SUR LE TRAJET DES NERFS. JO
que l'excitation portée sur le filet nerveux avant son entrée dans le ganglion restait sans effet ; que pour obtenir l'action excitatrice des fonctions de l'onmne, il fallait exciter le nerf entre lui et le ganglion voisin.
Nous allons, en vous montrant que la glande sousmaxillaire sécrète sous la double influence de la corde du tympan et du grand sympathique cervical, voir ce qu'on doit penser des idées que je viens de vous exposer.
La glande sous-maxillaire reçoit du ganglion sousmaxillaire des filets qui lui viennent de la corde du tympan. Elle est reliée en outre au ganglion cervical supérieur par les plexus qui, enlaçant l'artère carotide, s'étendent sur ses divisions. Or nous avons excité le nerf tantôt avant, tantôt après le ganglion; et, dans les deux cas nous avons provoqué une action sur la sécrétion salivaire d'une façon très-manifeste. Ce matin encore nous avons galvanisé le filet cervical du grand sympathique au-dessus et au-dessous du ganglion cervical supérieur, avec les mêmes résultats. Pareille chose nous est arrivée en galvanisant alternativement la corde du tympan avant et après le ganglion sous-maxillaire.
Dans cette dernière expérience, pour atteindre la corde du tympan, nous avons dû saisir le nerf lingual aussi haut que possible, le couper en masse avec la corde du tympan ; après quoi nous avons galvanisé le bout périphérique résultant de cette section.
La conclusion à laquelle nous conduisent ces expériences, faites sur les deux voies par lesquelles le sympathique excite la sécrétion sous-maxillaire, est que le
ganglion n'a pas d'influence propre sur le mode de l'excitation transmise à l'organe.
Yoici un chien sur lequel nous avons préparé l'expérience. Une incision assez large nous a amenés sur le digastrique : en le soulevant, on trouve au fond de la plaie, après avoir incisé le muscle mylo-hyoïdien, le nerf lingual et la corde du tympan ; plus en arrière, la carotide interne qui sert de point de repère pour trouver les nerfs. Le filet de la glande sous-maxillaire accompagne l'artère linguale, puis le petit rameau glandulaire qui émane au-dessus. Nous avons isolé ces nerfs sur des anses de fil qui vont nous permettre de les retrouver au fond de la plaie. Un petit tube d'argent, engagé dans le conduit sous-maxillaire, nous permet de recueillir facilement la salive expulsée par ce conduit. Voici le nerf lingual coupé et rabattu ; il offre la réunion et du lingual proprement dit et de la corde du tympan. Nous en galvanisons le bout périphérique : la sécrétion coule abondamment. Je galvanise maintenant le filet sympathique venant du cou ; vous voyez la sécrétion plus visqueuse s'arrêter bientôt.
Nous prenons maintenant la corde du tympan avant son arrivée au ganglion sous-maxillaire ; nous la galvanisons ; la salive coule.
Nous ajoutererons que la galvanisation de ce filet, qui émane du nerf lingual, agit aussi sur la glande sublinguale, car nous voyons cette salive couler abondamment lors de l'excitation du nerf.
L'action du sympathique est la même, si nous galvanisons dans la région du cou, au-dessous du gan-