Usine de Kensington (Londres). — L'usine électrique
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Fig. 496.
établie dans le district de Kensington , sous les auspices de M. Crompton, offre l'exemple d'un type d'installation compacte très répandu à Londres où le terrain est particulièrement coûteux, fig. 496. La chambre de chauffe comporte des générateurs à vapeur G du type Babcock et Wilcox alimentant des dynamos à vapeur Willans-Crompton , de 200 chevaux, placées dans la halle des machines. La coupe montre que ces appareils sont disposés sur un bloc de fondation indépendant des murs voisins.
Une puissance de 760 chevaux est logée sur une surface de 225 m^.
Le tableau de distribution est établi sur une galerie F. Audessus des machines existe une chambre d'accumulateurs, contenant des éléments Crompton-Howell employés pour venir en aide aux dynamos aux heures de forte consommation, et pour fournir le courant aux heures de nuit et de jour où les machines ne tournent pas. Ce système, recommandé par M. Crompion, permet une meilleure utilisation de Tinstallation mécanique, attendu que les machines marchent toujours dans de bonnes conditions de rendement ; il donne la faculté d'arrêter les machines pendant une grande partie de la journée et amène ainsi une notable économie de main-d'œuvre ; il se prête aux accroissements subits de la consommation ;enBn, le prix des accumulateurs qu'il entraîne n'est pas excessif, eu égard au rôle secondaire joué par ceux-ci.
Fig. 497.
La distribution de Kensington se fait par le système à trois conducteurs. Ceux-ci sont des bandes de cuivre nu placées sur de grands isolateurs soutenus eux-mêmes par des traverses en bois dans des conduites de béton, fig. 497. Grâce à Técartement des isolateurs , à la qualité de ceux-ci , aux soins avec lesquels sont faits les branchements vers les habitations et aux précautions employées pour le drainage , ce système , dont les imitations ont donné ailleurs des résultats médiocres , fournit à Londres des résultats très satisfaisants. M. Crompton estime que l'entretien annuel d'une telle conduite n'excède pas i à 2 pour 100 de son prix d'installation.
745. — Station centrale de Genève. — La ville de Genève pré sente un exemple d'utilisation d'une chute d'eau à la production de l'éclairage électrique. La station de cette ville est alimentée par
une distribution d'eau sous une pression de i3,5 atmosphères obtenue par le barrage du Rhône. On a installé cinq turbines Girard de 200 chevaux, activant chacune deui dynamos Thury,
asso.-îées en série afin de distribuer l'énergie, par le système à trois conducteurs , sous une tension totale de 220 volts. Les câbles sont du système Siemens et Halske, de Berlin.
La fig. 498 montre une vue d'ensemble du tableau de distribution, pour trois groupes de dynamos. A la partie inférieure se trouvent les rhéostats servant à régler les champs magnétiques des machines. Des manivelles permettent d'ajuster ces rhéostats sépa-
rément. Au besoin, les axes des manivelles correspondant aux dynamos reliées en quantité peuvent être embrayés et manœuvres par une manivelle unique.
Les groupes de dynamos communiquent avec trois grosses barres horizontales , au-dessus desquelles sont les interrupteurs qui permettent de relier les barres avec quatre faisceaux de feeders. Sous les barres de jonction sont figurés les ampèremètres servant à mesurer le débit des machines et les voltmètres.
746. — Stations de Dieulefit et de Valréas. — On compte, en France, un certain nombre d'installations municipales utilisant des chutes d'eau. L'une des plus intéressantes est celle qui alimente les deux villes de Dieulefit (Drôme) et de Valréas ( Vaucluse), situées à 16 kilomètres Tune de l'autre, à Taide d'une chute située à Béconne, à 5 kilomètres de la première ville et à i5 kilomètres de la seconde.
L'éclairage de chacune des villes est assuré par une turbine et une dynamo Ganz, à excitation indépendante, produisant 2000 volts et 12 ampères. Une troisième dynamo-turbine sert de réserve.
La ligne la plus courte est formée d'un fil aérien en bronze, de 3,2 mm de diamètre , ayant i5 ohms de résistance pour le circuit double. La plus longue, également aérienne, comprend un câble de môme résistance. Dans la campagne, ces lignes sont placées sur poteaux avec isolateurs en porcelaine à double cloche. Dans les villes , les fils primaires s'appuient sur le faîte des maisons, et les transformateurs sont logés dans des boîtes en zinc portées sur des consoles fixées aux murs.
La fig. 499 donne le schéma des appareils servant à Tune des distributions. Afin de relever la tension utile aux extrémités des feeders, on emploie le dispositif différentiel décrit au §497, qui sert également à alimenter les lampes de l'usine.
Le courant qui parcourt les feeders L U traverse le circuit primaire d'un transformateur E dont le secondaire , mis en tension avec le primaire du transformateur T , est dérivé par rapport aux bornes de la dynamo. Les connexions sont faites de manière que la force éleciromotrice secondaire de E soit de sens opposé à celle de l'alternateur et réduise la différence de potentiel agissant aux bornes primaires de T proportionnellement à la chute de tension
dans les feeders. En graduant convenablement cette réduction par un rhéostat R"^, on arrive à obtenir à chaque instant, aux bornes de T , exactement la différence de potentiel aux extrémités des feeders. En effet, en désignant par V le voltage aux bornes de Talternateur et par V la tension secondaire de E , la différence de potentiel aux bornes de T est V — V; mais V est proportionnelle au courant I fourni par l'alternateur et traversante primaire de E.
Fig. 499.
En réglant convenablement la résistance R'", on peut faire en sorte que le facteur de proportionnalité soit précisément égal à la résistance R des feeders. Par suite, la tension utile aux bornes de T sera V — f R comme aux bornes des transformateurs des abonnés et les lampes ainsi que le voltmètre reliés aux secondaires de T seront soumis à la même différence de potentiel que les lampes des abonnés.
Le voltmètre V indique donc la tension des lampes du réseau et la disposition différentielle évite le placement onéreux de fils pilotes.
Aux bornes secondaires du transformateur T, on a également relié un solénolde régulateur dont on verra le détail au paragraphe suivant et qui a pour fonction dMntroduire automatiquement des résistances dans le circuit des inducteurs de la machine excitatrice M, lorsque la tension utile augmente dans le réseau, et d'en retrancher, au contraire, lorsque la tension diminue. En P sont les parafoudres à pointes servant à protéger les appareils de la station contre les décharges atmosphériques.
Dans la ville de Dieulefit, qui s'étend en longueur, on compte 6 transformateurs dérivés successivement sur la canalisation primaire. Afin d'éviter les différences de tension qui pourraient en résulter, les circuits induits des transformateurs sont réunis en dérivation. Par ce procédé, on égalise les tensions secondaires.
747. — Usine électrique de Rome. — La ville de Rome possède une usine à courants alternatifs installée par MM. Ganz et C»« pour le compte de la Société gazière de la ville et alimentant environ 2 400 lampes à incandescence de 16 bougies et 200 lampes à arc.
Le réseau s'étend jusqu'à une distance de 5 kilomètres de la station , laquelle est en dehors de la ville , près des ruines du Colisée et à proximité du Tibre.
La canalisation primaire est formée de câbles concentriques, système Siemens et Halske, enfouis dans une conduite souterraine en bois remplie de ciment. Des feeders partent de Tusine dans les principales directions et alimentent en dérivation des transformateurs d'une puissance uniforme de 10 chevaux. La tension primaire de 2 000 volts est réduite à 1 10 volts dans les circuits secondaires. Lorsque ceux-ci comportent des lampes à arc, on emploie un conducteur intermédiaire de manière à obtenir 55 volts aux bornes des lampes mises en série avec des bobines à réaction servant de résistances additionnelles.
L'usine ne présente qu'un étage et contient de grandes dynamos de 320 kilowatts (2 000 volts et 160 ampères) , attaquées directement par des machines Van den Kerchove marchant à i25 tours, et pourvues d'excitatrices spéciales à courant continu activées par des moteurs Westinghouse à grande vitesse.
La fig. 5oo montre la disposition de ces dynamos à courant continu, réunies en parallèle par rapport à la ligne d'excitation, sur laquelle se branchent les inducteurs des alternateurs. Chaque machine excitatrice possède un rhéostat à main servant à régler le champ de ses inducteurs. En outre, un régulateur automatique à mercure permet de modifier l'excitation de l'ensemble des machines continues. Dans ce but, un solénoïde S, mis en dérivation sur la ligne d'excitation et traversé par un courant réglé à l'aide de la
USINES ELECTRIQUES,
résistance Rm, attire uti noyau équilibré par un flotteur inférieur plongeant dans un vase contenant de Teau. A la partie supérieure du noyau se trouve une cuvette remplie de mercure dans lequel baignent des fils de longueurs variables reliés à des résistances intercalées dans le circuit des inducteurs des machines excitatrices. Si la différence de potentiel diminue dans la ligne d'excitation par suite de Taddition d'un alternateur , le noyau est attiré avec moins de force et la cuvette remonte ; le mercure met un certain nombre de résistances en court-circuit et l'excitation des machines continues est accrue. Quand l'appareil automatique est arrivé au bout . de sa course, on le ramène en arrière au moyen des rhéostats de réglage à main.
Le tableau de distribution, fig. Soi et 5o2, mesure 2,40 m de hauteur sur 5 m de largeur. Il porte un certain nombre de barres doubles horizontales i, 2, 3, 4, 5, 6, isolées sur des rondelles en porcelaine et reliées aux couples de feeders quittant la station. De ces barres descendent des tiges verticales qu'on voit dans les élévations de face et de côté.
Le commutateur comporte autant de sections semblables à celle figurée qu'il y a d'alternateurs. Dans chaque section, deux barres marquées par les signes + et — sont connectées aux pôles d'un des alternateurs et supportent des tiges verticales descendant à la même hauteur que les tiges des feeders. Pour faire communiquer une des paires de feeders avec une des dynamos, il suffit de relever, à l'aide d'une manivelle B, une paire de godets à mercure C. La fig. Soi montre trois couples de feeders ainsi reliés. Le but des transmissions A B E H est de permettre d'embrayer les mouvements des divers godets, de telle sorte que, par le déplacement de la manivelle L, on puisse connecter un ou plusieurs alternateurs avec les feeders, en même temps qu'on rompt la communication de ceux-ci avec d'autres dynamos.
L'observation de la tension dans le réseau se fait à l'aide du réducteur différentiel décrit au paragraphe précédent.
Les alternateurs sont associés en dérivation à mesure que la demande s'accroît. Avant d'ajouter un alternateur, on commence par le faire fonctionner sur des lampes ou des résistances disposées à l'usine et capables d'absorber sa puissance totale, l'induit tournant
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à sa vitesse normale. On relie cet induit au primaire d'un transformateur voisin d'un second transformateur communiquant avec le réseau. Les secondaires de ces deux transformateurs sont mis en opposition dans un circuit contenant une couple de lampes. Selon que les phases de l'alternateur coïncident avec celles du réseau ou
Fig. Soi. Fig. 5o2.
leur sont opposées, les lampes s'éteignent ou s'allument. On constate des périodes plus ou moins longues pendant lesquelles l'éclat des lampes témoins diminue jusqu'à l'estinction et remonte ensuite. On saisît le moment d'une extinction pour réunir l'alternateur au réseau. On relire alors graduellement les résistances auxiliaires reliées aux bornes de la machine.
Le service commence à une heure de relevée en hiver et à trois heures en été. Avant de mettre la première dynamo en marche, on la règle sur le grand rhéostat capable d'absorber toute sa puissance. Un ampèremètre Hummel marque l'intensité du courant et un voltmètre Cardevv, relié au réducteur de la machine, indique la différence de" potentiel. Lorsque la demande approche du débit maximum du premier alternateur, un second alternateur est réglé de la même manière que le premier et réuni eq parallèle avec celui-ci au moment où l'indicateur de phases montre que les machines marchent en cadence.
Quand un théâtre ou un magasin utilise un nombre de lampes très considérable, il prévient l'usine par téléphone dix minutes avant l'allumage, de manière qu'on ait le temps de préparer un des alternateurs pour l'ajouter en parallèle.
La maison Ganz emploie des alternateurs ne produisant que 42 périodes par seconde. Ce degré de fréquence facilite le couplage en dérivation des machines et permet d'alimenter de petits moteurs tétrapolaires ne faisant que i 2 5o tours par minute, alors que, si la fréquence était plus grande, il faudrait ou multiplier beaucoup les pôles, ce qui rendrait le moteur coûteux, ou adopter des vitesses angulaires exagérées.
Depuis 1892, la distribution électrique de Rome est alimentée par une partie de la puissance hydraulique des célèbres chutes de Tivoli , situées à 28 kilomètres de la capitale italienne. Six turbines de 33o chevaux actionnent des alternateurs à 5o2o volts; trois turbines de 5o chevaux font tourner les excitatrices. La ligne aérienne, traversant la campagne de Rome, comporte 4 câbles de cuivre de 100 mm^ et donnant lieu à une chute de potentiel maxima de 1020 volts, soit 20 pour 100 de la tension totale. Les poteaux sont métalliques et écartés de 35 à 40 m. Le câble inférieur est à 7 m du sol. Les isolateurs sont à réservoir d'huile. A l'entrée dans Rome, une sous-station de transformateurs ramène la tension de 4000 à 2000 volts, valeur adoptée dans le réseau primaire.
Depuis l'installation de ce transport d'énergie, on ne met en marche l'usine à vapeur décrite plus haut'que lorsque la puissance hydraulique est insuffisante pour les besoins.
Il est à remarquer qu'on éclaire les rues au moyen de lampes à arc, mises en série et reliées directement à la distribution à 2000 volts. Les lignes correspondantes sont aériennes.
748. — Usine électrique de Cologne. — La fig. 5o3 montre une coupe à travers l'usine électrique de Cologne exploitée en régie par la municipalité et établie par la firme Helios, d'Ehrenfeld, suivant les derniers perfectionnements du système Ganz. L'usine est située à la limite de la ville. La chambre de chauffe est pourvue de chaudières Steinmiiller multiiubulaires, de 21 m^ de surface de chauffe, dont le tirage est activé par un ventilateur. Dans le sous-
USINES iStECTRlQtES. 493
sol de la chambre, on voit les carneauz de fumée, une galerie d'évacuation des centres et des réservoirs capables de contenir 5oo m^
Fig. 5o3.
La halle des machines, au-dessus de laquelle règne un pont roulant avec grue de 3o tonnes, contient 3 machines Sulzer compound, fournissant 5oo à 600 chevaux à 85 tours par minute, et une quairième machine plus petite pour les heures de faible débit. Le volant des grandes machines est remplacé par un inducteur de 4,3o m de diamètre componani 72 pôles rayonnants. L'induit formé de deux demi-couronnes, pouvant être déplacées pour la visite de la dynamo, présente 72 bobines où se développent des courants alternatifs à la tension de 2 000 à 2 5oo volis et d'une fréquence égale à 5i périodes par seconde.
La vapeur est amenée aux moteurs par deux conduites en fer forgé. Des condenseurs situés sous les moteurs reçoivent l'eau froide des réservoirs susmentionnés et refoulent l'eau chaude dans ces mômes réservoirs.
Un caractère particulier de l'usine est l'absencej à proprement parler, de tableau de distribution. Les appareils régulateurs et interrupteurs sont dissimulés et manœuvres par des leviers situés sur une plateforme élevée à 3 m au-dessus du sol de la halle des machines. Ainsi, on évite le danger auquel exposerait le contact des instruments de service soumis à une haute tension.
La fig. 5o4 montre Tensemble de cette disposition, tandis que la fig. 3o5 présente une vue détaillée des leviers. A chaque alternateur sont affectés 4 leviers a, b, c, d derrière lesquels s'élève une
Fig. 504.
colonne portant les appareils de mesure correspondants , à savoir : les ampèremètres et les voltmètres pour Talternateur et son excitatrice et l'indicateur de phases pour le couplage de Talternateur.
Pour mettre un alternateur en service, on commence par fermer le circuit de l'excitatrice par le levier d^ après quoi, avec le levier c, on règle les résistances introduites dans les inducteurs de cette machine. On relie ensuite, au moyen du levier a, Tinduit de Talternateur à des résistances artificielles placées dans la cave et capables d'absorber la puissance entière de la machine. Lorsque l'indicateur de phases montre que l'alternateur est en accord avec les phases de la distribution, on relie la machine au réseau à l'aide du levier b qui agit sur un interrupteur à mercure qu'on voit sur la fig. 504 et qui est analogue à celui de l'usine de Rome.
Le réseau actuel, capable de desservir 20 000 lampes, comporte environ 20 kilomètres de conducteurs. Ceux-ci sont souterrains; il se composent de câbles concentriques sous plomb , armés de
Fig. 5<j5.
bandes en fer suivant le système Berthoud, Borel et C'*. Ces câbles sont posés dans des boites en bois remplies d'asphalte. Afin de
49^ IvCLAIBAGE lÎLECTRIQUF..
permetire les travaux à la canalisation sans arrêter la disiributîon entière, on a prévu le moyen d'isoler par sections les conducteurs. Dans ce but , on a installé des interrupteurs à mercure logés
Fig. 5oC.
dans des armoires disposées dans les éditîces publics ou dans des colonnes en fer telles que celle représentée dans la fig, 5o6. A l'intérieur se trouve un téléphone en relation avec l'usine.
La fig. 5o- montre un branchement d'abonné. D'une boîte de jonction part un câble double aboutissant à un interrupteur. De là, des câbles simples posés sur isolateurs se rendent au transformateur.
Le circuit secondaire de ce dernier travijrse un compteur.
Fig. 507.
Les dépenses d'installation de la distribution électrique se
répartissent comme suit :
Bâtiments et terrains fr. 466 iSo
Chaudières « 162 5oo
Moteurs , dynamos et appareils électriques de
l'usine , n 806 280
Conducteurs et transformateurs » 776 000
Compteurs n 5o 000
Divers i> 62 5oo
Fr. 2 3i2 5oo
498 ÉCLAIRAGE itLr.CTRIQUK.
L'énergie est vendue à raison de 0,80 fr. le kilowatt-heure, avec des rabais allant jusque 5o pour 100, pour une consommation croissante.
74g. — Distribution Westioghouse. — La maison Westinghouse a contribué dans une large mesure au développement considérable pris par les distributions par transformateurs aux États- Unis. Nous avons eu l'occasion de décrire l'alternaieur et le transformateur, §§ 432 et 457, que cette maison construit. Nous examinerons les caractères principaux des procédés de distribution quelle préconise.
Pour l'éclairage privé qui utilise surtout les lampes à incandescence, M, Wesiinghouse atimenie les transformateurs en dérivation sous une tension d'un millier de volts, réduite dans les circuits secondaires à 5o volts. Ce voltage est considéré, aux États* Unis, comme favorable à Tobteniion des lampes à incandescence solides et de longue durée.
Fig. 5oS.
Les canalisations sont généralement aériennes dans les villes américaines et les poteaux qui supportent les fils soutiennent parfois le transformateur destiné à desservir un immeuble voisin, comme l'indique la fig. 5o8.
USINES ELECTRIQUES. 499
Lorsqu^on fait usage de conducteurs aériens, il est nécessaire de munir les transformateurs non seulement d'un coupe-circuit double sur le primaire et d'un appareil de sûreté prévenant tout contact entre le primaire et le secondaire, § 499, mais encore d'un parafoudre préservant l'appareil en cas de décharges atmosphériques. L'inginieuse disposition de M. E. Thomson, § 478, dans laquelle un électro-aimant traversé par le courant de la dynamo éloigne l'arc produit par celle-ci entre les plaques de sûreté et le rompt, pourra être mise à profit. Les transformateurs américains se disposent également contre les murs, extérieurement aux immeubles desservis.
Les alternateurs Westinghouse sont susceptibles d'être associés en quantité. Toutefois, la pratique américaine ne semble pas favorable à ce mode de groupement qui suppose tous les récepteurs reliés par un réseau commun. La facilité avec laquelle il se proJuit des terres dans un réseau à haute tension, dont Tisolement n'est pas très soigné, engage à diviser les récepteurs en groupes isolés communiquant par des feeders avec les alternateurs. De cette manière, si des pertes à terre surviennent aux deux bornes primaires d'un transformateur, on isole le feeder correspondant à Tusine et il n'y a qu'un nombre restreint d'appareils hors service.
A la station génératrice, on dispose des commutateurs permettant de connecter un feeder ou un faisceau de feeders avec chacun des alternateurs. Aux heures où la demande de courant est faible , une seule dynamo suffit pour alimenter tous les feeders. A mesure que les lampes sont allumées, on sépare les feeders en les reliant isolément ou par groupes à des alternateurs indépendants. Par ce moyen, on fait en sorte que chaque machine fonctionne avec le meilleur rendement, tout en assurant l'indépendance des groupes de transformateurs. On règle la tension dans le réseau à l'aide d'un voltmètre Cardew dérivé sur le secondaire d'un transformateur dont le primaire communique avec des fils pilotes, ou encore à l'aide de la disposition différentielle de MM. Ganzet C'«.
On peut mettre les feeders en contact avec un indicateur de terre dont le principe est analogue à celui du dispositif du § 554. Un transformateur dont une des bornes primaires est unie au sol peut être mis en communication par la seconde borne primaire avec l'un ou Tautre des conducteurs du circuit essayé. Une lampe placée sur
le secondaire brûle avec un éclat plus ou moins vif lorsqu'il existe une terre dans le réseau.
Toutes les clefs insérées dans les circuits à haute tension doivent être doubles, c'est à dire qu'il faut qu'elles interrompent à la fois les deux conducteurs de chaque circuit, afin de ne pas laisser persister dans l'un d'eux une tension qui peut être dangereuse.
750. — Station de Sardinia Street , à Londres. — Les principes de la distribution Wesiinghouse ont été appliqués à la station électrique de Sardinia Street , située dans un des quartiers riches de Londres (*), et au sujet de laquelle nous donnerons quelques détails en raison du soin qui a été apporté par les ingénieurs de la Metropolitan Electric Light C*^ dans l'étude de cette usine.
Les moteurs à vapeur sont établis au rez-de-chaussée sur des fondations en maçonnerie reposant sur une couche de feutre recouverte de plomb et appuyant élle-môme sur un massif de béton. L'ensemble de ces fondations est isolé dans une excavation à parois maçonnées, de 4 m de profondeur. On évite, par ce moyen, que les trépidations des machines ne se communiquent aux habitations voisines. En outre, les murs de l'usine sont doubles afin d'emp«}cher la propagation des bruits de celle ci. Les dynamos sont situées au premier étage et attaquées par des courroies traversant le plancher.
Dix moteurs compound du système Westinghouse, produisant 25o chevaux à 200 tours par minute, commandent chacun un alternateur. Trois excitatrices à courant continu sont attaquées par des moteurs distincts.
Les chaudières se trouvent dans une halle latérale, située, de même que le magasin à charbon, en contrebas de la rue, afin de pouvoir vider le combustible par des soupiraux ouvrant à la rue.
Sur un des côtés de la salle des dynamos se trouve un immense tableau de distribution, de 18 m de longueur et 4 m de hauteur, permettant d'effectuer les combinaisons suivantes entre les 3 excitatrices, les 10. alternateurs et les 20 feeders transportant l'énergie électrique de l'usine à 20 groupes distincts de transformateurs éparpillés dans le district desservi par l'usine.
(*) Fleming, Electrician, 24 octobre 1890.
USINES ÉLECTRIQUES. 5oi
1° Une des excitatrices doit pouvoir être reliée à un groupe quelconque d'alternateurs.
2^ Il faut qu'un feeder ou un faisceau de feeders puisse s'embrancher avec un alternateur quelconque ou, exceptionnellement, avec un groupe d'alternateurs associés en quantité.
3® Un alternateur de réserve doit pouvoir remplacer rapidement une machine défectueuse.
Le tableau est formé de panneaux en ardoise emboîtés dans une charpente métallique. Il est suffisamment écarté du mur pour qu'un ouvrier puisse faire aisément les connexions à J'arriére entre les conducteurs et les appareils de commutation.
A chaque feeder correspond un panneau à la tête duquel se trouvent un ampèremètre, un voltmètre marquant la tension au départ et un autre voltmètre permettant d'estimer la tension aux récepteurs, grâce à la disposition différentielle déjà décrite. Chaque panneau porte également des résistances artificielles servant à régler séparément le voltage utile de chaque feeder, lorsqu'un môme alternateur alimente plusieurs circuits.
Le voltage d'un faisceau de feeders peut être relevé ou abaissé par rintroduciion de résistances dans le circuit dérivé d'une des excitatrices.
Le commutateur des excitatrices est situé au centre du tableau, en un point d'où l'on domine l'ensemble des dynamos.
\ VVt'YV / Fig. 5 ()•;).
Les cercles marqués de i à lo figurent les inducteurs des alternateurs qui, à l'aide de clefs d'interruption, peuvent être intercalés en dérivation par rapport à un des couples de conducteurs entre lesquels sont branchés les trois excitatrices A, B, C. Trois clefs doubles X, Y, Z permettent de fermer les triangles formés par les conducteurs. En manœuvrant les clefs des alternateurs et les trois doubles clefs, on peut former un grand nombre de combinaisons entre les excitatrices et les alternateurs.
Au panneau correspondant à un feeder se trouve un commutateur à Taide duquel il est possible de relier cette artère à un alternateur ou à un groupe d'alternateurs, en même temps que de substituer rapidement.un alternateur à un autre. La fig. Siomontre le principe de la disposition appliquée au cas de 3 alternateurs n» i, n*» 2 et n*' 3. Ceux-ci communiquent par des conducteurs i, 2, 3, i', 2', 3' avec des blocs de laiton a^ fr, c, a\ h\ c' disposés entre deux rangées de barres h, g^ h\ ^ , Des chevilles métalliques permettent de relier les blocs aux barres. Ces dernières sont raccordées, d'autre part, à un commutateur central qui a pour organe principal un levier double dont les branches communiquent avec les deux conducteurs 4, 4 constituant le feeder. Si Ton pousse le double levier vers le haut , on voit qu'on peut faire communiquer F, F' avec G, G'. Si le levier est poussé vers le bas, c'est avec H, H' que la liaison s'établit. Enfin, dans une position intermédiaire, le levier relie F, F' à la fois avec G, G' et avec H, H'. Cela compris, pour connecter Taliernateur n^ i avec le feeder , on mettra des chevilles entre les blocs ^, a* et les barres g^ g' et l'on relèvera la double clef.
Fig. 5 10.
Pendant ce temps, on fera tourner une dynanjo de secours n^ 3, par exemple , à vide et à faible vitesse et l'on insérera des chevilles entre c, d et /2, h\ Si l'alternateur n^ 1 vient à manquer, Tagent préposé à la manœuvre du commutateur demandera au conducteur des machines de donner au n^ 3 une allure normale. Il suffira alors d'abaisser brusquement le double levier pour opérer la transpo sition sans qu'on aperçoive d'oscillation du courant dans le feeder. On pourrait associer le n° i et le n«> 2 en quantité, après les avoir réglés à l'aide d'un synchroniseur de phases , en plaçant des chevilles entre t, V et g-, ^ ,