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Cochon d'Inde. — 6. Hat

386 • PRESSION iNTRA-PULMONAlRË,

Je vais répéter devant vous cette expérience, en reprenant le petit Chien et la vaste cloche qui nous ont déjà servi. L'animal étant placé sous la cloche, vous voyez s'enregistrer régulièrement ses respirations. Mais, de temps à autre, l'animal s'impatiente; il se redresse sur ses pattes de derrière, autant que le lui permet l'enceinte étroite où il est enfermé, et semble faire effort pour s'échapper. Or, dans cette circonstance (voy. fig. 9(3, tracé n° 1), le levier de tl'enregis-

Fig. 96 (~). — 1. Graphique exprimant l'influence des efforts sur la pression intra-thoracique (Chien). — 2. Modifications de cette pression par

la respiration (Tortue).

treur s'élève soudainement, et reste à peu près immobile, à une grande hauteur au-dessus du niveau général des respirations; puis, le tracé habituel et régulier reparaît.

Ainsi, pendant l'effort, la fermeture de la glotte dont Jules Cloquet (1) a depuis longtemps prouvé l'existence, se fait sur un air dilaté par l'inspiration; je vais revenir dans un instant sur les conséquences importantes de ce fait inattendu.

Mais auparavant, voyons si les Reptiles, les seuls animaux que nous n'ayions pas mis en expérience, se comportent comme les autres Vertébrés aériens. Je place sous une petite cloche une Tortue grecque, et je la mets sur le dos, ce qui ^ je m'en suis assuré, la déterminera beaucoup plus vite à res-

'1) CXIVi

Conséquences dè ses modifications. 387

pirer. Elle respire, en effet, et le levier de l'enregistreur nous fournit un tracé (fig. 96, tracé n° 2) qui a d'incontestables rapports avec le graphique si singulier qui nous est aujourd'hui bien connu.

C'est donc un fait général, chez les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères, que pendant l'inspiration l'air du poumon est réellement dilaté, et qu'il est réellement comprimé pendant l'expiration.

Remarquons, avant d'indiquer les conséquences de ce fait, que nous avons trouvé là un nouveau moyen fort commode, d'enregistrer la respiration chez les animaux ; moyen qui pourrait être fort précieux, si l'on voulait mettre en expérience des animaux rares, ou très-farouches et dangereux à manier.

L'existence de cette diminution de pression, si peu considérable qu'elle soit, qui accompagne chaque mouvement inspiraloire, est d'une véritable importance pour l'explication des phénomènes respiratoires. Au point de vue d'abord de la ventilation pulmonaire, elle tend à attirer dans les grosses bronches l'air des alvéoles; caries grosses bronches ont un squelette solide, et ne peuvent être impressionnées par une aussi faible puissance. Et comme l'air des alvéoles est, ainsi que nous l'avons vu, très-impur, son renouvellement se trouve ainsi beaucoup mieux assuré.

Les échanges gazeux du sang et de l'air doivent être également favorisés. En effet, non-seulement le sang veineux est ralenti et maintenu au contact de l'air, mais l'acide carbonique qu'il contient en excès se trouve appelé au dehors par une force nouvelle* indépendante de celles sur lesquelles nous avons, dans une de nos premières leçons, longuement insisté. Il est très-probable, au contraire, que l'action sur

l'oxygène est infiniment plus faible, et doit être entièrement négligée.

Milne Edwards et Breschet (1), dans un travail déjà ancien (1826) et qui n'a pas eu tout le retentissement qu'il mérite, avaieut démontré que les substances volatiles introduites dans le sang s'échappent beaucoup plus facilement par la voie pulmonaire, pendant la respiration naturelle que pendant la respiration artificiellement entretenue, à l'aide d'un soufflet, chez un animal dont le thorax est ouvert. Celte différence, ils l'attribuaient, non sans raison, à l'aspiration qui se fait dans le thorax, à l'espèce de succion qui accompagne chaque mouvement d'inspiration. L'influence de cette succion apparaît plus importante encore, après ce que nous venons de dire, puisqu'elle n'a pas seulement pour effet de produire une simple tendance au vide, comme le croyaient ces physiologistes, mais une réelle diminution de pression, laquelle ne disparaît pas, et a nécessairement une action bien plus efficace.

La compression concomitante à la phase expiraloire doit avoir des conséquences inverses. L'air doit être refoulé dans les vésicules pulmonaires, qui seules peuvent présenter quelque dilatation.

Il résulte de ceci, si nous examinons les choses de près, qu'il semble que le moment où se font, au maximum, les échanges respiratoires, est différent de ce qu'on s'imagine volontiers. Certes, ils se passent pendant les deux temps de la respiration ; mais il paraît vraisemblable que le maximum d'énergie de la sortie des gaz du sang a lieu pendant la phase inspiratoire, tandis que leur pénétration serait la plus forte au moment du refoulement expiratoire. Je dis les gaz,

(1) ccv.

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parce qu'il s'agit tout autant de l'azote que de l'acide carbonique.

Relativement au phénomène de l'effort et à la grande diminution qu'il suppose dans la pression intra-pulmonaire, le fait est surtout intéressant au point de vue pathogénique. Il est clair que, dans ces conditions, l'emphysème pulmonaire est un peu moins à craindre, par l'effet des compressions extérieures sur le thorax, que si l'air se trouvait dans les poumons à la pression normale. Mais, en sens inverse, l'appel considérable de sang qui doit être fait dans les cavités cardiaques droites et dans les capillaires pulmonaires, expose à des accidents du côté des voies circulatoires et respiratoires, accidents que nous pouvons bien indiquer, mais sur lesquels il n'est pas dans notre rôle d'insister.

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