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plonger. Quant au choix de ces questions et à la manière dont je les ai envisagées, qu'il me soit permis d'en dire quelques mots.
Élève de deux maîtres, Gratiolet et Claude Bernard, auxquels je rends un égal hommage d'admiration, d'affection et de respect, j'ai eu cette heureuse fortune d'être habitué par eux successivement à considérer les faits naturels de deux points de vue différents : le point de vue spéculatif, le point de vue expérimental. Le premier de ces maîtres m'a montré en action, à des degrés inégaux de perfection, mais avec une suffisance toujours absolue, les types divers du règne animal ; avec le second, j'ai commencé à connaître ce que l'homme, disposant de certaines conditions intérieures ou extérieures à un animal donné, peut, les faisant varier à son gré, apporter de troubles instructifs dans l'expression complexe de cette harmonie vivante. Tous deux enseignant que, sous ses formes infiniment variées, le problème de la vie est un : mais l'un cherchant sa solution dans l'analyse des diversités spécifiques, véritables expériences toutes faites que présente la nature ; l'autre, dans la recherche des conséquences que l'expérience faite au laboratoire entraîne dans l'équilibre des fonctions d'un seul et même être. L'un remontant des résultats qu'il constate aux conditions qu'il ne peut diriger, et qu'il cherche seulement à connaître; l'autre introduisant à son gré des conditions diverses, pour déterminer leur influence et suivre leurs résultats. En un mot, l'un naturaliste, l'autre expérimentateur : physiologistes tous deux.
Je serais bien heureux qu'on trouvât dans ces leçons
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comme une trace lointaine, comme un souvenir de cette double impulsion : il me semble du moins que j'y obéissais. Le but de la physiologie n'est pas seulement d'apporter un simple secours, si important qu'on le suppose, à la médecine. Il est plus élevé. Ce que la physiologie veut connaître, ce sont les conditions de l'équilibre, pour la matière et pour la force, d'un organisme vivant, quel qu'il soit, à quelque degré de l'échelle qu'il se place. A choisir l'homme comme type, les avantages sont innombrables, sous la condition de ne pas se perdre dans la recherche étroite des applications pratiques. Il est donc nécessaire, j'indique tout ceci à grands traits, d'attaquer le problème unique par toutes ses faces multiples, avec toutes les armes que nous fournissent l'histoire naturelle, l'anatomie comparée, l'expérimentation et enfin la pathologie, qu'il serait impardonnable d'oublier dans cette rapide esquisse.
Dans ces études sur la respiration, j'ai tenté de ne négliger aucun des points de vue du naturaliste, de l'expérimentateur, du médecin. J'ai essayé d'aller un peu plus loin qu'on ne l'avait fait, d'une part, en appliquant l'expérimentation à l'explication des faits d'histoire naturelle, et, d'autre part, en utilisant les faits constatés chez les animaux inférieurs pour l'étude des problèmes physiologiques ou pathologiques que présente l'espèce humaine. Sur beaucoup de points, il est vrai, mes travaux sont restés dans le domaine de la simple constatation, de la curiosité scientifique. Je les publie, cependant, jusque dans leurs minutieux détails. Alors môme qu'il est impossible de l'entrevoir encore, je crois à la concordance finale de toutes
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ces recherches el à l'harmonie que l'avenir établira entre leurs résultats, en apparence si disparates aujourd'hui.
Je n'en dirai pas davantage, ayant voulu seulement indiquer les tendances générales auxquelles j'ai obéi, qui ont dirigé mes travaux.
11 y aurait ingratitude de ma part à terminer cet avantpropos sans remercier vivement M. le professeur Auguste Duméril, chargé de représenter administrativement la chaire vacante dans laquelle je professais, pour la bienveillance qu'il m'a témoignée pendant mon passage au Muséum d'histoire naturelle. Je dois beaucoup encore à M. le docteur J.-M. Philipeaux, aide-naturaliste attaché à la chaire de physiologie comparée, et dont la complaisance égale la modestie désintéressée. L'assistance intelligente et dévouée du préparateur, M. le docteur Jolyet, m'a aussi été fort utile.
Paul BERT.
Paris, le 15 octobre 1869.
TABLE DES FIGURES
Figures. Pages.