‹ Leçons sur l'électricité professées à l'Institut électrotechnique Montefiore annexé à l'Université de LiégeChapitre 58 sur 99 · TELEPHONES A PILE OU MICROPHONES · texte numérisé non relu

TELEPHONES A PILE OU MICROPHONES

667. — Microphone de Hughes. — Les appareils électromagnétiques ne sont plus guère employés actuellement que comme récepteurs. Ils sont délaissés pour la transmission, par suite de rinsufiisance des courants induits qu'ils produisent. Lorsqu'on veut correspondre à des distances considérables , il faut abandonner le principe de la transformation directe de l'énergie mécanique des ondes sonores en énergie électrique et utiliser les vibrations de Tair pour modifier l'intensité du courant fourni par une pile. Le transmetteur joue alors le même rôle que la valve qui sert à faire varier un courant de vapeur et qui n'absorbe pour être manœuvrèe qu^une force minime. MM. Edison et Hughes (1877, 1878) ont particulièrement fait des recherches dans cette voie: le premier, en interposant dans le circuit d'une pile du charbon en poudre dont la résistance est modifiée par la pression plus ou moins forte exercée sur lui par un diaphragme frappé par les ondes sonores ; le second, en utilisant la variabilité de la résistance des contacts de conducteurs mobiles sous l'influence des vibrations de Tair.

Sous sa forme la plus connue, le microphone Hughes comprend une baguette de charbon ^, amincie aux deux bouts et placée entre deux blocs a, a' de la même substance fixés à une planchette verticale

(') Consulter les travaux de M. Mercadier, Electrieieny 1889 et 1891.

en bots mince. L'un des blocs de charbon est réuni au pôle d'une pile, l'autre à l'une des bornes d'un léléphone électromagnétique récepteur, et l'on complète le circuit en reliant la deuxième borne au pôle libre de la pile.

Fig. 433.

L'appareil permet de percevoir au téléphone des trépidations excessivement légères, par exemple, le lic-tac d'une montre placée sur le socle de l'instrument; de là le nom de microphone. Il faut remarquer que , dans cette expérience, ce n'est pas le bruit produit par la montre qui agit sur les charbons par l'intermédiaire d'ondes sonores, mais bien l'ébranlement mécanique communiqué parle support de l'appareil aux contacts mobiles dont la résistance est ainsi modifiée, ce qui fait naître dans le circuit des ondes électriques qu'accuse le récepteur.

Lorsqu'on parle devant l'appareil, les ondulations de l'air frappent la planchette et font vibrer les contacts de charbon en déterminant des moditicaiions corrélatives de résistance. 11 en résulte un courant ondulatoire dans le circuit, et le téléphone récepteur reproduit les paroles prononcées.

On remarquera qu'il est nécessaire, pour que ce résultat soit atteint, que le courant ne soit pas interrompu, mais simplement altéré. Reis avait imaginé, dès 1860, un transmetteur à contact mobile, formé par un diaphragme sur le centre duquel appuie un

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