‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 88 sur 97 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

ses prêtres. La préface, dite par le célébrant, est le sacrifice de louange, l'action de grâces à Dieu de la a redempta familia Christi » , comme s'exprime saint Augustin. Le prêtre la prononce au nom des assistants, mais après qu'il les .a conviés à s'unir à lui : « Gratins agamus domino Deo nostro ». Etquand il l'achève, il demande à la divine Majesté de permettre que ces mêmes assistants mêlent avec lui leurs voix aux voix des anges dans le ciel, « nostras voces ut admitti iubeas deprecamur y> . La préface, comme toutes les expressions antiques de la prière liturgique, est une prière collective, nostras çoces, elle est un appel à l'unité de tous dans une même contemplation, un même élan, une même affection, elle fait que prêtre et fidèles sont un seul cœur, « consiimmatiin unum » (Ioa. xvh, 23). Quel contresens que de s'isoler de cette unité !

La préface nous introduit dans le cénacle et avec elle commence la célébration de la cène, car le Sauveur à la cène, après avoir reçu le pain et le vin, a d'abord rendu grâces à Dieu, et à son exemple l'officiant rend grâces. L'offertoire n'était qu'une préparation : avec la préface, nous accomplissons le premier acte de la cène : Gratias egit.

Au début du xviii' siècle, il y eut en France une controverse bruyante et passionnée autour d'un nouveau missel publié par l'évêque de Meaux, qui proposait de revenir à l'usage de prononcer le canon

de la messe à haute voix ^ . 11 est incontestable que tel fut l'usage primitif, et le cardinal Rampolla a montré naguère que cet usage primitif est celui que connaissait encore au début du v^ siècle la très authentique romaine qu'était sainte Mélanie. L'Église en renonçant plus tard à cette observance des premiers siècles a posé une loi, de l'autorité qu'elle a sur sa discipline, sur sa liturgie, et jusque sur la forme des sacrements. Il n'appartiendrait qu'à elle d'amender la loi par elle posée, mais nous n'y voyons aucune opportunité.

On pourrait même souhaiter que, à la grand'messe, ■eé silence, qui s'observe assez bien pendant l'élévation, fût plus marqué, dans le reste du canon : les maîtres de chapelle ont pris l'habitude de développer le Sanctus hors de proportion. De grâce, qu'ils permettent aux fidèles de trouver le silence que les rubriques leur promettent ^ !

Aimez à vous unir aux prières que le célébrant prononce dans le secret et comme derrière le voile. Ayez présents à l'esprit les vivants et les morts que vous voulez recommander à Dieu. Au besoin; écrivez leurs noms sur les gardes de votr« Missel. Sainte Monique en mourant exprimait à son fils Augustin que ses funérailles et son tombeau étaient chose indifférente, et qu'elle désirait seulement qu'il prît soin de faire faire mémoire d'elle à l'autel

\. Voyez en appendice au tome IV du P. Lebrun sa Quinzième dissertation sur l'usage de réciter en silence une partie des prières 4e la messe dans toutes les Eglises et dans tous les siècles (172S). Bans le feu de la controverse, le P. Lebrun exagère.

s. Sonnerie au Sanetus, sonnerie à l'élévation, aucune autre sonnerie prescrite par les rubriques à la messe privée, encore l'usoge ée sonner à la messe privée ne remonte-t-il qu'au xvii» siècle.

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