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PERFECTIONNEMENT DES APPAREILS

Il nous importe peu de savoir si les conlractions rhvthmiques de cet organe poussent le sang dans un système de vaisseaux sur le trajet desquels se trouvent, comme chez les mollusques, d'énormes dilatations, ou qui se divisent régulièrement en tubes cylindro-coniques de plus en plus déliés ; mais la situation de ce cœur par rapport à l'appareil respiratoire est plus intéressante pour nous. Or, tantôt ce cœur reçoit le sang qui a respiré pour l'envoyer aux organes, comme il arrive chez les Mollusques et les Crustacés ; tantôt il se trouve sur le trajet du sang qui revient des organes et s'en va à l'appareil respiratoire, et c'est le cas des Poissons, par exemple ; tantôt enfin il y a deux ou plusieurs cœurs, dont les uns reçoivent le sang qui a respiré, les autres le sang qui va respirer : c'est ce qu'on trouve chez les Mollusques céphalopodes où existent trois cœurs séparés, et chez les Vertébrés aériens où les deux cœurs sont intimement unis ou même en partie fusionnés.

4° Enfin, il y a avantage tout à fait évident à ce que des dispositions existent, qui soient propres à faciliter le renouvellement rapide du milieu oxygéné, sur la face interne de l'appareil respiratoire.

Les procédés doivent naturellement varier suivant qu'il s'agit de l'air libre ou de l'air dissout dans l'eau.

Dans ce dernier cas, le plus simple des procédés de renouvellement est à coup sûr constitué par les cils vibraliles qui hérissent les organes respiratoires de presque tous les animaux aquatiques. Nous les retrouverons même, fait intéressant, annexés à l'appareil respiratoire de beaucoup d'animaux aériens.

En outre de ce mode d'aération locale et limitée, on voit les organes de respiration aquatique tantôt s'agiter au sein du liquide d'un mouvement vague et irrégulier (ex. Anné-

lides), tantôt s'y mouvoir d'une manière rhythmique en présentant des alternatives d'expansion et de contraction (ex. Axolotls). La plus importante des conditions de perfectionnement est réalisée par le jeu d'organes accessoires, dirigeant un courant de sens plus ou moins nettement déterminé sur les parties propres à l'échange respiratoire ; c'est ce qu'on trouve à des degrés divers, dans les groupes des Mollusques acéphales , chez les Céphalopodes, chez les Crustacés décapodes, enfin chez les Poissons.

Cette élude rapide des conditions de perfection qui rendent les organes de plus en plus propres aux échanges respiratoires, m'a paru être de quelque utilité, ne fût-ce que pour nous éviter d'entrer dans des discussions assez oiseuses que vous trouverez soulevées dans beaucoup d'auteurs. La question de savoir à quel organe il convient d'attribuer, chez l'animal sujet du litige, la fonction respiratoire, est souvent débattue avec une insistance pour le moins inutile. Toute membrane animale étant susceptible de dissoudre l'oxygène et, par suite, de se laisser traverser par lui, il est évident que la surface extérieure du corps est, tout entière, une surface respiratoire, et que toute surface intérieure, comme le tube digestif, peut et doit être elle-même, si le milieu oxygéné s'y introduit, une surface respiratoire.

Nous ne nous demanderons donc pas si les tubes ambulacraires des Échinodermes, si le pied des Échinodermes et le manteau des Mollusques, si la peau des Reptiles ou des Poissons servent à la respiration, certain, comme nous le sommes, que, physiquement, cela ne peut pas ne pas être. Mais s'il est quelque lieu particulier du corps où l'amincissement et l'humidification de l'enveloppe, ou la multiplication des surfaces, la richesse de l'irrigation sanguine se trouvent

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portés à un plus haut point que partout ailleurs; si, de plus, quelque disposition anatomique y permet un renouvellement plus rapide du milieu oxygéné, reconnaissant que là sont réunies à un plus haut degré les conditions d'un énergique échange de gaz, nous attribuerons à ce lieu du corps l'expression spéciale d'appareil respiratoire.

Ce mot aura encore une autre raison d'être appliqué, dans certains cas; c'est ainsi que nous dirons que la peau est chez les Axolotls un organe respiratoire aquatique, non point parce qu'il s'y fait des échanges gazeux, car cela est manifeste, mais parce que les branchies et les poumons étant enlevés, les échanges cutanés suffisent à eux seuls pour entretenir la vie de l'animal; tandis que, malgré que ces échanges existent, la peau de l'Homme ne sera pas, à nos yeux, un appareil respiratoire, parce qu'elle est incapable de prolonger d'une seconde son existence, si le jeu du véritable appareil se trouve complètement empêché.

Ce que je dis de la peau des Mammifères doit se dire également de leur tube digestif, et, cependant, les échanges gazeux peuvent , sur celle vaste membrane, si riche en vaisseaux sanguins, être rendus artificiellement assez inlenses pour prolonger la vie, en l'absence de la respiration pulmonaire. Ainsi, de petits chats âgés de trois jours, dans le tube digeslif desquels je faisais passer, de l'estomac à l'anus , un courant d'air, à l'aide des boules insuffla- Irices de l'appareil Richardson, ont continué, la trachée liée, «à exécuter des mouvements respiratoires inutiles, bien entendu, pendant vingt et une minutes en moyenne ; tandis que d'autres animaux de la même portée, mais auquel on avaitsimplement lié la trachée, n'en ont exécuté que pendant treize minutes en moyenne. La prolongation, par suite delà respiration intestinale, a donc été de huit minutes, ce qui ne

fera pas dire que l'intestin soit un organe respiratoire.

Ces quelques remarques et ces définitions, qui peuvent sembler par trop évidentes aux personnes qui n'ont pas suivi de près des discussions fréquentes chez les zoologistes, nous seront en diverses occasions d'un véritable secours.

Nous allons, maintenant, nous occuper du jeu des appareils respiratoires dans la série animale.

Dans celte étude, nous subordonnerons d'abord l'énoncé des faits à la division physiologique des organes respiratoires en organes de respiration aquatique, et organes de respiration aérienne. Puis, dans chacune de ces sous-divisions, nous suivrons la marche zoologique, en partant des degrés inférieurs de la série.

Ce n'est pas qu'il y ait une limite non franchissable entre la respiration aérienne et la respiration aquatique ; au contraire, car les organes qui exécutent d'ordinaire celle-ci peuvent également servir à celle-là, bien que la réciproque ne soit pas vraie. Mais quelle classification n'a ses inconvénients? Les conditions habituelles de la vie de l'animal, le fait que tel appareil est capable d'entretenir sa vie, soit dans l'air , soit dans l'eau, nous détermineront sur la place à lui attribuer, au risque de quelques redites qu'il ne serait, du reste, guère possible d'éviter.

C'est une remarque générale, que je dois rappeler ici, que la plus grande partie des groupes du règne animal, et surtout des groupes inférieurs, vit de la vie, ou si l'on veut, de la respiration aquatique.

Sont aquatiques, en effet, tous les Infusoires, les Spongiaires, les Rayonnés, les Molluscoïdes et les Mollusques, sauf le petit ordre des Gastéropodes pulmonés, presque toutes les Annélides, presque tous les Crustacés^ quelques larves d'Insectes, tous les Poissons et , enfin, tous les Batraciens, la

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