‹ Lecons sur la physiologie et la pathologie du systeme nerveux (volume 2)Chapitre 16 sur 148 · DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LEÇON

1er MAi 1857,

SOMMAIRE : Le nerf facial et le nerf trijumeau appartiennent à une môme paire physiologique. — Nerf facial. — Anatomie. — Procédé pour couper le nerf facial dans la caisse du tympan. — Expériences.— Le nerf facial est moteur. — Son développement en rapport avec la variété de ses fonctions. — Effets de sa paralysie. — Le nerf facial est sensible : il tient sa sensibilité récurrente de la cinquième paire, et, à la face, il a de ia sensibilité directe qu'il doit à l'accolement de rameaux venant de la cinquième paire. — Le nerf facial est déjà sensible au sortir du crâne, cette sensibilité lui vient d'une branche qu'il reçoit du pneumo-gastrique. — Expériences.

Messieurs,

Deux nerfs crâniens, l'un de mouvement, le facial, l'autre de sentiment, le nerf trijumeau, doivent d'abord appeler notre attention. La tête, en effet, se distingue surtout des autres parties du corps en ce qu'elle forme un épanouissement de l'axe central destiné à porter les organes des sens. Or, les deux nerfs que je vous signale sont précisément chargés de donner la sensibilité générale et le mouvement à presque tous ces organes sensoriels ainsi qu'aux parties qui y sont annexées.

En commençant nos études par le facial et la cinquième paire, nous rapprochons en outre les deux éléments physiologiques d'une même paire nerveuse dans laquelle le facial joue le rôle de la racine antérieure, tandis que la cinquième paire représente l'élément sensitif ou la racine postérieure.

Le nerf facial a été décrit avec grand soin par les

iS EFFETS DE LA SECTION

anatomistes ; tout le monde est d'accord sur ses fonctions motrices, bien que son histoire présente encore divers points à élucider. Avant d'entrer dans l'histoire physiologique de ce nerf, nous devons indiquer rapidement sa disposition anatomique : le nerf facial étant un conducteur du mouvement, il est utile de connaître la distribution des rameaux par lesquels s'opère cette transmission.

Le nerf facial est un nerf moteur, on le prouve, de même que pour tous les autres nerfs, d'une manière négative, en en faisant la section et voyant qu'après sa séparation de l'encéphale, la transmission des excitations motrices ne se fait plus.

Cette démonstration est très-facile à donner en opérant la section du facial qui peut se pratiquer soit sur la face, en agissant successivement sur ses différentes branches, soit au-dessous de l'oreille, à sa sortie du trou stylomastoïdien, soit dans la caisse du tympan, soit enfin dans le crâne, à son entrée dans le conduit auditif interne.

Le procédé que nous mettons le plus habituellement en usage et que nous allons employer ici devant vous, a pour objet de faire la section du nerf facial dans la caisse du tympan. On cherche d'abord à sentir la caisse, ce qui est facile chez les chiens, les chats et les lapins, à cause de la saillie que forme au-dessous de l'apophyse mastoïde cette portion de l'oreille moyenne.

Avec un instrument bien trempé et en forme de petit ciseau, on pénètre directement dans la caiss i ■ paroi inférieure qui est très-mince. Alors l'instrument se meut avec facilité dans l'oreille moyenne. On dirige sa pointe en haut et en arrière en la faisant marcher

transversalement et en appuyant fortement sur l'os, on divise le nerf facial à son troisième coude, lorsqu'il s'infléchit en bas vers le trou stylo-mastoïdien.

Lorsqu'au lieu de porter l'instrument vers la partie postérieure de la caisse, on le porte vers sa partie antérieure et supérienre, on peut aller détruire le facial au moment de son entrée dans le canal spiroïde. Dans ce cas, on détruit en même temps le nerf acoustique et presque toujours les animaux inclinent la tête du côté où a été pratiquée l'opération, par suite d'une lésion des canaux demi- circulaires.

Chez le chien et chez le chat, à la rigueur même, chez le lapin, on pourrait encore, au lieu de pénétrer par la partie inférieure de la caisse, introduire l'instrument par le conduit auditif en perforant la membrane du tympan.

Nous faisons instantanément l'expérience devant vous sur ce lapin en pénétrant par la caisse du tympan du côté gauche.

Vous voyez maintenant que l'animal peut encore remuer le globe de l'œil, mais qu'il ne saurait fermer les paupières; la narine gauche est immobile, l'oreille est basse, la joue est flasque, agitée à peine dans les mouvements respiratoires par ses soulèvements alternatifs que vous avez tous pu observer chez l'homme et qu'on désigne en disant que le malade fume la pipe. La sensibilité de la face est parfaitement conservée, le mouvement seul est aboli.

Pendant l'opération l'animal a poussé quelques cris, à cause de la sensibilité de la membrane qui tapisse la caisse du tympan. Quant aux désordres que présente

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