certaines installations très complètes, les herses et la rampe sont pourvues de trois séries de lampes qu'on peut substituer les unes aux autres. La première est formée de lampes ordinaires à ampoules incolores , la deuxième comporte des ampoules de verre rouge et la troisième des ampoules de verre bleu.

Ces deux dernières séries servent à produire des jeux de lumière spéciaux pour simuler les effets d'incendie, de jour baissant, etc.

Afin de graduer l'éclairement, les circuits spéciaux qui alimentent

5o2 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.

les divers groupes de lampes de la salle et de la scène contiennent des résistances artificielles qu'on peut faire varier à. Taide de leviers placés dans le jeu d'orgue. Ces divers leviers se manœuvrent séparément ou simultanément. Dans ce dernier cas, on les embraie tous avec un arbre spécial commandé à Taide d'une manivelle.

Les résistances artificielles nécessaires à ces jeux de lumière occupent un assez grand espace. Elles se composent de fils ou de toiles de maillechort ou de nickeline supportés par des isolateurs et tendus côte à côte sur un châssis en fer. On empêche les contacts entre les fils voisins à l'aide de séparations en carton d'amiante. Ces faisceaux de fils se placent sous le jeu d'orgue, dans le dessous de la scène. L'ensemble du commutateur et du rhéostat est protégé par une cage en tôle ou par des cloisons en briques destinées à éviter les dangers d'incendie. Les touches du commutateur doivent être assez nombreuses pour que la lumière varie par degrés insensibles pendant les manœuvres.

L'installation de trois séries de lampes de colorations différentes exige que tous les circuits et les commutateurs de la scène soient disposés en triple, ce qui entraîne des frais assez élevés. Dans certains cas, on évite ces frais en n'installant qu'une seule série de lampes à ampoules incolores aux herses et à la rampe, et en amenant devant ces lampes des écrans en gélatine rouges ou bleus, selon les effets à produire.

Parfois, les effets de théâtre exigent des foyers à arc mobiles , à l'aide desquels on projette des faisceaux de vive lumière sur certains points de la scène. Ces lampes, pourvues de réflecteurs paraboliques, sont maniées par des agents spéciaux. Elles sont placées sur un trépied à roulettes et pivotent sur un genou, afin que le faisceau lumineux puisse être dirigé aisément. Une lanterne munie d'une glace enferme complètement le foyer, pour éviter la chute de fragments de charbon incandescents.

Lorsque les théâtres contiennent leur installation motrice, on emploie deux moteurs et deux dynamos, un des groupes de machines pouvant alimenter les lampes strictement nécessaires, afin qu'en cas d'accident à l'une des machines, l'éclairage ne soit pas interrompu. L'emploi d'accumulateurs en quantité suffisante supplée à une machine de réserve.

755. — Éclairage des trains. — Depuis quelques années, de nom-

APPLICATIONS DIVERSES. 5o3

breux essais ont été effectués en vue d'éclairer les voitures des trains à Taide de lampes à incandescence. Ces essais , limités d'abord aux wagons-salons, tendent à s'étendre à toutes les voitures des trains. Les lampes électriques peuvent se placer au-dessus du dossier des sièges , de manière à permettre aux voyageurs de lire avec commodité. Des abat-jour et des écrans mobiles servent à voiler la lumière pour les voyageurs placés en face des lampes. Partout où les essais ont eu lieu, le nouvel éclairage a été considéré comme un progrès considérable sur l'éclairage par les lampes à gaz ou à l'buile.

Les accumulateurs ont été reconnus indispensables dans cette application, afin de régulariser la tension des lampes et d'assurer la continuité de Téclairage pendant la formation des trains et les arrêts.

Divers systèmes sont employés pour la production de l'énergie électrique et le chargement des accumulateurs.

lo Le système le plus généralement adopté consiste à placer sous chaque voiture, dans une ou plusieurs caisses en tôle, des boîtes renfermant les couples secondaires nécessaires à l'alimentation des lampes du wagon. Celles-ci ont une intensité lumineuse de 8 à 12 bougies décimales et sont soumises à une tension de i5 à 25 volts. Un commutateur ou un rhéostat permet de parer à la baisse de différence de potentiel occasionnée par la décharge des éléments, qui dure de 12 à i5 heures. Le poids d'accumulateurs pour une voiture varie de 120 a 600 kg, suivant le nombre de lampes, la longueur du wagon et le système de batterie employé.

Les accumulateurs se chargent à postes fixes, dans des dépôts où les voitures sont amenées et où les batteries sont mises en charge sans transbordement. On utilise, à ce service, le personnel des lampisteries.

2® Un second système consiste à charger les accumulateurs par une dynamo commandée par un moteur placé dans le fourgon de tête du train et recevant la vapeur de la chaudière de la locomotive. Cette disposition évite le retour des voitures au dépôt et permet un éclairage continu de longue durée , tel que celui exigé par les voitures effectuant des parcours étendus.

La vapeur d'échappement de la petite machine peut servir, pendant la mauvaise saison , au chauffage du train. Il faut remarquer, en effet, que si la vapeur est admise à 10 atmosphères

(i79°96) et s'échappe à i atmosphère (ioo<>), elle n'a perdu que 4 pour loo de sa chaleur.

30 Un dernier système consiste à charger les accumulateurs en cours de roule par une dynamo commandée par un essieu du fourgon. Cet essieu reçoit une poulie sur laquelle passe une courroie munie d'un tendeur et enroulée autour de la poulie de la machine électrique. Cette dernière ne peut évidemment charger les couples qu'à partir du moment où le train a acquis une vitesse déterminée. Il faut donc prévoir un commutateur automatique qui ferme le circuit de la dynamo lorsque cette vitesse est atteinte, et qui règle l'excitation lorsque l'allure du train devient trop rapide. Ce mécanisme est nécessairement assez délicat ; aussi les essais de ce système n'ont-ils pas toujours réussi.

D'après le rapport présenté par MM. E. Sartiaux et Weissenbruch au Congrès des chemins de fer, en 1889, les essais effectués par le premier système , en Europe , ont donné un prix de revient de 1,9 à 3 centimes par lampe-heure, pour des lampes de 6 à 8 bougies. Le deuxième système, essayé aux Etats-Unis, coûte de 3,5 à 5 centimes par lampe-heure de 16 bougies. Enfin le troisième système est revenu, en Europe, à 4 ou 5 centimes par lampe-heure de 5 bougies.

En regard de ces prix, il est intéressant de placer le coût des autres systèmes d'éclairage. D'après le bureau impérial des chemins de fer allemands , le gaz coûte 3,764 centimes et l'huile de colza 5,636 centimes par lampe-heure de 5 à 6 bougies. La Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée paie 4,37 centimes pour le gaz, et celle du Gothard 5,37 centimes.

En présence de ces faits, la Commission technique de l'Union des chemins de fer suisses a , dans sa séance du 2 novembre 1889, formulé la conclusion suivante :

Eu égard à l'état actuel de l'éclairage électrique, on ne peut encourager le développement de l'éclairage au gaz des voitures de chemin de fer. Il est préférable d'étudier le système de l'éclairage des voitures à l'électricité et de chercher à le perfectionner par des essais pratiques.

756. — Éclairage des mines. — Lorsqu'une mine possède une distribution électrique servant à Talimentation des moteurs, §597, il est naturel d'employer le courant pour l'allumage des lampes

APPLICATIONS DIVERSES. 5o5

disposées à poste fixe. Dans les mines à grisou, ces lampes peuvent être rendues inoffensives, en cas de bris de Tampoule, par une lanterne hermétiquement fermée et pourvue d'un globe en verre épais.

La propriété des lampes de mineur ordinaires de déceler la présence du grisou peut être suppléée par un avertisseur spécial basé sur la propriété que possède un filament conducteur traversé par un courant de s'échauffer davantage dans l'air que dans le grisou. Ainsi, un fil de platine porté au rouge par le courant noircit dans le grisou ou le gaz d'éclairage, par suite de la conductibilité calorifique plus grande de ces derniers qui refroidissent le filament. On peut mettre à profit la propriété de diffusion des gaz à travers des diaphragmes pour accumuler le grisou dans la cavité contenant le conducteur.

L'alimentation des lampes portatives, qui doivent contenir leur générateur électrique, présente plus de difficultés, à cause de la nécessité de donner un poids faible à l'appareil. Voici quelques renseignements extraits d'une communication de M. Watts.

La lampe Swan utilise quatre éléments secondaires groupés dans un bloc de gutta-percha renfermé dans une boîte en bois. Le poids de l'appareil est de 3,2 kg. La lampe d'une intensité lumineuse de I à 1,3 bougie peut brûler pendant lo heures. Prix : 33,75 fr. Frais d'entretien journaliers : 5 centimes.

La lampe Schanschieff comprend une pile zinc-solution de sulfate mercureux-charbon. Le tout pèse 2,5 kg et est susceptible de produire une intensité de 2 à 3 bougies pendant 9 heures. Prix : 37,50 fr. Frais d'entretien journaliers : 6 centimes.

La lampe Stella à accumulateur pèse 1,4 kg et donne une lumière de i bougie. La pile secondaire est constituée de 2 éléments enfermés dans une caisse en tôle portant latéralement la petite lampe. Celle-ci est munie d'un réflecteur, de manière à projeter les rayons vers l'avant. Toute la lumière est ainsi utilisée, tandis que dans les lampes de mineur ordinaires, une faible partie seulement de la lumière de la flamme est utilisable. On estime la durée de la charge à 6,5 heures en moyenne et celle de la décharge à 12 heures, avec un courant de i ampère. L'amortissement de l'appareil coûtant 3o fr. s'évalue à 0,01 fr. l'heure; celui de la lampe proprement dite à 0,0026 fr. et les frais de chargement à 0,0074 fr., soit en tout 0,02 fr. par heure pour les frais d'entretien et d'amonissement.

757- — Prix des appareils et des installations (« ). — Afin de permettre de dresser approximativement les devis relatifs aux dépenses d'installation et d'exploitation de Téclairage électrique , nous donnons ci après les prix des principaux appareils utilisés.

Ces chiffres se rapportent aux tarifs actuels des fabricants, mais il ne faut pas perdre de vue que l'extension de la concurrence et les progrès de la construction mécanique des appareils produisent d'année en année un abaissement des prix. On fera bien de vérifier soigneusement les détails de construction des appareils afin de voir si leur solidité est en rapport avec leur coût. Si l'on ne possède pas d'expérience spéciale, il est prudent de prendre l'avis de personnes expertes. En tous cas, il est bon de ne s'adresser qu'à des fabricants sérieux.

Le prix des dynamos varie avec le type et la grandeur de ces machines. Ainsi, les dynamos à grande vitesse angulaire sont plus économiques que les dynamos à allure plus lente, car, a vitesse périphérique égale, les premières sont plus légères et plus faciles à construire.

Les prix établis par les différents constructeurs tendent à se niveler aux taux uniforme de 2 francs par kilogramme de matière totale. Il s'opérera naturellement des réductions avec les progrès effectués dans la construction mécanique des machines, mais ces réductions ne seront pas très importantes étant donné le prix du cuivre qui constitue un des éléments principaux de la construction (^j. A cet égard, les machines à grand rendement, qui absorbent plus de cuivre dans leur construction, sont les plus coûteuses.

Les dynamos de 8 kilowatts coûtent de 200 à 3oo fr. par kilowatt.

20 » i5oà25o » w

60 et au delà » 100 à 200 » »

Le prix d'une installation à vapeur complète, machine, chau-

(M H. Fontaine, Tmité d'éclairage électrique, Paris, Baudry.

('} Hospitalier, Formulaire pratique de rElectn'cien, Paris, Masson.

coOt de l'éclairage électrique.

dière et accessoires, s'élève -de 225 à 275 fr. par cheval avec les moteurs à grande vitesse, et de 325 à 875 fr. avec les machines à faible vitesse. Il faut ajouter à ces prix ceux des fondations qui sont beaucoup plus importantes dans le second cas.

Les prix des régulateurs à arc voltaïque varient de 80 à 200 fr. suivant les types et les garnitures. Ceux des lampes à incandescence sont voisins de i fr. par unité, avec des réductions proportionnelles à la quantité acquise. Les charbons à lumière, de 6 à 14 mm de diamètre, coûtent de o,3o fr. à 0,60 fr. le mètre courant. Les charbons à mèche se paient 0,10 fr. de plus au mètre.

Le coût des accumulateurs est de o,5o fr. à 1,20 fr. par watt de puissance spécifique.

Les conducteurs sont cotés à des prix variables avec leurs diamètres et la nature des isolants. Voici un tableau extrait du prixcourant d'un des principaux fabricants belges.

Nombre de brins.

Section

totale

en mm^.

Fils nus.

Fils à isolement ordinaire.

Fils à isolement fort.

Prix, par hectomètre de fil^ en francs. 1

i35,oo 255,00

i5,oo

2o3,oo

365,oo

i33,oo

Nous donnons dans le tableau de la page 5o8 , d'après M. Crompton , le prix de canalisations souterraines comprenant des câbles isolés et des conducteurs nus.

L'installation complète du matériel électrique nécessaire à un foyer à arc de i 5oo bougies décimales est estimée à 800 fr. ; pour 3o foyers de i 5oo bougies le prix est de 5oo fr. par foyer.

Le matériel électrique complet pour 60 lampes à incandescence de 16 bougies coûte de 5o à 60 fr. par lampe dans une installation

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