I5H MOUVEMENT DE LA NARINE
peut retenir l'aliment dans la bouche, tandis qu'à gauche les lèvres mobiles étant insensibles ne le sentent pas et ne le retiennent pas non plus. C'est alors que l'animal, après avoir saisi le grain entre les dents levait la tête pour le faire tomber en arrière sous les dents molaires.
Le 6 mars, le lapin paraît malade, la cornée est trèsaltérée et sèche; il y a un écoulement séreux par la narine du côté de la section de la cinquième paire; les narines sont toujours immobiles; l'animal meurt pendant la journée. L'autopsie montre que la cinquième paire a bien été coupée à gauche sans que le facial ait été lésé de ce côté; seulement, l'instrument a pénétré profondément et les nerfs pétreux ont dû être intéressés.
L'estomac contenait peu d'aliments, parce que, bien que l'animal mangeât toujours, il ne mâchait que fort incomplètement.
Exp. (5 mars). — Sur un lapin, on coupa d'abord du côté droit le nerf facial dans la caisse, au niveau de la troisième portion. L'animal n'éprouva pas de douleur; seulement lorsqu'on appuyait sur le facial, il y avait des mouvements convulsifs dans la face. Aussitôt après la section du nerf facial, il y eut immobilité des traits qui étaient aplatis et tirés en arrière; ce phénomène, qui est l'inverse de ce qui a lieu chez l'homme, m'a semblé ne pas se présenter lorsqu'on coupe les rameaux du facial sur la joue. Il n'y avait aucun changement du côté de la pupille droite.
On coupa aussitôt la cinquième paire du côté gauche, il y eut en môme temps saillie de l'œil, constriction énergique de la pupille avec apparence terne et flétrie de l'iris,
insensibilité de tout ce côté de la face, etc. Après cette double opération, on constata que les traits étaient déviés à droite ; la lèvre gauche était abaissée et portée en avant, tandis que la lèvre droite était relevée, aplatie et portée en arrière. On constata avec soin que la narine droite était' immobile, tandis que la narine gauche se mouvait et se dilatait parfaitement bien.
Le lendemain, 6 mars, le lapin se portait bien; la conjonctive oculaire était injectée en haut et en bas; la cornée transparente était devenue blanche, opaque, du centre à la circonférence. L'iris était bombé en dehors, plissé, d'une couleur rougeâtre foncée, ce qui n'avait pas lieu du côté opposé.
Quand on faisait mouvoir la tête de l'animal, on reconnaissait que le globe oculaire se mouvait des deux côtés ; la pupille gauche paraissait encore jouir d'une certaine mobilité. La narine gauche se dilatait parfaitement bien et n'était pas le siège d'un écoulement.
Le 7 mars, les mêmes phénomènes persistaient : la cornée gauche devenait de plus en plus opaque, l'œil était larmoyant et humide; du côté droit il était sain. Les mouvements de la narine gauche étaient toujours parfaitement intacts.
8 mars. — Mêmes phénomènes, seulement plus prononcés ; la cornée était opaque, sans ulcération ; la conjonctive, fortement injectée, surtout en haut et en bas, offrait des ramifications vasculaires qui circonscrivaient la cornée à son union avec la sclérotique. L'œil gauche était moins humide que la veille; l'animal était devenu languissant; la narine se mouvait toujours. L'animal
avait toujours présenté, depuis le commencement de l'expérience, l'oreille haute du côté où la cinquième paire avait été coupée, et basse du côté opposé où l'on avait fait la section du facial.
Le globe oculaire était resté mobile à gauche, quand on provoquait des mouvements de la tête.
Sur ce lapin, on coupa alors la cinquième paire du côté droit où le facial avait été divisé précédemment. De sorte que le lapin offrait : section de la cinquième paire des deux côtés, et section du facial à droite.
Aussitôt après cette opération, le lapin présentait les phénomènes suivants :
La bouche était ouverte, et la mâchoire inférieure pendante. Quand on plaçait le doigt entre les dents, le lapin ne le serrait pas. Quand l'animal était dans le laboratoire, il se sauvait en évitant les obstacles et sans paraître aveugle, quoique la cornée fût opaque à gauche et la pupille fortement contractée h droite, par suite de la section de la cinquième paire. La narine droite se mouvait toujours dans les mouvements respiratoires.
Trois heures après l'opération, on revit l'animal qui présentait les mêmes phénomènes. Le lapin fut sacrifié, et l'autopsie montra que les deux cinquièmes paires étaient bien coupées ainsi que le facial.
On n'a pas vérifié, pour les nerfs pétreux, afin de savoir si la persistance du mouvement de la narine gauche ne tenait pas à ce que ces nerfs avaient été ménagés, ou plutôt à l'intégrité du filet provenant du rameau de Jacobson qui, émanant du glosso -pharyngien, vient s'anastomoser avec le nerf pétreux.
EXPÉRIENCES. Wl
Exp. — Sur un jeune lapin, on coupa à gauche le facial dans la caisse du tympan et on observa les phénomènes ordinaires de cette section : absence de dilatation de la narine, impossibilité d'occlusion du globe oculaire, été. Alors je fis à droite la section de l'anastomose du pneumo-gastrique avec le facial, par un procédé qui consiste à diviser verticalement la paroi postérieure de la caisse du tympan entre le facial et le pneumo-gastrique.
Aussitôt après la section, les mouvements de l'aile du nez de ce côté cessèrent. La narine se dilatait encore, mais cette dilatation avait lieu seulement par l'abaissement de la demi-circonférence inférieure de la narine qui était constituée par la lèvre. Il n'y avait plus de mouvement appartenant au lobe du nez; et cela se voyait d'autant mieux que, le facial ayant été coupé de l'autre côté, le nez n'était pas entraîné. De sorte qu'on pouvait mieux juger de l'influence de cette anastomose sur le mouvement de la narine.
On coupa ensuite, sur le même lapin, successivement la cinquième paire du côté droit et le plexus cervical superficiel, de manière à rendre la face complètement insensible; on enleva enfin le ganglion cervical supérieur du côté droit, et on divisa l'anastomose du pneumo-gastrique et de l'hypoglosse. Après toutes ces opérations, il n'y avait rien eu d'appréciable dans les mouvements de la narine qui étaient peut-être un peu plus affaiblis, mais n'avaient pas changé de caractère.
Il aurait fallu, pour que l'expérience fût complète, couper la cinquième paire du côté opposé, parce que, ainsi que nous le verrons dans d'autres circonstances,
l'influence de la sensibilité de la cinquième paire non divisée pouvait parfaitement avoir une action sur les mouvements réflexes du côté opposé. C'est ainsi que cela a lieu, pour l'influence de la cinquième paire, sur les glandes salivaires; pour le nerf optique sur les mouvements de la pupille, etc., etc.
L'animal mourut pendant la nuit et on trouva un œdème considérable du tissu cellulaire du cou et de la face, particulièrement du côté droit. Il n'y avait pas d'épanchement dans la plèvre. Le péricarde était distendu par de la sérosité limpide.
En examinant les nerfs, on trouva que l'anastomose du pneumo-gastrique et du facial était complètement coupée; que le tronc du facial n'avait pas été atteint, ainsi que le prouvaient d'ailleurs les phénomènes observés chez l'animal vivant, puisque la paupière continuait toujours à pouvoir se fermer complètement.
Quant à la cinquième paire, ses deux branches supérieures (ophthalmique et maxillaire supérieure) avaient été complètement coupées et la branche maxillaire inférieure «e l'était que très-incomplétement; la portion d'où naît la branche auriculo- temporale, qui s'anastomose avec le facial, était complètement intacte.
En résumé, cette expérience semble prouver que l'anastomose du pneumo-gastrique possède une influence réelle sur les mouvements des narines. Ce serait là une influence par action réflexe, en admettant que cette branche donnât aux narines une sensibilité spéciale en rapport avec les besoins de la respiration.