INTENSES
530. — Câbles aériens. — Le coût élevé des tranchées et des réfections occasionnées par les canalisations souterraines des villes conduit parfois à employer des conducteurs aériens pour les courants destinés à l'éclairage électrique. Ces conducteurs doivent être isolés lorsqu'ils sont soumis à des tensions électriques élevées ; on emploie ordinairement dans ce but des couvertures de caoutchouc. Afin de pouvoir écarter les supports autant que possible, on suspend le câble électrique à un câble auxiliaire d'acier galvanisé , fixé à des isolateurs. Dans ce but , le câble électrique passe de distance en distance dans des anneaux en porcelaine reliés au câble de support par des fils métalliques.
531. — Câbles et fils posés à l'intérieur des habitations. Moulures en bois et tubes Bergmann. — Les conducteurs placés à l'intérieur des habitations peuvent, dans les locaux secs, être simplement recouverts d'une matière textile imprégnée d'une substance non hygroscopique, telle que la paraffine. Dans les locaux humides , les conducteurs doivent être revêtus d'une gaine imperméable, en caoutchouc généralement.
CANALISATIONS DESTINÉES AUX COURANTS INTENSES. io3
Lorsque les conducteurs sont hors de portée, îls peuvent être soutenus par des rondelles en porcelaine fixées aux murs. En cas contraire, deux méthodes sont employées pour mettre les câbles à Tabri des contacts et des frottements. La plus fréquente consiste à disposer les deux conducteurs formant chaque circuit dans des rainures parallèles creusées dans des lattes appliquées contre les^murs. Ces lattes sont recouvertes d'autres lattes moulurées.
Dans le second procédé, imaginé par M. Bergmano^ on loge les
"Is dans des tubes en papier comprimé et imprégné de substances
préservatrices. Les tubes sont d'abord posés et raccordés par des
"manchons métalliques ; les fils sont tirés dans ces tubes et réunis
^^ns des boîtes de jonction en papier comprimé munies de cou-
^^rcles à bayonnette. Ce système restreint la main-d'œuvre de
P^cenient et permet de remplacer aisément les fils détériorés. Les
^^us traversés par des courants faibles sont formés de deux
^^ concentriques tirés dans un seul tuyau ; pour les courants
intenses, les câbles sont doubles et introduits dans des tuyaux
distincts.
532. — Canalisations souterraines. — L'établissement des canalisations souterraines présente, dans les grandes villes, des difficultés sérieuses, par suite de l'encombrement du sous-sol par les conduites d'égout, d'eau et de gaz.
On a, à diverses reprises, préconisé l'idée de créer, dans les rues principales, un égout sec ou tunnel propre à recevoir les canalisations d'utilité public et raccordé avec les maisons par des tuyaux assez larges pour y faire passer les divers branchements. De cette manière, les réparations et les raccords pourraient se faire sans ouvrir des tranchées et sans entraver la circulation.
Un semblable projet ne peut guère être réalisé que par les municipalités qui loueraient les emplacements aux sociétés d'électricité. En l'absence d'un tel réseau d'égouts , les électriciens ont à rechercher un système de canalisations permettant de visiter et de réparer les conducteurs et de faire les branchements des câbles aussi commodément et aussi économiquement que possible. Trois procédés principaux sont en usage.
1° Lorsque les câbles n'ont pas une section trop forte et que leur flexibilité est suffisante , le sytème suivant , employé depuis
longtemps par les administrations télégraphiques, peut être adopté avec avantage.
Une conduite solide en fer, en ciment ou en asphalte, est enfouie sous la voirie et interrompue de distance en distance par des puits en maçonnerie ou en fonte d'une capacité suffisante pour permettre à un homme de s'y mouvoir à Taise. Les conducteurs sont tirés à I intérieur de la conduite sur une section égale à Técartement de deux trous d'homme et les divers tronçons sont raccordés entr'eux par des joints. Une telle canalisation présente généralement plusieurs tuyaux distincts destinés à recevoir des circuits différents.
On admet que l'emploi d'une matière isolante pour la confection de la conduite permet de réduire , dans une certaine mesure , l'épaisseur du diélectrique protégeant les conducteurs. On a préconisé dans cette vue les conduites en asphalte ou les tuyaux en fer revêtus intérieurement de ciment ou d'un enduit vitrifié.
L'eau de condensation ou d'infiltration qui pénètre dans les conduites est recueillie dans les puisards placés au fond des trous d'homme et retirée de temps à autre à l'aide d'une pompe à main. Lorsque le sol est perméable, il suffit de ménager des trous au fond des puisards.
Le système que nous venons d'indiquer est largement employé aux Etats-Unis, où les distributions à haute tension sont très développées et où les conducteurs ont une section assez faible pour conserver une certaine flexibilité qui permet le tirage des câbles dans les tuyaux. Ce système a l'avantage de se prêter au remplacement des conducteurs et à la pose de conducteurs supplémentaires sans ouvrir des tranchées sur la voie publique. On ne lui reproche qu'un inconvénient : le gaz, provenant des fuites des conduites de gaz voisines et peut-être aussi de la distillation des diélectriques enveloppant des conducteurs traversés par des courants trop intenses, s'accumule parfois dans les trous d'homme et provoque des explosions au contact des flammes nues ou des étincelles électriques. On remédie à ce défaut par une ventilation par compression d'air, qui renouvelle l'atmosphère des conduites et s'oppose à l'infiltration des gaz.
Lorsque, par suite de l'adoption de courants intenses dans les
TYPES DE CANALISATIONS A TIRAGE DES CABLES. I o5
</isfribuiions d'électricité, on est amené à recourir à de fortes récrions, le système de tirage des câbles dans les conduites oblige
À subdiviser les circuits en conducteurs d'une section peu supérieure
à 2 cm*.
2<» Le deuxième procédé consiste à employer des conducteurs couverts d'une gaîne isolante et posés avec leur armature protectrice, qui consiste soit en tuyaux de fer, soit en bandes ou en fils de fer enroulés sur le câble isolé.
3** Dans le troisième procédé, les conducteurs sont nus et soutenus sur des isolateurs dans des caniveaux souterrains, interrompus par cies trous d'homme où se font les raccordements et où s'accumule l'eau de condensation et d^infiltration qu'on évacue par des poinpes ou par des communications avec les égouis. Ce dernier système, qui peut être employé lorsque la tension de l'électricité n'est pas considérable, a Tavantage d'éliminer les gaines isolantes qui constituent un élément coûteux et plus sujet à détérioration que les autres parties des canalisations.
Les canalisations électriques se placent sous le milieu des rues, comme les canalisations d'eau et de gaz. Dans ce cas, il faut inierrompre la circulation des voitures en tout ou en partie pour effectuer les branchements. Afin d'éviter cet inconvénient, on a eu recours, dans quelques grandes villes, à une canalisation sous chaque trottoir, ce qui accroît considérablement la dépense. Aux traversées des rues les câbles sont alors tirés dans des tuyaux ou disposés dans des tunnels, de manière à permettre les réfections sans gêner la circulation.
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