ART ROMAIN îI
Cependant on a trouve a Viilci, à Caeré, des vases de Nicosthénes. et cette trouvaille indi(.]ue qu'au v' siècle ce potier était aussi célèbre en Italie qu'en Grèce.
On trouve bien encore en Italie des vases de style attique du iv' siècle, caractérisés par le ton noir de la couverte, par les guirlandes de myrthes à feuilles aiguës et surtout par la pureté du gessin. Des vases de cette époque ont été trouvés à Noia et à Cumes; mais les formes s'alourdissaient, le décor se compliquait, et à répc>quc de la conquête de la Grèce, les céramistes
Fil., 174 Coupe d argent ii deux anses, ornée de branches d'olivier
exécutées a» repoussé. Trésor de Bosco-Rcalc. (Louvre.)
grecs ne pc>uvaient transmettre aux potiers romains les traditions qu'ils avaient eux-mêmes perdues.
La belle période de la ccraniique en Italie est celle qui cc^rrespond à la civilisation étrusque, dont les traditions se maintinrent durant les premiers siècles de la république romaine.
Les plus anciens vases étaient, suivant leurs dimensions, montes en u colombins » .c'est-à-dire façonnés à la main par anneaux de terre superposés, ou faits au tour. Ils étaient ornés de cannelures plus ou moins régulières, ou décorés en relief, sur cordons saillants de terre, par impression de cachets ou de cylindres. C'était un mode de décoration exécutable à peu de frais et qu'accuse la répétition, de deux en deux, ou de trois en trois, des mêmes motifs d'ornements ou d'animaux passants.
L'emploi d'ime terre noire et très Hne caractérise des poteries qui sont tournées à si faible épaisseur qu'elles semblent exécutées en métal. Elles sont remarquables aussi bien pour les formes déduites de la destination, que pour la qualité de la terre et la perfection de la technique.
Le décor en était réalisé très simplement, comme il convient pour des pièces tournées, soit pai dépressions régulières faites au pouce ou a l'aide d'un
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outil de bois sur cordelettes de terre saillantes, soit par traits incisés sur la panse ou sur le col. La forme des anses, celles des becs, évidcs en forme de trcfle, révèlent l'habileté manuelle des potiers.
Dès le III' siècle, on commença a abandonner la fabrication de ces vases de terre noire dits de « bucchçrç-nero ». qu'on a trouvés en grand nombre dans les tombes anciennes, et qiH.jônt parmi les ctuvres les plus intéressantes de la céramique antique. •■ "
La poterie qui jouissait sous l'erh'pfre d'une grande faveur en Italie, est la poterie fine de terre rouge vernissée, ^.on semble avoir d'abord fabriquée à Arezzo, et qui eut une telle vogue, qu'on; retrouve des spécimens de cette fabrication dans toutes les fouilles faites. j l'emplacement de villes rc>maines. soit en Italie, soit en Gaule.
Ce sont les terres cuites que l'on désignç'à.tort sous le nom de poteries sainiennes. Elles étaient fabriquées dans des'moules dont les reliefs sont si délicats qu'on a pu croire qu'ils étaient obtenus par surmoulage des vases de métal.
En résumé, l'art romain s'est montré au moins égal, et souvent supérieur aux arts de l'antiquité pour tout ce qui touche aux travaux utilitaires, et si la forme n'a que rarement la pureté qui caractérise toutes les œuvres de l'art grec, elle est en général bien appropriée à la destination de l'objet.
Les objets mobiliers manquent cependant de ce charme d'intimité qui rond si séduisants tous les menus objets découverts dans les tombeaux soit en Egypte, soit en Grèce. On sent que lart n'a pas de racines bien profondes dans ce pays d'administrateurs et de soldats. Sous l'empire, il n'est qu'un moyen de gouvernement, et c'est précisément par la qu'il est conduit à créer des ouvrages vraiment grandioses : amphithéâtres, théâtres, thermes, ponts ou aqueducs, dont quelques-uns, les thermes, par exemple, n'ont peut-être jamais eu plus d'intérêt que depuis qu'ils sont dépouillés de leur décor d'applique.
Peut-être, d'ailleurs, l'art roiii:iin. ou plutôt 1 art de 1 empire romain, est-il surtout intéressant à étudier dans les provinces telles que la Gaule, la Grèce ou l'Asie Mineure, où l'abondance de beaux matériaux calcaires, et surtout le maintien des traditions d'arts antérieurs, avaient fait c>bstaclc au goût italien pour les placages, goût explicable peut-être par la rareté des beaux matériaux lapidaires, et par l'emploi du marbre, qu'on ne pouvait guère utiliser qu'en revêtements pour des constructions aussi colossales que celles de la Rome impériale.
Particulièrement, dans la Gaule romaine, soit que 1 art grec n eut jamais cessé d'y exercer son inHuence, soit que le génie même de notre race sut transformer, en se les appropriant, les cléments d'art asiatique reçus par l'entremise des Rom.iins. le décor, ainsi qu'on le constate sur les sculptures
L'ART ROMAIN
ornementales, s'écartait peu à peu du type italien, et c'est par transitions insensibles, dont on peut suivre les traces sur les monuments, que l'art gréco-oriental se substituait à l'art gallo-romain.
La liberté artistique dont jouissaient les provinces lointaines, et notamment l'Asie occidentale, avait contribué a la formation de cet art qui, sous le nom d'art byzantin, fut, par excellence, l'art chrétien d'Orient, et qui se développa sur les rives du Bosphore, dans la ville de Constantin, au moment où disparut l'art de la Rome impériale sous l'assaut de ceux que les Romains appelaient les Barbares, et qui portaient en Occident les éléments d'une civilisation nouvelle.
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