MODIFICATIONS ANATOMIQUES DES TUBES NERVEUX
par. quelques granulations semblables à celles que donne ïa, myéline sous Tinfluence de Teau.
Dans la longueur du segment interannulaire, le tube nerveux a subi également des modifications importantes. Lies incisures de Schmidl, qui, à l'état normal, se montrent sous la forme de fines stries obliques, sont notablement élargies, et par conséquent beaucoup plus distinctes. A leur niveau, la myéline est écartée de la gaine deSchwann, de sorte que son contour dessine des festons concaves, audessus desquels la gaîne membraneuse trace une bordure rectiligne. Quelquefois même cette disposition est encore exagérée. Le protoplasma des incisures a subi sous l'influence de l'eau un gonflement plus considérable, de sorte que, refoulant d'une part la myéline et de l'autre la gaîne de Schwann, il forme à ce niveau autour de la fibre un véritable bourrelet. Ce bourrelet se traduit sur la coupe optique par une saillie de la gaîne de Schwann, au-dessous de laquelle la bordure de myéline est interrompue par un petit cercle incolore.
Dans les espaces clairs qui se trouvent de chaque côté de Télranglement, outre les granulations dont nous avons parlé, on observe fréquemment des vacuoles. Pour bien les reconnaître, il importe de ne pas ajouter de la glycérine. L'observation devra en être faite dans Teau, immédiatement après la dissociation que l'on aura pratiquée à la suite d'un séjour convenable du nerf dans l'acide osmique. Examinées ainsi, ces vacuoles, qui possèdent des dimensions variées, montrent nettement leurs caractères distinctifs; elles sont obscures quand on éloigne l'objectif, claires quand on le rapproche.
Lorsque Faction de l'eau est plus complète, le cylindreaxe éprouve des deux côtés de l'étranglement un gonflement notable.
268 ACTION DE L'EAU SUR UN NEllF DÉNUDÉ.
L'eau a donc pénélni dans le tube nerveux par Télranglement annulaire, en refoulant la myéline, à laquelle elle a peut-être emprunté quelques-unes de ses parties ; pins le cylindre-axe, se trouvant dans un milieu de plus en plus aqueux, s'est gonflé de manière à remplir tout l'espace que lui permettent d'occuper^ dans la partie d'où la myéline a été chassée, la gaîne deSchwannet le protoplasma qui la double.
Le nerf qui a baigné dans l'eau salée pendant une heure nous montre des modifications à peu près semblables, mais beaucoup plus nettes. Nous y constatons en outre un phénomène curieux que nous n'avons pas remarqué sur les nerfs traités par l'eau pure. A la période où le cylindre-axe commence seulement à se gonfler et où il existe encore autour de lui un espace clair, il présente des stries longitudinales très-nettes (fig. 5 et 4, PI. IV). Même plus tard, quand il s'est gonflé complètement, ces stries sont encore très-visibles, bien que plus distantes les unes des autres (fig. 5, PI. IV). Vous voyez que cette expérience présente de l'intérêt, non seulement au point de vue de Tanatomie pathologique, mais aussi au point de vue de Thislologio proprement dite, puisqu'elle permet de reconnaître, d'une faron parfaitement précise, la strialion lonjj'itudinaltMlu cylindre-axe.
Les modifications qne présentent les tubes nerveux sous riniluence de l'eau pure et sous celle de Teau salée sont donc à peu près les mêmes. Comment se fait-il qu'avec des altérations en apparence semblables les propriétés du nerf aient été abolies dans un cas, tandis qu'elles étaient parfaitement conservées dans l'autre? Nous pouvons, à ce sujet, faire deux hypothèses : la première, c'est que l'eau salée, diffusant plus lentement dans le nerf, n'avait pas encore exercé son action sur tous les tubes nerveux, et (ju'il en restait par consé({uent intact un nombre suffisant pour conserver au nerf son excitabilité motrice. La seconde, c'est