‹ Leçons sur l'électricité professées à l'Institut électrotechnique Montefiore annexé à l'Université de LiégeChapitre 78 sur 99 · SI · texte numérisé non relu

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tation continue des transformateurs placés chez les abonnés, la dépense d'énergie mécanique est notablement' plus grande avec les courants alternatifs. A Newcastle, où le charbon ne coûte que 7,25 fr. la tonne, les 9,54 kg de charbon dépensés par kilowattheure ne représentent que i5 pour 100 du prix de vente, tandis qu'à Londres, {^Metropolitan C®, avec 9,1 kg de charbon dépensés, grève de 36,37 pour 100 son prix de revient, ce qui la conduit à ne réaliser aucun bénéfice, même en supprimant tout amortissement. Ce fait lient à ce que le charbon sec coûte 27 fr. la tonne à Londres.

Les systèmes à courant continu de basse tension, avec petite réserve d'accumulateurs, donnent en Angleterre des résultats avantageux lorsque le combustible est cher, même quand la clientèle n'est pas très compacte. Les systèmes utilisant une grande quantité d'éléments secondaires (Chelsea) conduisent à des résultats moins favorables.

D'après M. Robinson, on peut évaluer approximativement le coût d'une distribution électrique à 62 5oofr. -|- i 2 5ofr. par kilowatt.

759. — Prix de revient de l'éclairage électrique industriel. — Le

prix de l'éclairage électrique varie avec la nature du moteur employé, le nombre total de lampes placées et la durée moyenne d'allumage des foyers.

Dans les usines où l'on dispose souvent d'un surcroît de force motrice, le prix deTénergie mécanique ne monte guère qu'à 5 centimes le cheval-heure. Mais lorsqu'un moteur spécial doit être installé dans une habitation privée, le prix du cheval peut atteindre loà 3o centimes par heure, selon l'importance du moteur et la durée du fonctionnement. Les moteurs à gaz livrent le chevalheure à fr. o,25, si le gaz coûte fr. 0,10 le mètre cube.

Les renseignements publiés par les compagnies de chemins de fer peuvent servir de base pour l'établissement du coût de l'éclairage industriel. Suivant les données statistiques contenues dans le rapport dressé par MM. E. Sartiaux et Weissenbruch pour le Congrès des chemins de fer de 1889, le prix de l'éclairage, rapporté au kilowatt-heure^ revient, tous frais généraux et d'entretien des installations et des lampes compris, dans les installations de gare les plus récentes ,

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I 5oo

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COÛT DE lV-CLAIRAGE ÊLFXTRIQUE. 525

à i,20 fr. pour 5oo heures d'éclairage par an

Ces prix sont basés sur les résultats obtenus dans des installations comprenant de 34 à 70 lampes à arc et de 3o à 940 lampes à incandescence. Fait curieux, le prix de 0,34 fr. pour 4 000 heures d'éclairage concorde à peu près exactement avec les données moyennes déduites par M. Raymond des résultats de l'éclairage public de 336 localités des États-Unis.

Les rapporteurs ont trouvé que le prix de revient de l'éclairage par incandescence est inférieur à celui de l'éclairage au gaz, ce dernier étant compté à 18 centimes le m^, lorsque la durée de l'allumage dépasse 3 2 5o heures par an. Quant à l'éclairage par arcs, il faudrait, à partir de 2 000 heures d'éclairage par an, que le gaz fut à 7 centimes le m^ pour entrer en lutte avec l'électricité, même en employant les becs intensifs les plus perfectionnés. Pour 3 000 heures, le prix du m^ devrait être inférieur à 5 centimes.

Ces résultats économiques, joints aux grands avantages que procure l'éclairage par les foyers puissants dans les gares, § 752, ont engagé la plupart des compagnies de chemins de fer à généraliser l'emploi de la lumière électrique.

On a admis, dans les conclusions précédentes, que le bec de gaz dont l'intensité est comparable à celle d'une lampe à incandescence de 16 bougies ne dépense que i5o litres par heure, ce qiii est une hypothèse très favorable au gaz, au dire des rapporteurs. Les lampes Wenham donnant 170 bougies décimales dépensent 720 litres, celles de i 450 bougies, 4 5oo litres. Les foyers à arc d'intensités correspondantes absorbent respectivement 157 et 750 watts.

Dans les trois hypothèses , un mètre cube de gaz équivaut, au point de vue de la production de la lumière, respectivement à 3oo, à 2 1 8 et à 1 66 watts.

Les becs Auer, dont la consommation est très réduite, ont dans ces derniers temps modifié le terme de la comparaison , mais d'un autre côté, la réduction du prix des lampes à incandescence a

permis d'abaisser la puissance consommée par celles-ci à 2,5 et même 2 wats par bougie.

D'après M. Wybauw, ingénieur de la ville de Bruxelles, qui possède une grande expérience dans les questions d'éclairage, les lampes à bec circulaire consomment pratiquement 190 litres de gaz pour un bec de 16 bougies. On obtient dans les laboratoires des rendements plus avantageux en réglant soigneusement la pression au bec , mais , dans la pratique journalière , il est impossible d'obtenir ces soins. Les lampes perfectionnées, telles que le système à double couronne, ne se répandent pas par suite de leur prix et de l'entretien plus soigné qu'elles ej^igcnt. Au contraire, dans beaucoup de cas , on recourt aux becs fendus sans cheminée dont la consommation horaire atteint 20 litres par bougie.

M. Fontaine, également très expert en matière d'éclairage, estime à 200 litres la dépense moyenne de gaz pour la production d'une flamme de 16 bougies décimales au moyen des becs usuels.

D'après des expériences effectuées par MM. Rousseau et Van VIoten sur les becs de gaz employés au Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, voici les consommations moyennes de gaz des différents brûleurs, pour une lumière équivalente à 16 bougies décimales :

bec papillon en fer 368 litres

bec papillon en stéatite 325 —

bec rond en stéatite à 1 2 trous 262 —

bec rond en stéatite à 42 trous 188 —

760. — Tarifs de Ténergie électrique fournie par les usines urbaines. Comparaison avec les autres illuminants. — Les systèmes de tarification adoptés par les stations centrales sont variables ; ils peuvent se diviser en deux principaux : abonnement à forfait et abonnement au compteur.

Dans certaines villes, les usines centrales ne fonctionnent pas d^une manière continue ; les machines ne tournent que de la tombée de la nuit à minuit, par exemple. Dans ce cas, les contrats entre la société de distribution et les abonnés portent souvent une redevance fixe par lampe et par an.

Ce système à forfait est tout indiqué lorsque les sociétés

COÛT DE l'Éclairage électrique. 527

électriques entreprennent Téclairage des rues, car alors la durée d'allumage des lampes est invariable.

Dans les villes où Ton exige que les distributions fonctionnent nuit et jour, on règle presque partout les taxes des abonnés suivant les indications de compteurs donnés en location comme les compteurs à gaz ou à eau.

Le prix de l'énergie électrique fournie varie avec celui du combustible, à moins qu'on n'utilise une chute d'eau. A Londres, le prix de vente du kilowatt-heure est, en moyenne, de 0,80 fr. A Newcasile, en plein bassin houiller, le prix descend jusque 0,46 fr. Sur le continent , le prix moyen paraît voisin de i fr., par suite du coût plus élevé du combustible et des redevances payées aux municipalités par les compagnies d'éclairage. Partout on prévoit des réductions de tarif allant jusque 5o pour cent , lorsque la durée d'allumage des lampes suit une progression croissante. Par contre , lorsqu'un abonné possède des lampes qu'il allume rarement et qui peuvent, à un moment donné, provoquer un accroissement de demande d'énergie auquel l'usine doit faire face par des machines de réserve, il est juste d'exiger une majoration de tarif. On peut, par exemple, frapper chaque lampe d'un droit fixe annuel ou imposer un minimum de consommation par foyer.

L'énergie électrique utilisée dans les moteurs est dégrevée en vue de favoriser la production des usines pendant le jour..

Etant donné le prix de l'énergie électrique, il est facile d'évaluer le coût de l'éclairage par heure.

Cas d'une lampe à incandescence de 16 bougies^ consommant Sa watts^ le tarif étant de 0^80 fr. le kilowatt-heure et la durée de la lampe de I 000 heures.

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