TÈMES TÉLÉGRAPHIQUES REPOSANT SUR DES COMBINAISONS DE COURANTS
. — Duplex différentiel. — Les systèmes de la première
^^gorie sont appelés : i^ duplex^ lorsqu'ils permettent Tenvoi
/oiultané de deux dépêches en sens opposés ; 20 diplex^ lorsque les
deux dépêches sont transmises en même temps dans le même sens;
3^ quadruplex^ quand deux dépêches passent dans un sens pendant que deux autres dépêches passent en sens opposé.
Dans le duplex différentiel, on enroule en sens inverses sur Télectro-aimant du récepteur Morse des nombres égaux de spires réunies au point d'entrée. Un courant arrivant par le bout commun se bifurque en deux dérivations qui tendent à provoquer des aimantations contraires du noyau. Un tel électro-aimant est dit diffé^ rentiel , parce que l'intensité de ses pôles est déterminée par la différence des actions des courants traversant les deux circuits de l'enroulement.
Soient, fig. 404, deux postes télégraphiques pourvus d'électroaîmants différentiels A, a.
tf/f/ir
Fig. 404.
M, m représentent des manipulateurs Morse à double levier. Dans ces appareils , la communication avec la terre est supprimée au moment où se produit la liaison avec la pile. Le circuit n'est jamais interrompu, comme cela a lieu avec le manipulateur ordinaire pendant le temps que le levier met à passer du buttoir de repos au buttoir de contact.
Supposons que l'employé du poste de gauche transmet seul. Le courant fourni par la pile de ce poste se divise en deux parties à l'entrée del'électro-aimant A. Une partie retourne au pôle négatif de la pile à travers le rhéostat D ; l'autre passe sur la ligne, traverse l'un des circuits de l'électro-aimant a, puis se rend à la terre par le manipulateurs au repos.
On voit que, contrairement à ce qui a lieu dans le système Morse ordinaire, les courants transmis passent dans l'élcctro aimant du poste de départ ; on évite qu'ils agissent sur l'armature de cet appa.
COMBINAISONS DE COURANTS. 3l7
reil en débouchant au rhéostat D une résistance égale à celle de la ligne, augmentée de celle du fil de Télectro-aimant a traversé par le courant. Alors les courants circulant dans les deux circuits deréleciro-aîmant différentiel A sont égaux entr'eux et le noyau ne s^aimante pas. Quant à Télectro-aimant du poste correspondant, il s'aimante par le courant venant de la ligne ; Tarmature est auirée et le signal enregistré.
Pour régler son appareil, l'employé transmetteur envoie une série de signaux et fait varier la résistance du rhéostat jusqu'à ce que l'armature de son récepteur n'obéisse plus aux courants qu'il transmet.
L'employé du poste voisin procède de même par tâtonnements pour déterminer la résistance qu'il doit déboucher au rhéostat rf, afin que les courants qu'il émet n'influencent pas son récepteur a.
Lorsque les appareils ont été ainsi réglés, les deux postes peuvent télégraphier simultanément par le fil de ligne unique. C'est ce qu'il est facile de vérifier. Pour plus de simplicité, nous supposerons que les deux piles ont la même force électromotrice et qu'elles sont reliées à la terre par les pôles de môme nom. Dans ce cas, au moment où les deux manipulateurs sont abaissés simul* tanément, les deux extrémités de la ligne se mettent au même potentiel par raison de symétrie, et la ligne n'est parcourue par aucun courant. Mais les courants dérivés vers la terre, à travers les rhéostats, continuent à passer dans les deux postes : les noyaux s'aimantent, les armatures sont attirées et les signaux s'impriment.
Cela étant, supposons que les deux postes commencent à transmettre en même temps, M un point vers a. et m une barre vers A. Tant que les deux manipulateurs sont abaissés, un signal s'enregistre aux récepteurs des deux postes; on remarquera que l'électroaimant de chaque poste est aimanté par le courant émis par le poste même, car la ligne n'est pas traversée par un courant. Lorsque le manipulateur M se relève après l'envoi du point Morse, une partie du courant qu'émet encore m passe sur la ligne et va finir la barre commencée dans A, tandis que a devient inactif.
On vérifiera facilement que le système fonctionne également lorsque les piles sont reliées à la ligne par des pôles de noms contraires.
On a adopté un manipulateur de forme spéciale, de préférence
au manipulateur ordinaire, parce que pendant Tinterruption des communications occasionnée par ce dernier, il pourrait se produire un faux signal.
La fig. montre deux condensateurs E, e, dérivés par rapport aux résistances D, d. Le rôle de ces appareils, dont la nécessité sur les longues lignes a été démontrée par Stearns, est de faire équilibre à la capacité du conducteur. Au moment de rabaissement de M, par exemple, un courant de charge passe en effet sur la ligne; si un courant équivalent ne traverse pas la branche différentielle de Télectro-aimant A, un faux signal se produira.
En d'autres termes, on voit que la ligne doit être équilibrée par une ligue artificielle D E, tant au point de vue de sa résistance qu'à celui de sa capacité.