‹ Leçons sur la pathologie comparée de l'inflammationChapitre 2 sur 10 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'esquisse d'une histoire naturelle de l'inflammation, que je présente au lecteur, n'a nullement la prétention d'être un traité complet de la pathologie du processus inflammatoire. Plusieurs points, comme par exemple l'étiologie de la suppuration, si étudiée dans ces derniers temps, ont été exclus à dessein, le but principal de ce livre étant d'établir un lien intime entre la pathologie et la biologie proprement dite.

De même qu'autrefois, en anatomie comparée, on ne visait que l'homme et les animaux supérieurs, en médecine on a fait abstraction jusqu'ici de tous les phénomènes pathologiques qui se passent chez les animaux inférieurs. Et pourtant l'étude de ces animaux, qui nous présentent des conditions bien plus simples et plus primitives que

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l'homme et les vertébrés, nous fournit pour ainsi dire la clef des phénomènes pathologiques compliqués qui intéressent surtoutla science médicale.

L'examen du processus inflammatoire à ce point de vue nous permet de nous faire une idée plus complète et plus sûre de l'essence même de ce phénomène. L'essai que je présente au lecteur ne renferme, il est vrai, que la partie théorique en question ; mais dans ce cas , comme dans tant d'autres, l'élargissement des connaissances théoriques a son retentissement naturel sur les applications pratiques.

Dans la théorie biologique de l'inflammation que je soutiens dans cette étude, il est souvent question de phagocytes. Je dois cependant prévenir le lecteur que la théorie des phagocytes n'est pas exposée tout entière dans cet ouvrage : beaucoup de points de cette théorie rentrent dans les chapitres sur l'immunité, la guérison et l'atrophie, chapitres que j'espère traiter bientôt séparément.

Sauf quelques petites modifications, ces leçons ont été publiées dans la forme qui leur a été donnée dans le cours fait en avril et en mai 1891 à l'Institut Pasteur. Il y a une seule exception à noter. Comme exemple de destruction des bacilles tuberculeux dans l'organisme, j'ai introduit dans la leçon X de ce livre les phénomènes de la résis-

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tance des cellules tuberculeuses de la gerbille, au lieu de citer le cas du spermophile, comme cela a été fait dans mon cours. Au lieu de répéter ce qui avait déjà été publié auparavant dans un article spécial, j'ai préféré en rapporter un exemple inédit.

En terminant cette préface j'exprime ma profonde reconnaissance à M. le professeur H. de Lacaze-Duthiers, quim'afourni un matériel précieux pour l'étude de l'inflammation des animaux inférieurs, ainsi qu'à mes collègues de l'Institut Pasteur, M. le professeur Duclaux et M. le docteur E. Roux, qui ont mis tant de patience pour m'aider dans la publication de cet ouvrage.

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