‹ Leçons sur l'électricitéChapitre 85 sur 112 · BOUGIE DÉCIMALE · texte numérisé non relu

BOUGIE DÉCIMALE

Francs.

Centimes

Bougie . .

Paraffine f Spermaceii

i,5o le kg

9gr

Lampe mo-

dérateur .

Huile de colza

1,00 le kg

4,2 gr

Lampe à pé-

trole . .

Pétrole

0,20 le kg

2,Dgr

Fîec papillon

Gaz

0,20 le m-*

20 litres

Bec Bengcl.

Id.

Id

12 litres

Lampes à in-

0,80 le kilowatt-

candescence

Électricité

heure

3,5 watts

Lampes à arc

voliaïque .

Id.

0,80 id.

0,6 watt

Ces chiffres montrent que l'éclairage domestique fourni par le pétrole est de beaucoup le plus économique dans les pays où cette

COÛT DE l'Éclairage électrique. 5 17

substance n'est pas frappée de droits élevés. Cependant l'incommodité et les dangers de ce mode d'éclairage lui ont fait préférer le gaz dans un grand nombre d'installations, malgré la dépense considérablement plus élevée qui en résulte.

A son tour, l'éclairage par incandescence tend à se substituer au gaz dans les villes où existent des distributions d'électricité bien établies , par suite de ce que l'éclairage électrique . est plus hygiénique, plus propre et plus commode que l'éclairage au gaz et qu'il réalise le plus parfait des modes d'éclairemeni artificiels. Cependant , au prix actuel de l'énergie fournie par les usines électriques européennes, les lampes à incandescence donnent une lumière sensiblement plus chère que les becs à gaz Bengel qui, bien qu'anii-hygiéniques , contribuent l'hiver au chauffage des locaux. La différence de prix ira toutefois en s'atténuant ; pour s'en convaincre, il suffit de considérer qu'un kilogramme de charbon produit une énergie égale à un cheval-heure , laquelle entretient 10 lampes à incandescence de 16 bougies, soit 160 bougies ; la môme quantité de combustible fournit 280 litres de gaz développant dans les becs Bengel 24 bougies seulement. Aux Etats- Unis, où le charbon à gaz est cher, l'électricité est, dès à présent, plus avantageuse que le gaz dans plusieurs villes.

Lorsque la grandeur des locaux se prête à l'emploi de l'arc voltaîque, Téleciriciié apporte partout une sérieuse économie, même relativement aux becs à gaz intensifs les plus perfectionnés, § 759.

Si, en Europe, l'éclairage électrique par incandescence revient actuellement plus cher que le gaz, on peut dire que les avantages qu'il procure compensent dans bien des cas la différence de prix.

La détérioration par le gaz des tentures et des décorations intérieures oblige à des frais d'entretien qu'on peut supprimer en recourant à l'éclairage électrique. Il est juste de tenir compte de l'amélioration apportée dans les conditions de travail soit des gens d'étude, soit des ouvriers, par un mode d'éclairage qui ne produit ni chaleur ni gaz délétère. La diminution des dangers d'incendie et la suppression complète des risques d'explosion et d'asphyxie sont également des éléments à considérer ; elles ont conduit diverses compagnies d'assurances à dégrever les bâtiments éclairés à l'électricité. Un point d'une importance réelle est la commodité d'extinction des lampes électriques. Les lampes à gaz éclairant les

blS ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.

couloirs , les dégagements et même les pièces principales des appartements brûlent souvent sans nécessité, parce qu'on cherche à s'éviter Tennui des rallumages. Rien de semblable avec Télectricité. En pénétrant dans une pièce, on tourne un bouton qu'on peut rendre lumineux par un enduit phosphorescent ; en sonant, on coupe le circuit, et la dépense d'éclairacçe est réduite au strict nécessaire. Enfin, il ne faut pas oublier que les lampes à gaz nécessitent un certain entretien ; les verres doivent être frottés journellement ; les trous des becs nettoyés de temps à autre ; chaque fois que la pression varie par suite de Tallumage de becs voisins, il faut toucher au robinet de réglage pour que la flamme du gaz ne brûle pas dans de mauvaises conditions , à moins qu'on n'emploie des régulateurs qui exigent eux-mêmes de Tentretien. Tous ces petits soins sont complètement évités avec les lampes à incandescence.

La propriété des lampes à incandescence de ne développer que peu de chaleur est mise à profit pour rapprocher considérablement les foyers dès points à éclairer. Ainsi l'éclairage d'un pupitre de bureau peut se faire par une seule lampe de 8 bougies, placée à une trentaine de centimètres de la tête du buraliste sans incommoder celui-ci. Un bec de gaz doit, au contraire, être éloigné à près d'un mètre et exige par suite une intensité lumineuse beaucoup plus forte pour produire un même éclairement utile. De là résulte une économie indirecte notable dans l'éclairage des bureaux et des ateliers par l'électricité.

L'ensemble de ces considérations fait que, partout où les stations centrales sont bien établies , elles trouvent immédiatement une clientèle nombreuse et prennent une extension rapide.

Aussi les gaziers, qui traitent volontiers la lumière électrique d'éclairage de luxe , comme si le gaz n'était pas lui-même luxueux par rapport au pétrole, commencent-ils à comprendre que leur véritable intérêt est de prendre en mains l'exploitation de l'électricité, afin de ne pas se voir enlever leur meilleure clientèle. Dans nombre de villes, les sociétés de gaz ont installé des usines électriques.

Comme les villes tirent, en général, un revenu important de l'éclairage effectué en régie ou par des sociétés concessionnaires, elles ont intérêt au développement des exploitations électriques,

»Jt.

PROJETS D ECLAIRAGE

en vue de restreindre la multiplication des distributions limitées à des blocs de maisons, qui n'empruntent pas la voirie pour les canalisations et partant ne paient aucune redevance.

En fait, la lutte entre les divers illuminants profite à chacun d'eux. Nos yeux demandent de plus en plus de lumière. Lorsque, dans une ancienne salle de fêtes, nous allumons les bougies des lustres, nous trouvons mesquin un éclairage considéré autrefois comme très brillant. En 1745 , la Galerie des Glaces du Palais de Versailles était illuminée, à Toccasion du mariage du Dauphin, à raison de 2,5 bougies par m^, tandis que, sous la troisième République, les salons de THôtel-de-Ville de Paris reçoivent, les jours de réception, un nombre de lampes correspondant à 16 bougies par m^. On est encore loin, toutefois, de la lumière diffuse du jour, qui constitue Téclairage idéal et qui fournit environ 5o bougies à I m. Aussi, la concurrence de Télectriciié , du gaz et du pétrole, loin de tuer l'un des rivaux, n'a fait que les développer tous les trois.

Le tableau suivant, soigneusement compilé par M. P^ontaine, montre les progrès rapides de l'éclairage électrique à Paris. Le pétrole n'a pas atteint, dans cette ville, le même développement que dans d'autres pays, par suite du droit d'entrée, qui représente le triple de- sa valeur.

Quantités de lumière consommées à Paris par an et par habitant,

évaluées en bougies décimales-heure.

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