‹ Leçons sur l'électricité professées à l'Institut électrotechnique Montefiore annexé à l'Université de LiégeChapitre 84 sur 99 · POTENTIEL AUX ÉLECTRODES · texte numérisé non relu

POTENTIEL AUX ÉLECTRODES

Sulfate de cuivre ....

Cyanure de cuivre . . .

Cyanure d'argent ....

Cyanure d'or

Sulfate double de nickel et

d'ammonium

M. Minet admet, comme règle générale, que la densité de courant doit être proportionnelle au rapport de l'équivalent électrochimique à la densité de l'élément électropositif déposé. Le meilleur dépôt de cuivre correspondant à une surface de cathode d'environ i dm^ par ampère, la surface de cathode sera, par unité de courant, de o,63 dm* pour le nickel, de 0,67 dm* pour le fer, de 1,27 dm* pour le zinc, de i,3 dm* pour le platine, de 1,44 dm* pour l'or et de 2,9 dm* pour l'argent. Cette règle peut fournir une première indication , mais elle a l'inconvénient de faire abstraction de la diffusibilité du sel électrolyse.

GALVANOPLASTIE.

773. — But. — La galvanoplastie, découverte par Jacobi, a pour Oihjet la reproduction de modèles par un dépôt métallique effectué

GALVANOPLASTIE. 579

dans un moule pris sur Tobjet à reproduire. Le moule forme la cathode dans une dissolution du métal à déposer ; Tanode est le plus souvent une plaque de ce même métal. Dans ce cas, l'opération se réduit à un transport d'une électrode à Tautre et la dépense d'énergie électrique est minime.

La galvanoplastie rend de grands services à Tart industriel en permettant d'obtenir des reproductions en cuivre d'œuvres d'art. L'opération se faisant à froid , les contours des objets sont rendus avec beaucoup plus de fidélité que dans les procédés de moulage par fusion.

Au nombre des applications les plus répandues, il faut citer Yélectrotypie qui permet d'obtenir des planches de cuivre d'après les gravures sur bois. Ce procédé, à l'aide duquel une planche gravée peut se tirer à un nombre d'exemplaires considérable , a beaucoup diminué le prix des ouvrages illustrés ayant un grand tirage.

774« — Moules. — Les moules sont parfois formés au moyen d'alliages Darcet , dans lesquels l'empreinte de l'objet à mouler se fait à chaud (5o à ioo<>), ou bien de matières plastiques, telles que le plâtre, la cire, la stéarine^ la gélatine ; mais le plus souvent on fait usage de gutta-percha ramollie dans l'eau chaude et appliquée par compression sur le modèle. On peut aussi fondre la matière et la couler après y avoir introduit une substance qui abaisse son point de fusion.

A part les alliages métalliques, les substances que nous venons d'énumérer sont isolantes. On les rend conductrices en les recouvrant de plombagine à la brosse.

Lorsque les pièces présentent des détails très délicats, on provoque un précipité conducteur de sulfure d'argent à la surface du moule, en plaçant ce dernier dans une solution de nitrate d'argent traversée par un courant d'hydrogène sulfuré.

Pour reproduire les objets en ronde bosse, tels que statues, bas-reliefs, etc., on forme le moule en plusieurs parties qu'on assemble emr'elles.

775. — Conduite des opérations. — Le moule préparé est placé dans le bain électrolyiique , que nous supposerons formé d'une

5 8o ÉLECTROMÉTALLURGIE

solution de sulfate de cuivre, en vue d'un dépôt de cuivre. Diverses conditions sont à remplir pour obtenir un bon dépôt solide, d'épaisseur uniforme et moulant exactement tous les détails.

La solution, acidulée au dixième d'acide sulfurique, est chargée de sulfate de cuivre à saturation. On y ajoute souvent delà gélatine en très petite quantité, afin d'accroître la dureté et la ténacité du dépôt , qui atteint une densité de 8,9 supérieure à celle du cuivre fondu.

Le moule et Tanode formée de cuivre ou d'un métal insoluble doivent être convenablement disposés relativement l'un à l'autre. Lorsque les écartements présentent des différences trop grandes, les parties de la surface à métalliser les plus rapprochées de l'anode se recouvrent d'un dépôt abondant , d'aspect grenu, tandis que les parties les plus éloignées ne présentent qu'une mince couche de métal. On empêche cet effet de se produire en plaçant les anodes à une distance suffisamment grande des saillies du moule et en changeant de temps à autre la position des pièces à recouvrir.

Pour la reproduction des objets en ronde bosse, des statues, par exemple, l'anode est constituée par un squelette métallique épousant aussi bien que possible la forme intérieure du moule , sans cependant venir en contact avec lui. On ne peut, dans ces conditions, faire usage d'anodes solubles qu'il serait impossible de renouveler. Les carcasses primitivement employées par Lenoir étaient confec* tionnées au moyen de fils de platine. Elles donnaient lieu à une dépense notable, à cause du capital considérable immobilisé pendant l'opération qui dure des semaines, et parce qu'il n'est pas toujours possible de retirer toutes les parties de la carcasse hors des pièces moulées. Planté a eu l'idée de construire les squelettes en feuilles de plomb, et c'est à cette occasion qu'il a constaté la force électromotrice de polarisation considérable causée par l'anode^ ce qui a conduit à la découverte de l'accumulateur.

Le squelette étant fixé à l'intérieur du moule , celui-ci est placé dans le bain après avoir été percé de quelques trous , afin de permettre la circulation du liquide. Celle-ci peut être favorisée par l'agitation, de manière à renouveler plus rapidement la solution au contact des électrodes , au fur et à mesure de l'appauvrissement. Des cristaux de sulfate de cuivre sont suspendus dans le bain, dans des récipients percés de trous.

GALVANOPLASTIE . 5 8 1

On a fait remarquer précédemment Tinfluence de la densité du courant sur la nature des dépôts. Dans les opérations de la galvano* plastie, il convient d'employer au début de l'opération une densité très faible, o,3 ampère par décimètre carré de surface de cathode, afin que le dépôt reproduise fidèlement les détails du moule. Lorsque cette première couche est formée, il n'y a aucun inconvénient à faire croître progressivement le courant de manière à diminuer la durée de l'opération. Quand le dépôt a acquis une épaisseur suffisante, on le retire du bain. Pour consolider la coquille galvanique, on coule un métal très fusible, tel que du laiton, à l'intérieur. Afin d'améliorer l'aspect de la surface extérieure, on dépose sur celle-ci une pellicule électrolytique d'étain. Par Taction d'un feu de moufle sur l'objet on obtient alors une couche superficielle de bronze.

Dans la confection des clichés électrotypiques et des objets analogues, le dépôt peut être de peu d'épaisseur. On le consolide en coulant sur la face postérieure une doublure de métal plus fusible que le cuivre, tel que l'alliage des caractères d'imprimerie.

776. — Appareils. — Jacobi a découvert la galvanoplastie en remarquant que le dépôt de cuivre dont se couvre la cathode de la pile Daniell moule exactement cette électrode. Il en résulte que, pendant longtemps, on a employé, pour cette opération, de grandes piles au sulfate de cuivre dont les moules à garnir formaient le pôle positif. Ces moules baignaient dans une solution de sulfate de cuivre entretenue à saturation par des cristaux de ce sel. Au milieu de la solution, on plaçait des vases poreux contenant de l'eau acidulée d'acide sulfurique et des lames de zinc amalgamé. Il suffisait de réunir celles-ci avec les extrémités libres des fils servant à suspendre les moules pour produire le courant et, par suite, le dépôt.

Aujourd'hui, les galvanoplastes se servent de piles spéciales, de couples thermo-électriques ou de dynamos, à moins qu'une distribution d'électricité ne leur permette de se passer complètement de générateurs et de n'employer que des accumulateurs destinés à être chargés en série et déchargés sous la tension voulue pour le succès de l'opération électrolytique.

On peut se rendre compte de l'économie réalisée par la dynamo sur la pile par ce fait, reconnu à la maison Christofle et C»« : avec la

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pile , la production de la quantité d'électricité nécessaire au dépôt de I kg d'argent coûtait fr. 3,8/ ; avec la machine Gramme, cette dépense se réduit à fr. 0,94.

Les bains reliés à une machine peuvent être groupés en série ou en dérivation. Le second procédé a l'avantage de rendre les bains indépendants , mais comme les courants employés sont souvent très intenses, on est conduit à des conducteurs coûtent et difficiles à manier.

Dans les procédés par anodes solubles , il y a avantage à combiner les deux dispositions et à placer en série des groupes de bains en dérivation. Le calcul suivant montre l'avantage de cet arrangement. Supposons , pour plus de simplicité, que la force électromotrice de polarisation soit négligeable, et appelons r la résistance intérieure de chaque bain, i l'intensité du courant fourni par la source. Pour un seul bain , le dépôt par seconde est ki , k

étant l'équivalent électrochimique du cuivre ; la puissance dépensée

ki k est 1^ r et le rendement -:,— = -^»

rr tr

Si, au lieu d'un bain , on en met quatre identiques , par deux en dérivation, la résistance combinée reste la même, ainsi que la puissance dépensée. Dans chacun des bains, le dépôt n'est que moitié du dépôt primitif, mais, comme il y a quatre bains, le dépôt total est 2kiy c'est à dire que le rendement est doublé. Si l'on associe neuf bains^ par trois en dérivation , le rendement est triplé, et ainsi de suite.

Ce fait ne présente aucune contradiction avec le principe de la conservation de l'énergie, parce que le transport de cuivre d'anode à cathode, s'opérant horizontalement, ne demande aucune dépense de travail. Le résultat obtenu 4ient à ce que le dépôt est proportionnel au courant et la perte par effet Joule au carré de celui-ci. Il y a donc avantage à employer des densités faibles en vue de réduire la perte relative. On remarquera toutefois que le capital immobilisé augmente avec le nombre des bains.

FORMATION DE DÉPÔTS MÉTALLIQUES

777. — Dans les opérations électrolytiques comprises sous cette dénomination, la cathode, formée d'un objet de métal commun oa

FORMATION DE DÉPÔTS MÉTALLIQUES. 583

d^une substance peu résistante , telle que le plâtre , est recouverte d'un dépôt métallique destiné à la soustraire aux agents atmosphé* riques ou à lui donner un aspect décoratif. On fait grand usage des dépôts de métaux inoxydables en vue de préserver les métaux communs contre Faction des agents atmosphériques.

Les traitements que nous considérons sont souvent confondus avec ceux qui précèdent sous le nom de galvanoplastie.

Il est indispensable, pour assurer le succès du dépôt, que la surface à recouvrir ait une conductibilité bien uniforme. Pour cela, elle doit être parfaitement nette, exempte d'oxydes ou d'enduits gras tels que celui que laisse le contact des doigts.

Les oxydes s'enlèvent par un bain de décapage, composé d'une solution sulfurique au dixième pour le fer et ses dérivés et d'une solution nitrique faible pour le cuivre et ses alliages. Les dépôts gras s'éliminent dans un bain de dégraissage contenant une lessive alcaline. Pour des objets récemment fabriqués, on se contente souvent d'un polissage à la brosse mécanique chargée d'émeri suivi d'un bain de dégraissage au carbonate de soude et d'un rinçage à l'eau claire ; après quoi Ton a soin de ne plus toucher les objets avec les doigts.

Les observations faites au sujet de la galvanoplastie, en ce qui concerne la disposition des électrodes, des bains et la conduite des opérations, s'appliquent aux dépôts métalliques.

778. — Argenture. — L'industrie de l'argenture galvanique a pris un développement considérable. Suivant M. Bouilhet, le poids d'argent déposé annuellement par l'électrolyse dans le monde entier serait de i25 tonnes, représentant une valeur d'environ 2 5 millions de francs.

Après dégraissage, décapage, nettoyage et lavage, des objets de cuivre ou de laiton à argenter sont placés dans des bains Contenant des anodes solubles en argent. Les bains connus sous le nom de bains de Ruolz contiennent un cyanure double de potassium et d'argent qu'on peut obtenir en précipitant le nitrate d'argent par du cyanure de potassium et en ajoutant un excès de ce dernier de manière à arriver à une redissolution du précipité et à une réaction alcaline. Le bain doit contenir environ 3o gr. d'argent par litre ; la surface des anodes est égale à celle des objets

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à recouvrir et le courant d'électrolyse a une densité d'un tiers d'ampère par décimètre carré.

On juge de l'épaisseur du dépôt par la quantité d'électricité utilisée dans le bain ou par une pesée.

Au sortir du bain, les pièces sont soumises au frottement d'une brosse mécanique circulaire , puis le polissage s'achève au moyen de brunissoirs en acier. On donne parfois au métal la couleur du vieil argent en passant sur la surface un pinceau humecté de sulfhydrate ammonîque plus ou moins étendu, suivant la teinte cherchée.

779. — Dorure. — On emploie pour la dorure comme pour l'argenture des bains de cyanure double renfermant moins de 2 grammes d'or par litre. La densité du courant ne doit pas dépasser 0,8 ampère par décimètre carré de surface de cathode.

Parfois, pour les petits objets , on opère à la température de 70® à 8o<> C en se servant d'anodes insolubles en platine. La couleur du dépôt peut être variée du jaune pâle au rouge en faisant croître la densité du courant. On obtient des dépôts d'or vert ou d'or rouge en employant comme annodes des alliages d'or et d'argent ou d'or et de cuivre.

780. — Cuivrage. — Le cuivrage s'emploie pour donner un aspect artistique aux objets en fer, fonte, plâtre, zinc, plomb, et pour soustraire les premiers à l'action des agents atmosphériques.

On cuivre également les objets en fer qui doivent être dorés ou argentés, parce que le fer décompose les bains d'argenture et de dorure.

Le bain de cuivrage varie avec la matière des objets à recouvrir ; on emploie fréquemment le cyanure double de potassium et de cuivre. M. Gaudoin recommande, pour le cuivrage du fer, une solution d'oxalate double de cuivre et d'ammoniaque avec excès d'acide oxalique et anode en cuivre. Lorsque le dépôt est commencé par ce procédé, on le termine dans un bain de sulfate de cuivre acide, beaucoup moins coûteux.

M. Oudry soustrait le fer à l'action de l'acide sulfurîque contenu dans le bain de sulfate, en revêtant les objets d'une peinture au minium ou d'un vernis, la surface étant rendue conductrice par de la plombagine. On opère ensuite le dépôt dans un bain de sulfate de cuivre.

FORMATIONS DE DÉPÔTS MÉTALLIQUES. 585

781. — Nickelage. — Le nickelage, qui donne aux objets usuels un aspect agréable et une grande inaltérabilité , et qui a pris pour ces raisons beaucoup d^extension , s'obtient au moyen d'anodes en nickel pur et d'un bain de sulfate double de nickel et d'ammoniaque, marquant une densité de i,o6 environ. Il est nécessaire de maintenir la neutralité du bain, dont on s'assure par de fréquents essais au papier de tournesol. On chauffe généralement le bain vers 400 C. Les pièces de zinc ne peuvent être nickelées qu'après avoir été cuivrées ou encore après avoir été amalgamées légèrement à la surface par immersion dans une solution mercurielle.

78a. — Cobaltage. — Le dépôt de cobalt a une teinte plus claire que celui de nickel. Il s'obtient, d'après M. S. Thompson, dans un bain composé de la manière suivante. On fait une solution au huitième de chlorure ou de sulfate de cobalt qu'on mélange à une solution au seizième de sulfate de magnésium. Le mélange est étendu de son volume d'eau et électrolysé avec une anode en cobalt.

783. — Platinage. — Pour obtenir un dépôt de platine, d'iridium ou de palladium, M. S. Thompson recommande un bain chauffé entre 60° et 90^ C et contenant 2 parties de chlorure du métal à déposer, 16 parties de borate sodique, 16 de carbonate sodique, 2 de sel ammoniaque et 1 5o d'eau. On ne peut entretenir la richesse du bain par une anode en platine, à cause de l'insolubilité de ce métal. Il en résulte que la liqueur s'appauvrit rapidement , ce qui rend le dépôt défectueux.

Pour remédier à ce défaut, M. Wahl a eu l'idée d'utiliser la solubilité de l'hydrate de platine dans les alcalis et les acides (potasse, acide oxalique ou phosphorique] , en vue de maintenir constante la composition du bain. Celui-ci est, par exemple, formé de 5o gr. d'acide phosphorique sirupeux (d=: 1,7), de 12 à i5 gr. d'hydrate de platine et de i kg d'eau distillée. La dissolution est faite à ioo<> C. Des additions successives d'hydrate entretiennent la richesse de la liqueur. On se sert d'une anode en charbon ou en platine. Les objets en fer, en nickel ou en zinc doivent être cuivrés au préalable.

784. — Gravure et incrustation galvaniques. — Lorsque certaines parties des électrodes en cuivre d'un bain cuivrique sont enduites d'un vernis isolant, elles échappent à l'action de l'électrolyse qui,

586 électrométàllurgie.

dans les parties non vernies, creuse Panode et donne du relief aux cathodes.

On déduit de cette observation un moyen de graver, soit en creux, soit en relief. Ainsi, pour obtenir une planche en relief, il suffit de la recouvrir d'un vernis isolant, de tracer le dessin voulu avec un burin et de mettre la planche dans un bain où elle sert de cathode. Une autre application est le damasquinage des métaux. Si Ton réunit une plaque de cuivre, gravée en creux par le procédé précédent et encore recouverte de Tenduit isolant , à la cathode d'un bain d'argenture, l'argent se dépose dans le creux et reproduit le dessin en incrustation.

RAFFINAGE DES METAUX

785. — Raffinage du cuivre. — Avant d'aborder la description du raffinage des métaux et du traitement électrolytique des minerais, opérations auxquelles on restreint souvent le nom d'électrométallurgie , rappelons sommairement les phases de la métalli^rgie ordinaire du cuivre , celui des métaux usuels auquel on a appliqué les méthodes d'électrolyse par voie humide avec le plus de succès.

Cette métallurgie consiste en une série de grillages au réverbère, ayant pour but l'oxydation des minerais et l'élimination des matières volatiles, surtout du soufre, suivis chacun d'une fusion par laquelle on élimine les scories en débarrassant le cuivre des métalloïdes et des métaux auxquelles il est allié. La teneur en cuivre va en augmentant avec le nombre des opérations, mais de plus en plus lentement ; ainsi, la première fusion peut élever la proportion de cuivre de 10 à 60 pour cent, tandis que le dernier raffinage n'enlève que quelques centièmes d'impuretés. Néanmoins , la consommation de combustible et le déchet en cuivre restant sensiblement les mêmes pour chaque fusion, il s'ensuit que le prix de revient du métal augmente rapidement avec le degré de pureté.

Le raffinage électrolytique a pour but de tirer du cuivre pur des cuivres bruts industriels.

Ceux-ci sont coulés en plaques et employés comme anodes d'un bain de sulfate cuivrlque dont la cathode est formée par une lame

RAFFINAGE DES MÉTAUX. SSj

mince de cuivre déjà affiné. Le métal est transporté d'une électrode à l'autre et les impuretés tombent sous forme de boues au fond de la cuve électrolytique ou restent en solution.

Par cette opération, on obtient un métal exceptionnellement pur, qui, à cause de sa grande conductibilité électrique, a une valeur beaucoup plus considérable que le cuivre ordinaire. De plus , on peut recueillir dans les boues les plus petites teneurs en métaux précieux des cuivres bruts.

Les cuivres bruts à raffiner ne contiennent généralement pas moins de 96 pour 100 de cuivre pur et les impuretés se composent de soufre, arsenic, antimoine, bismuth, platine, or, argent, étain, fer, cadmium, cobalt, zinc, aluminium, etc. Dans une solution acidulée de sulfate de cuivre, le zinc, le fer, le cadmium, le cobalt, ainsi que les métaux plus positifs se dissolvent directement pendant rèlectrolyse (^). L'antimoine, le bismuth, l'étain et la silice se dissolvent imparfaitement ; le carbone , l'or , le platine et le soufre sont insolubles et se précipitent complètement. La présence dû fer et du manganèse à l'anode donne lieu à des sels ferriques et manganiques qui se réduisent à l'état de protosels à la cathode en absorbant une partie de l'énergie du courant. Le fer ne se dépose que lorsque cette transformation est complète. C'est l'arsenic , l'antimoine et le bismuth qui , parmi les corps étrangers , se réduisent le plus facilement à la cathode, et il convient d'employer une densité de courant d'autant plus faible qu^ ces corps sont en proportion plus forte. Au bout d'un temps plus ou moins long , l'électrolyte se charge d'impuretés , au point de favoriser la réduction de celles-ci en vertu d'une action de masse, et il est nécessaire de renouveler la solution.

La force électromotrice de polarisation des bains étant faible , il y a avantage , ainsi qu'on l'a vu au § 776 , à réduire la densité de courant , en vue de diminuer la dépense de puissance motrice. Toutefois, à mesure qu'on diminue la densité de courant, on augmente le capital immobilisé en terrains , en matériel et en cuivre, pour une production donnée. Il y a donc une juste limite

(') GoRE, The electrolytic séparation of metals, Londres, 1890.

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à garder pour la densité , qui sera d'autant plus faible que la force motrice est plus chère et que les cuivres à raffiner sont plus chargés d'impuretés, particulièrement d'arsenic, d'antimoine et de bismuth. Dans les usines favorisées au point de vue de la force motrice et où l'on traite des anodes à 98 pour 1 00 de cuivre , exemptes des impuretés ci-dessus , la densité va jusque i ampère par dcm^ de cathode. Dans les cas extrêmes , on descend jusqu'au dixième de cette valeur. La dépense d'énergie varie dans les usines existantes entre 170 et 470 watts-heure par kilogramme de cuivre. La surface occupée oscille entre 0,6 et 3 m^ par tonne de cuivre raffiné annuellement.

La force électromotrice choisie aux générateurs sera suffisante pour que les dimentions des bains ne soient pas trop fortes et que les conducteurs soient maniables. On installe généralement 60 à 120 bains en tension pour une production de i tonne par 24 heures. Les dynamos sont enroulées en dérivation pour permettre le réglage du champ magnétique et pour éviter les renversements de pôles par une force contre-électromotride ; elles développent une tension de 0,3 à 0,5 volt par cuve de la série. Elles sont construites de manière à pouvoir fonctionner jour et nuit sans arrêt.

Les cuves sont en bois , garnies intérieurement de feuilles de plomb soudées au chalumeau d'hydrogène. Elles contiennent souvent 8 anodes coulées avec des saillies qui reposent sur les bords des cuves et 9 cathodes suspendues dans le liquide par des bandelettes de cuivre fixées à des tiges appuyant également sur les bords. Les anodes sont plus épaisses vers le haut où , comme on Ta vu, la corrosion est plus rapide. Elles ont chacune 10 à i5 kg, poids qui permet de les manier aisément.

La liqueur cuivrique acidulée à une densité variant de 1,12 à 1,19. Elle doit être chauffée, l'hiver, par des injections de vapeur à 20 ou 250 C. Une circulation de liquide est établie dans les bacs pour assurer l'homogénéité des bains. Dans ce but on dispose parfois les cuves en cascade , en établissant un écoulement entre les bains à Taide de syphons. Le liquide de la cuve inférieure est remonté au niveau du bain supérieur par un injecteur. On peut aussi syphonner indépendamment le liquide du fond de chaque bain, comme on le fait dans les piles, § 277; ce procédé amène une homo généité plus grande entre la composition des divers bains.

RAFFINAGE DES MÉTAUX, 5 89

Les électrodes sont surveillées afin d'éviter des courts-circuits provenant de fragments qui se détachent des anodes par une usure irrégulière de celles-ci. On a soin d'ailleurs de laisser au moins 5 cm entre les électrodes pour diminuer la fréquence de cet accident. Après un certain temps, on vide les bains pour remplacer la solution devenue impure et Ton recueille les boues qu'on sèche et dont on retire éventuellement Tor et l'argent par la coupellation.

Comme moyen d'épuration M. Thofehrn envoie dans le solution contenue dans le bassin inférieur de la cascade des bains un jet d'air qui précipite par oxydation une partie du fer et d'autres impuretés.

Suivant M. Gore, pour raffiner 3o tonnes de cuivre par semaine avec une densité de courant de i ampère par dcm' de cathode, il faut immobiliser 400 tonnes de cuivre, ce qui, à i 25o fr. la tonne, donne un capital de 5oo 000 fr. , auquel il faut ajouter 25o 000 fr. pour le matériel, les bâtiments, etc. Une telle installation occupe une vingtaine d'ouvriers et un chimiste : elle demande une force motrice de 200 chevaux environ. Le prix moyen du raffinage électrolytique est d'environ 0,10 fr. par kg de métal.

Parmi les premières usines qui ont appliqué le raffinage électro* lytique, la Nord-Deutsche Affinerie, de Hambourg, produit 2,5 tonnes par jour et recueille dans les résidus plus de i 000 kilogrammes d'or par an. Actuellement, les principales usines à cuivre font le raffinage par l'électricité.

786. — Procédé Elxnore. — M. Elmore utilise la précipitation électrolytique pour fabriquer directement des tubes de cuivre d'une qualité exceptionnelle et sans soudure longitudinale. Dans ce but, il emploie des cathodes cylindriques disposées entre des anodes planes et animées d'un mouvement de rotation. Des galets fixes en agathe appuient sur les cathodes , de manière à resserrer la texture du métal qui se dépose et à accroître sa ductibilité et sa ténacité. Comme électrode négative, M. Elmore fait usage de tubes en acier poli qu'on peut détacher du dépôt par différence de contraction dans l'eau froide. La première couche de dépôt est obtenue dans un bain de cyanure qui n'attaque pas la cathode. On continue l'opération dans un bain de sulfate de cuivre.

Les tubes fabriqués par ce procédé peuvent supporter, avant de

5 90 ' ÉLECTROMÉTALLURGIE.

se rompre, des charges de 5o kg par mm^, en présentant des allon* gementsde 7 pour 100.

On réalise des plaques de cuivre en fendant des tubes de grand diamètre , qu'on redresse. Les fils s'obtiennent en découpant les tubes suivant des hélices qu'on recuit et qu'on tréfile.

787. — Raffîoage du plomb. — M. Keith a proposé de raffiner les'plombs bruts dans une dissolution de sulfate de plomb dans l'acétate sodique. Ce raffinage n'accroît pas la valeur du métal, car on a vu que les métaux étrangers en petites proportions donnent au plomb une élasticité favorable dans beaucoup d*applications, § 534 î mais le traitement permet d'extraire les corps étrangers , tels que l'or, l'argent, l'antimoine et l'arsenic, qui restent dans les boues sous l'anode de plomb brut. Ces boues sont traitées au creuset avec du nitrate sodique et du borax. Le zinc et le fer mélangés au plomb brut restent en solution.

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