‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 90 sur 97 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

de Dieu, cet autel qu'elle avait servi, et à la victime sainte duquel elle avait communié tous les jours de sa vie, « tantiimmodo memoriam sui ad altare tuum fieri desideravit, cui nullius diei pj^aetermissione servierat ». Augustin ajoute : « O mon Seigneur et mon Dieu, inspire à tes serviteurs mes frères, à tes fils mes maîtres, que je sers delà voix, du cœur, et aussi de ce que j'écris, inspire à tous ceux qui liront ces lignes de se souvenir à ton autel de Monique ta servante, et de Patricius qui fut son époux, à la chair de qui je dois d'être entré dans cette vie... Qu'ils se souviennent avec aiîection et religion de mon père et de ma mère, Meminerint ! » [Conf. IX, 36 et 37).

Le Mémento, soit des vivants, soit des morts, est un intermède dans la réitération de la cène. Nous arrivons au moment où, ayant rendu grâces à son Père, le Sauveur annonce le mystère de la foi nouvelle, en annonçant à ses apôtres sa mort et notre rédemption par cette mort. L'officiant redit les propres paroles du Christ : il annonce lui aussi la mort du Christ, et voici que par ses lèvres le Christ renouvelle l'oblation qu'il fit à son Père de son corps et de son sang immolés. Le Sauveur à la cène s'est offert déjà en sacrifice, et à la messe il s'offre encore : cette offi'ande qu'il renouvelle, dans le même temps que son corps et &on sang deviennent présents sous le symbole des apparences du pain et du vin, est

liée aux paroles de l'institution, comme à ces paroles est liée la transsubstantiation. Le mystère est donc double, mystère de la présence réelle et mystère du sacrifice renouvelé.

Le rite de l'élévation vous invite à adorer la présence réelle du corps et du sang" du Sauveur sur l'autel. Le célébrant vous en donne l'exemple, car il adore, « genuflexus adorât... f iterum adorât », comme lui prescrit la rubrique.

La dévotion du xiii* siècle a exprimé l'adoration

qui doit être la vôtre en quelques beaux chants, comme celui-ci :

Ave caro Christi cara, immolata cruels ara, pro redemptis hostia.

Morte tua nos amara

fac redemptos luce clara tecum frui gloria^ .

Vous vous appliquerez à contempler le sacrifice en même temps que le sacrement. La piété des fidèles est plus attirée par la présence que par le sacrifice : il convient de l'instruire qu'elle est ici au cœur de ce que saint Grégoire appelle le mystère de Jésus, et que Dieu lui demande un acte de foi plus profond que tous les autres.

L'usage de sonner la cloche au moment de l'élévation pour que, dans le voisinage et au loin, les fidèles puissent unir leur adoration à celle du prêtre

1. Bridgett et Thurston, p. 100-102. Une ordonnance de Louis }^II, en 1812, prescrit ao chapitre de Paris de chanter la strophe saluiezris hostia à l'élévation, entre Pleni sunt caeli et Benedictus qui venit.

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