DÉVIATION DES TRAITS DE LA FACE
sain ; cette déviation est bien connue et je n'insisterai pas sur elle. On a expliqué cette déviation en disant que les muscles paralysés ayant perdu leur puissance contractile ou leur ton, Faction antagoniste subsistait seule.
Je ne sais pourquoi, chez les animaux, on observe exactement l'inverse, c'est-à-dire que les traits sont tirés du côté de la paralysie. Cette déviation s'observe moins facilçment chez le lapin, mais je vous la montrerai chez le chien. Je vous donne simplement ce fait sans chercher pour le moment à l'expliquer.
Actuellement, messieurs, nous allons vous exposer un certain nombre d'expériences que nous avons faites déjà depuis longtemps et dans lesquelles vous trouverez les preuves des différentes assertions que nous avons avancées dans cette leçon.
Bxp. — Sur un lapin on coupa à gauche le nerf facial à la sortie du trou stylo-mastoïdien. Âpres cette section, les traits de la face étaient aplatis, et attirés en arrière, à gauche, c'est-à-dire du côté paralysé. Cette déviation des traits est donc l'inverse de ce qui a lieu chez l'homme.
Après la section de la cinquième paire, la face présente un autre aspect : au lieu d'être tendu et tiré en arrière, le côté de la face est, au contraire, flasque et les traits sont tombants. On peut, à cet aspect seul, reconnaître de loin si c'est le facial ou la cinquième paire qui a été coupé.
Eœp. — Sur un lapin chez lequel les deux nerfs faciaux avaient été coupés dans la caisse du tympan , on constata que la sensibilité était cousei*vée des deux côtés
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de la face. Les mouvements du nez, des lèvres, des oreilles, des joues, étaient complètement perdus. Les mâchoires seules pouvaient se mouvoir.
Le lapin prenait sa nourriture avec Ips dents, ma*» chant très bien ; mais les aliments mâchés se plaçaient entre les joues et les mâchoires et y restaient accumulés an quantité plus ou moins considérable.
On observa le même phénomène sur quatre autres lapins chez lesquels le nerf facial avait été coupé des deux côtés.
Eœp. — Sur un chat, on fit l'extirpation du facial d'un côté.
Uoreille correspondante resta parfaitement droite i immobile ; la paupière était fixe et ne se fermait pas, mais ranimai clignait avec la troisième paupière qui avait conservé tous ses mouvements. La pupille était verticale, et, comme celle de l'autre œil, n'offrait rien d'anormal. Le globe oculaire avait également conservé tous ses mouvements.
L'animal se plaçait souvent devant le feu , et quand il s'endormait en se chauffant, il fermait les paupières de l'œil sain, tandis que celles de l'œil opéré restaient ouvertes. Mais de ce côté la paupière clignotante s'étendait au-devant de l'œil:
Eœp. — Sur un lapin de taille moyenne, on fit l'extirpation des deux faciaux. Après Textirpation du facial droit, les traits de la face étaient aplatis, tirés en bas et en arrière de ce côté. Après l'extirpation des nerfs faciaux, tous les mouvements étaient paralysés ; les oreilles étaient basses. Il y avait cependant parfois une espèce de sou-
lèvemeut des narines qui teuail sans doute a un soulèvement par Tair expulsé.
Dans rarrachement du facial, il arrive Quelquefois que l'on ménage le nerf acoustique et parfois aussi le petit ganglion géniculé du facial ainsi que le nerf in* termédiaire de Wrisberg. Ici, on n'a pas examiné <• qui avait eu lieu ; mais on observa que Touïe du U^ini était considérablement affaiblie. Toutefois Tauimal entendait encore les bruits lorsqu'ils étaient très violents. L'animal mangeait mais avalait difQcilement ; les ali* ments s accumulaient entre les arcs dentaires et l6t joues; si bien qu'il mourut pendant la nuit, probablement étouffé par les aliments qu'il avait dans la bouche.
Nous avons fait ensuite différentes expériences si)r l'extirpation des nerfs qui ont des rapports avec le facial, et nous avons vu que :
a. En extirpant le facial, on n'arrache pas son ana* stomose avec Idpoeumogastrique dans la portion osseuse du temporal.
b. En arrachant le pneumogastrique , on enlève les deux faisceaux radiculaires du nerf; mais on ne détruit pas son anastomose avec le facial. Comme cette anastomose prend directement naissance du ganglion jugu« laire, il est probable qu'on n'arrache pas ce ganglion.
c. En extirpant le nerf spinal on peut quelquefois n'enlever que la branche externe ; d'autres fois on n'extirpe aussi la branche interne, quand on saisit le nerf plus haut. Quelquefois les animaux suffoquent subitement, cela tient-il à ce qu'on a lésé les vagues ou d'autres nerfs ?
kk PARALYSIE Du NERF FACIAL.
d. En extirpant rbypoglosse, on n'atteint aucunement les nerfs de la huitième paire.
Ecnp. — Sur un lapin de forte taille, on enleva le ganglion cervical supérieur. Le ganglion put être pincé sans douleur, seulement Tarrachement détermina un peu de sensibilité. On Ot ensuite la section des branches superficielles du plexus cervical. Le^ mouvements de la narine correspondante ne changèrent pas. On observa seulement encore, après Tablation du ganglion , la déformation déjà signalée de l'ouverture palpébrale avec saillie considérable de la troisième paupière ainsi que la contraction de la pupille.
On exposa les deux yeux à la lumière du soleil : Les deux pupilles se contractèrent; maisTiris du côté gauche 011 le ganglion avait été enlevé paraissait bien plus sensible à l'action de la lumière.
Ensuite on essaya de couper l'anastomose du pneumogastrique dans la caisse à gauche et on coupa le facial. Il y eut immobilité do tout le côté correspondant.
Le lendemain, les mêmes phénomènes persistaient. Ou voulut faire la section de Tanastomose du pneumogastrique à droite et on coupa encore le nerf facial.
L'animal avalait difficilement; l'herbe s'accumulait entre les dents et les joues; il mourut deux jours après.
 l'autopsie : épanchement de sang dans les deux poumons, sérosité liquide dans le péricarde, rien dans la plèvre.
Exp. — Sur un lapin de forte taille, on fit à gauche l'ablation du ganglion cervical supérieur.
Le ganglion cervical put ôtre pincé et lacéré sans provoquer «ncun signe de douleur, seulement Tanimal cria au moment de l'arrachement. On examina si cette opération avait amené quelque diminution dans les mouvements de la narine du côté correspondant et on ne vit rien de bien évident à ce sujet.
.Le lendemain, en observant Tanimal, on remarqua pour la première fois qu'il existait du côté où le ganglion avait été enlevé un rétrécissement et une déformation particulière do l'ouverture palpébrale. On observa également le phénomène bien connu du rétrécissement de la pupille qui existait du côté gauche.
Deux joursaprès,on n'observait rien de nouveau. Alors on fit à gauche la section de ranastomosc du pneumogastrique, maison opéra involontairement la section du facial et on abolit tous les mouvements de la face. Le rétrécissement de la pupille persista. Le lendemain on essaya découper l'anastomose du côté droit; mais cette fois encore on coupa le facial du côté droit, de sorte que ce nerf était coupé des deux côtés. On s'assura que l'animal entendait très bien, malgré que les deux faciaux fussent coupés dans la caisse. Lorsqu'on laissait tomber quelque chose à terre, il prenait la fuite au moment où le bruit se produisait.
Les jours suivante, l'animal présenta les mêmes symptômes; il mangeait avec difficulté et mourut après cinq jours. A l'autopsie, oo trouva la bouche remplie d'herbe incomplètement broyée. L'animal, qui n'avalait que difficilement à cause du séjour des aliments entre ses joues paralysées, mâchait toujours et avait l'air de ruminer. On