VIII AVANT-PROPOS
Ce n'est pas à dire, cependant, que cette rédaction reproduise exactement mes leçons, telles qu'elles ont été professées. Je crois devoir, à cet égard, quelques explications aux personnes qui m'ont fait l'honneur d'assister à mon cours du Muséum.
La première des différences qu'elles trouveront entre la présente publication et leurs souvenirs ou leurs notes, a été commandée par des nécessités matérielles. On sait que le laboratoire de physiologie du Muséum et l'amphithéâtre ' où se font les leçons, font situés à deux extrémités opposées de ce vaste établissement. Il en résulte qu'il est à peu près impossible de répéter devant les auditeurs du cours aucune expérience demandant le transport soit d'animaux, soit d'instruments de physique ou de chimie. J'avais donc pris le parti de faire deux ordres de leçons : les unes, purement orales, à l'amphithéâtre; les autres, purement expérimentales, au laboratoire. J'ai dû, on le comprend, faire disparaître, dans la rédaction, toute trace de cette application forcée du principe de la division du travail.
En second lieu, on ne trouvera pas reproduites ici certaines généralités sur la classification et l'histoire des sciences, la nature et le but de la physiologie, auxquelles les habitudes de l'enseignement m'avaient fait consacrer mes premières leçons. Il y a des avantages à ce que, au début d'un cours oral, le professeur insiste un peu sur ces considérations d'un ordre élevé ; il s'attache ainsi son auditoire et prépare les voies à l'exposition de faits plus arides. Mais, dans un livre, ces sortes d'exposés oratoires me semblent perdre toute utilité, à moins qu'ils n'expriment le ésultat des longues méditations d'un maître.