SYSTEMES DE CONDUCTEURS ELECTRIQUES POSES AVEC LEURS ARMATURES
537. — Canalisations Edison, (i" système). — Les conducteurs employés dans les premiàres canalisations Edison sont des barres de cuivre semi-circulaires logées dans des tuyaux en fer, de 6 m de
longueur, au milieu desquels elles sont soutenues par des disques percés, disposés de distance en distance. Les vides sont remplis par un mélange coulé à chaud et solide à la température ordinaire. Les conducteurs sont raccordés, de 6 m en 6 m, dans des boîtes de jonction, à l'aide de conducteurs courbes qui permettent l'expan-
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sion provenant des variations de la température. On coûte le mélange isolant dans ces bolies de jonction, qui sont formées de deux coquilles dont les rebords sont réunis par des boulons avec interposition de caoutchouc dans le joint. La fig. 320 montre une boite servant au raccordement d'un circuit dérivé.
538. — Canalisatioa Edison (2»' système). — M. Edison a modifié le système précédent pour l'adapter à la distribution par trois conducteurs, § 485.
Trois barres de cuivre rondes, séparées par des cordes de jute, sont introduites dans des tuyaux en fer par longueurs de 6 m. Les interstices sont remplis, avant la pose, par un mélange solide de parafHnc, de résine et d'huile coulé à chaud. Les tronçons successifs se raccordent dans des boites de jonction en deux pièces, boulonnées sur les extrémités des tuyaux munies de joints à genouillère
Fig. 3ïi.
assurant une flexibilité suffisante pour permettre de contourner les autres canalisations de la voirie. Les barres de cuivre sont réunies par des bouts de corde souple permettant les dilatations et terminés par des tubes qui s'emboîtent sur les barres auxquelles ils sont fixés par des vis, puis soudés.
Aux branchements, les boites de jonction présentent un troisième orifice, dans lequel pénètre le tuyau de raccordement.
De distance en distance, la canalisation principale est înter rompue par des trous dhomme en fonte, dans lesquels on relie les feeders aux distributeurs.
Les barres de cuivre employées par M. Edison ont au ma."(imum 18 mm de diamètre. Lorsque ce diamètre est insulfisant pour le courant à transporter, on établit plusieurs conduites parallèles à trois conducteurs.
Dans les feeders, te conducteur neutre a une section égale à la
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moitié de celle des conducteurs extrômes, et chaque barre est pourvue d'un fil pilote. Dans les distributeurs, les trois barres ont le mCmc diamètre.
539. — Câbles isolis au papier et armés. — La maison Siemens et Halske et la maison Felten et Guilleaume fabriquent des câbles composés d'une corde de cuivre revêtue d'enveloppes de papier de manille imprégné d'une composition isolante à base de bitume et d'huiles lourdes. Un tuyau de plom^b est fortement serré sur le câble, afin d'éviter l'introduction de l'humidité. Le tuyau est lui-même recouvert d'un matelas de chanvre imprégné et protégé par une armature, formée de deux rubans de fer enroulés dans le même sens de manière que les joints de la première couche soient couverts par la couche suivante. Sur l'armaiure est posée une dernière couche de jute à enduit bitumineux qui protège le fer contre la rouille. Les feeders possèdent un fil pilote, comme le montrent les coupes de la fig. 323.
Fig. 312.
Ces câbles sont posés simplement dans le sol ; on se conientc de recouvrir la terre au-dessus des câbles d'une forie toile métallique qui reçoit les coups de pioche en cas d'ouverture d'une tranchée transversale ou de disposer un lit de briques au-dessus des câbles. Les raccords se font dans des boîtes de jonction en deux pièces, fig. 323, présentant des collets cloisonnés dans lesquels les câbles sont fortement serrés pour éviter Tinhltration de l'hu-
SYSTÈMES DE CONDUCTEURS AVEC ARMATURES. IlS
midité. Les conducteurs sont ri^unis par un manchon à vis de serrage. On a soin, le cas échéant , de raccorder séparément les bouts des fils pilotes. Lorsque le couvercle de la boite est bou-
lonaé, on remplit celle-ci d'une composition bitumineuse qu'on verse par un orifice taraudé pratiqué dans le couvercle. On ferme alors l'oritice par un bouchon à vis.
Les raccordements des feeders avec les câbles de distribution se font dans de grandes boîtes en fonte. Les leeders des fils pilotes sont réunis à des anneaux en cuivre situés au centre de la boite et joints, d'autre part, aux distributeurs par l'intermédiaire de bandes fusibles.
Fig. 3^^.
On remarquera que les jonctions s'opèrent sans soudure. On prenJ seulement la précaution d'éiamer les bouts de conducteurs pour éviter l'oxydation.
ir6 CANALISATIONS lÎLliCTRlQUES.
On fabrique également des câbles concentriques à deux et à trois conducteurs pour les distributions par couranis alternatifs. La boite de fonciion, fig, 324, montre le mode de raccordement de câbles semblables à deux conducteurs. Les cordes centrales sont relides directement par un manchon. Les bouts des cordes creuses sont relevés et serrés entre des collets réunis entr'eui.
A Rome , les câbles concentriques ont été posés dans des caniveaux en bois remplis de ciment et ont été essayés sous la tension de 5 000 volts.
540. — Câbles Berthoud, Borel et C''. — La maison Berthoud, Borcl et C'°, de Cortaillod, fabrique aussi les câbles simples et les câbles concentriques , fig. 326 ei 325. Ces câbles se composent de
Fig. 3i5. Fig. 3ï6.
cordes on cuivre isolées par une couverture de jute imprégnée d'un mélange d'huile de lin onydée et de résine, et garnies de deux tuyaux de plomb moulés à chaud dans une filière spéciale. Les deux couches de plomb son't séparées par du brai destiné à empêcher l'humidilé, qui pourrait pénétrer par une fissure de la première couche, de traverser la seconde.
Lorsque les câbleà doivent être posés en terre, ils sont protégés, comme les câbles Siemens, par des armatures en bandes de fer rcvOtues d'un enduit préservateur. Si l'on enfouît directement, dans le sol des viHes, des câbles simplement recouverts de plomb, l'enveloppe est carhonatéc au bout de quelques années et s'effrite. De nombreuses expériences témoignent de ce fait qui paraît dû à une action électrolytique; les tuyaux de plomb utilisés pour les canalisations d'eau, par exemple, se conservent, en effet, fort bien sous terre.