‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 3)Chapitre 27 sur 99 · DU NERF TRUUMEAU DANS LE CEANE. SS · texte numérisé non relu

DU NERF TRUUMEAU DANS LE CEANE. SS

représeDté (flg. 1). On peut encore donner à cet instrument une forme analogue à celle d'un canif. Voici d'ailleurs le procédé tel que nous le suivons (fig. 2) :

1** On tient solidement de la main gauche la tète du lapin en sentant avec le doigt un tubercule placé immédiatement au-devant de Toreille et qui est constitué par le condyle de la mâchoire inférieure. En arrière de ce tubercule, on trouve une portion osseuse dure qui est l'origine du conduit auditif;

2* On pique avec l'instrument H immédiatement en arrière du bord supérieur du tubercule condylien, en dirigeant la pointe de Tinstrument un peu en avant pour éviter de tomber dans l'épaisseur même du rocher et parvenir plus facilement dans la fosse temporale moyenne ; on incline en même temps un peu en haut afin de ne pas glisser dans la fosse zygomatique en manquant ainsi d'entrer daqs le crâne ;

â"* Aussitôt-que Tinstrument a pénétré dans le crâne, ce qui se reconnaît à ce que sa pointe peut se mouvoir à l'aise, on cesse de le pousser et le dirige aussitôt en

Mrfi et la marche que Pinstraroenl doit siiiTre pour parfenir sur le trcNic de la cinquième paire.

A, nerCs olfactifs; — B, oerlii opUques; — G, nerCs moteurs oculaires commun» ; — D, nerfs pathétiques ; •— E, tome de Finstrument pénétrait dans le crâne par sa base pcMV eooper le trijumeau (deuxième procédé) ; — G, G', tronc du nerf de la cinquième; à droite, en G\ le nerf est coupé par le premier procédé, par le côté latéral du crâne ; ^ H, extrémité de Tinstrument arrivée sur le tronc de la cinquième paire, après aToir glissé d*arrière en avant et de haut en bas sur la fece du nn cber, en même temps que le manche de 4*instrument se dirigeait de bas en haut et en arrière, 2 ; — 1 1', nerfs de la septième paire; — K , coupe de ta moelle allongée.

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bas ot en arrière en faisant glisser son dos contre la face antérieure du rocher qui .doit servir de guide dans l'opération ;

4*» Ce point de répère, c'est-à-dire la face antérieure du rocher^ étant trouvé, on pousse Tinstrument sur cette face du rocher en suivant sou bord inférieur et procédant graduellement , en enfonçant Tinstrument et appuyant sur ro6 dont la résistance est facile à reconnaître. Mais bientôt on sent, à une certaine profondeur, que la résis* tance osseuse cesse : ou est alors sur la cinquième paire et les cris que pousse l'animal donnent aussitôt la preuve qu'on comprime le nerf;

5° C'est à ce moment, qu'il faut tenir solidement Tin* strument et la tète de l'animal; puis on tourne le tranchiant de l'instrument de façon à le diriger en arrière et en bas, en même temps qu'on appuie dans le môme sens pour opérer la section du nerf immédiatement à son passage sur l'extrémité du rocher, en arrière du ganglion de Casser, si c'est possible, ou tout au moins sur ce ganglion lui-même.

& On ramène ensuite l'instrument en appuyant sur l'os de manière à bien achever la section du tronc de la cinquième paire ; puis on le retire en lui faisant parcourir le même trajet surla face antérieure du rocher en sortant qu'en entrant, afin de ne pas labourer la substance cérébrale.

L'accident à redouter dans l'opération est surtout la «ection de l'artère carotide lorsqu'oii pousse l'instrument trop en dedans, ou la lésion du sinus caverneux loi-squ'on le pousse trop en avant.

EFFKTS IM!klÉDIATS DE S\ SKCTIO.X DANS LE CRANE. 56

Nous allons maiutenanl faire celte expérience devaul vous en suivant le procédé (juo je viens de vous indiquer :

Âu-devant de Toreille de ce lapin nous sentons le tubercule qui marque Torigine du conduit auditif; c'est au-devant de ce tubercule qu'il faut enfoncer Tinstru* ment. Cet instrument est piquant ; 1 os peu épais peut être percé directement. Nous voici dans le cràne, nous suivons le rocher; le lapin s'agite : nous sommes arrivé sur le nerf. Le mouvement violent auquel ranimai s'est livré, aurait eu des suites fâcheuses si nous n'avions tenu, à ce moment, très solidement la léte de la main gauche et l'instrument de la main droite. De cette façon, les deux mains de l'opérateur et la tète de l'animal faisant pour ainsi dire corps, il n'y a pas eu de déplacement relatif de la pointe de l'histrument. L'animal pousse des cris aigus; nous coupons le nerf de la cinquième paire. Vous voyez saillir le globe oculaire du côté droit où nous opérons la section du nerf. Maintenant nous retirons l'instiument.

Vous voyez en touchant la cornée, leslèvreset les joues, que la sensibilité de la face est complètement perdue de Gec6té droit où l'opération a été pratiquée, bien qu elle soit toujours très vive du côté opposé. On peut pincer la narine à côté de la section, y introduire un corps étranger sans provoquer de douleur; du côté sain, ces parties sont restées très sensibles. L'animal est un peu affaissé, toutefois il n'y a pas de signes actuels d'bémorrhagie, et je pense qu'en laissant le lapin en repos il n'en surviendrapas.

La langue est insensible comme la face. Ou pourrait

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la saisir et la pincer à gauche sans que l'animal la retire; la même chose n'aurait pas lieu à droite.

Les phénomènes immédiats d'insensibilité que nous observons chez ce lapin persisteront toujours, comme nous le verrons, en conservant l'animal. Mais bientôt d'autres phénomènes surviendront: lésions consécutives de nutrition qu'à découvertes Magendie en suivant les animaux opérés, après leur avoir coupé la cinquième paire dans le crâne.

Magendie est le premier expérimentateur qui ait coupé la cinquième paire dans le crâne, de manière à conserver les animaux vivants. Il a exécuté cette opération en 182/i. II est vrai que d'autres physiologistes avaient eu avant lui l'idée de couper la cinquième paire dans le crâne : Ainsi, Herbert Mayo, en 1823, publiait des expériences dans lesquelles il avait coopé la cinquième paire dans le crâne a des pigeons après leur avoir enlevé le cerveau; la même année, Fodéra fit des expériences dans lesquelles il coupa la cinquième paire sans enlever la calote crânienne, en entrant par le pariétal et enlevant une petite portion du rocher. Les deux expériences qu'il fit par ce procédé ne donnèrent que des résultats tout à fait incomplets et très confus : les animaux ne survécurent dans aucun cas. Or, comme l'idée de cette expérience n'a rien de particulier, et que tout le mérite consiste dans l'invention d'un procédé qui permette de l'exécuter et de conserver les animaux vivants, tout le mérite decette expérience et des découvertes auxquelles elle a conduit reviennent à Magendie, bien que^ comme cela arrive à tous les inventeurs, on ait

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