Tbalhofer-Eiskmhofer, t. I
sertaines liturgies grecques. Ainsi la liturgie dite de saint Marc, immédiatement avant de congédier l'assistance, introduit une bénédiction prononcée par le célébrant sur le peuple, précédée d'une invitation adressée au peuple par le diacre et disant : « Inclinez vos têtes au Seigneur pour les bénédictions n ,V Humiliate capita çestra Deo qui précède chez nous l'oraison Siiper populum^
Les oraisons Super populum font toujours allusion au peuple qui assiste à la messe et sur lequel elles appellent la faveur de Dieu. Je citerai quelques exemples. :
Tueatur, Domine, dextera tua populum deprecantem, puriflcet, sustentet, erudiat, ut consolatione praesentl ad bona futura proflciat. Per.
Oranipotens et misericors Deus, qui beatum baptistam loannem tua provldentia destinasti ut perfectam plebem Ghristo Domino praepararet, da, quaesuraus, ut familia tua huius intercessione praeconis et a peccatis omnibus exuatur, et ad eum quem prophetavit perveniat. Per.
Super populum tuum, Domine, quaesumus, benedictio copiosa descendat, indulgentia veniat, consolatio tribuatur, fldes sancta succrescat, redemptio sempiterna firmetur. Per.
Gregem tuum, Pater bone, placatus intende, et per bealos apostolos perpétua protectione custodi, quostotius Ecclesiae praestitisti Filii tui vicarios esse pastores. Per s.
1. Brightuan, p. \*i. Autant dans la liturgie de saint Jacques, ibid. p< 66-67. Rien d'analogue dans celles de saintJean Chryaostome et de saint Basile.Les Benedicliones episcopales de la litursie i^llicane sont elles anssi précédées de l'invitation du diacre : Bumiliatelvos td benedictionem, formule donnée par l'Ordo de Ratoldus à» Corbie (P. L. t. LXXVni, p. 244).
2. L'oraison Tuealur est auLéonien, et dans une rédaction un peu différente au Gélasien et au Grégorien. L'oraison Omnipotens . est au Léonien et au Grégorien. L'oraison Super est au Léonien, au Gé^i lasien. L'oraisoa Gregem est au Léonien seul.
L'assemblée chrétienne n'est pas un spectacle dont on ait le droit de se retirer à sa guise : elle est une séance présidée par l'évêque, ouverte par lui, levée par lui. L'assistance est donc par lui congédiée en forme : Ite, missa est. TertuUien fait allusion à cette règle : « Post transacta sollemnia dimîssa plèbe.,. » [De anima, 9) :1e peuple est congédié. On disait à Rome des séances du sénat : Senatum mittere ou dimittere^. La formule lie missa est, et aussi bien la réponse Deo gratias de l'assistance, est donnée par les Ordines romani purs romains du VIII® siècle. Par sa latinité, par le sens qu'elle donne au mot missa, elle est antérieure au vt siècle.
Le diacre prononce Mite missa est, car il est de Toffice du diacre de donner à l'assistance les avis qui la concernent.
VOrdo romanus I (dans sa seconde partie qui est plus récente que la première et doit être de l'extrême fin du VIII' siècle) décrit la liturgie du carême et mentionne que, à la fin de la messe papale tant des dimanches que des fériés, le diacre dit Ite missa est Au XI® siècle, au contraire, la coutume substitue à Vite missa est le Benedicamus Domino dans toutes les messes qui n'ont pas de Gloria in excelsis .-cette règle est celle que donne Bernold de Constance dans son Micrologus. 11 suppose que, le Gloria in
1. MOMMSEN, Droit public romain, t. VII, p. 191. cf. Avit. Vienn. Epistul. 1 domno Gundobaldo régi : < ... in ecclesiis palatiisque sive praeioriis missa fieri pronuniiatur cum populus ab observatione dimitlitur ». Ce texte est des ea\irons de l'an 500. — Voyez plus haut, p. 167.
excelsis étant un chant de joie, Vite mîssa est l'est aussi, et donc doit être supprimé les temps de pénitence et de tristesse. Cette explication paraîtra fort arbitraire, encore qu'elle ait été acceptée par tous les liturgistes, car on ne voit pas en quoi dire : Bénissons le Seigneur, est plus triste que dire : Allez, on vous congédie. L'explication de Bernold suggère cependant que, le Gloria in excelsis ayant été réservé à la messe célébrée par l'évêque, il en a pu être de même de Vite missa est, qui implique une idée, non de tristesse, mais d'autorité : un simple prêtre, qui n'avait pas le droit de dire le Gloria in excelsis, remplaçait Vite missa est par le Benedicamus Domino qui est plus humble.
Nous avons dit ailleurs que ce qui suit aujourd'hui dans l'ordinaire, de la messe est, le Placeat une première addition, la bénédiction une seconde addition, l'évangile de saint Jean la dernière, et nous en avons dit l'origine tardive. Nous n'y reviendrons pas.
Ulte missa est pourrait être le dernier mot de la messe, le peuple répond cependant au diacre : Deo gratias, et on se sépare sur cette acclamation de reconnaissance.