‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 205 sur 289 · INFLUENCE DE L'ESPÈCE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L'ESPÈCE

ces influences diverses. Ce n'est pas que nous ayions l'intention de les passer toutes en revue ; l'exécution d'un pareil projet nous entraînerait trop loin. Et d'ailleurs, il est un bon nombre de ces circonstances dont l'influence a été assez bien étudiée, et sur lesquelles nous n'aurions que peu de chose à dire : telles sont les variations dans la température extérieure, tel est l'exercice modéré ou forcé comparé au repos, tel est l'état de digestion, de sommeil, etc. D'autres, au contraire, moins bien connues, nécessiteraient pour leur étude des appareils, des moyens d'action que nous ne possédons pas : je citerai, par exemple, l'influence de la lumière, celle des modifications dans la pression barométrique, etc. Heureusement, il en est cerlaines que nous pouvons aborder, et qui n'ont pas, pour la plupart, beaucoup occupé les physiologistes. Je vous le rappelle, et suis fort heureux de me retrancher encore une fois derrière cette raison générale, nous ne sommes pas tenus ici à une étude régulière et complète, et nous pouvons, nous devons même nousentenirauxquestions qu'il nous est possible d'étudier avec soin, et sur lesquelles nous aurons constaté quelque fait original.

Influence de la taille et de l'espèce. — Parmi les conditions intrinsèques qui déterminent les rhythmes normaux propres aux divers animaux, il n'en est aucune de plus importante, et surtout de plus continue dans son action, que l'ensemble des différences qui constituent leurs caractères spécifiques. Nous avons vu de cette vérité évidente des exemples nombreux en étudiant les mécanismes respiratoires dans les divers types de la série animale. Mais, en nous restreignant davantage dans les comparaisons, en examinant parallèlement non plus des animaux éloignés l'un de l'autre, mais des êtres voisins , nous constaterons encore des différences qui ne manquent pas d'intérêt, Seulement, dans le rhythme res-

piratoire, nous devrons, sous peine d'entrer dans des détails de bien faible valeur et de constatation très- difficile, ne considérer qu'un élément : le nombre dans un temps donné.

Si vous consultez ce qu'ont dit les auteurs sur celte question, vous trouverez que le peu d'observations faites peut se résumer dans celte formule : plus les animaux sont grands, moins souvent ils respirent.

Ces faits, du reste, sont en un nombre extrêmement petit, et relatifs à peu près exclusivement à la classe des Mammifères. Pour celle des Oiseaux, vous ne trouverez chez les auteurs les plus recommandables, que cette phrase empruntée «à Burdach (1) : les gros Oiseaux respirent de 20 à 30 fois par minute, les petits de 30 à 50 fois.

Je n'ai pas cru devoir m'en tenir à ces expressions passées en quelque sorte dans le domaine public. Mettant à profit le voisinage de la ménagerie du Muséum, j'ai pu faire sur divers animaux à sang chaud un certain nombre d'observations dont je vais vous présenter le tableau ; je reviendrai ensuite sur les conséquences qu'on en peut tirer. Je dois faire remarquer que toutes mes supputations ont été faites à la même heure de la journée, en telle sorte que les animaux se trouvaient, au point de vue de la digestion, dans un état à peu près semblable; de plus, ils ont été observés tous dans l'état de repos, parfaitement calmes et tranquilles, mais non endormis; enfin, j'ai fait tout mon possible pour recueillir mes observations dans des conditions à peu près égales de température. J'ai joint aux miens les quelques faits rapportés dans l'ouvrage de Colin.

A ma prière, M. A. Lafont a bien voulu faire, dans le bel aquarium d'Arcachon, sur les animaux marins, plusieurs observations intéressantes, et dont nous tirerons parti.

(1) CXCVII, t. IX, p. 498.

ANIMAUX

Nombre

des mouv.

respirât.

par minute.

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