‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 4)Chapitre 17 sur 86 · EFFETS DE LA PARALI^SIE DU NERF FACIAL · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA PARALI^SIE DU NERF FACIAL

sibles, mats les bouts périphériques a accusèrent aucune sensibilité.

Au moment où l'on fit la section des branches du facial , la lèvre inférieure devint complètement tombante. La narine de ce côté fut frappée de paralysie, et, ainsi que cela avait eu lieu de l'autre côté, la narine s'aplatissait et se soulevait comme une soupape au moment de l'inspiration et de l'expiration. Il en résulta une véritable asphyxie pour le cheval, qui, ouvrant largement la bouche, suffoquait malgré ses efforts pour respirer. Le cheval ne pouvant respirer par la bouche, à cause de la disposition du voile du palais et de l'épiglotte qui remonte jusqu'à l'orifice postérieur des fosses nasales; il s'en suivit une mort de l'animal par asphyxie.

Cet accident est particulier au cheval et ne se montre pas chez le chien ou chez d'autres animaux qui peuvent respirer par la bouche.

En outre, chez l'homme, chez le chien, la résistance des cartilages du nez empêche la paralysie des nerfs fociaux d'avoir les conséquences qu'elles ont chez le cheval; il leur resterait d'ailleurs, ainsi que nous venons de le dire, la ressource de respirer par la bouche.

Le nerf facial, nous le savons, se distribue encore aux lèvres et aux joues. L'immobilité de ces parties est la conséquence de sa section. Si l'animal veut prendre ses aliments avec les lèvres lorsque le facial est coupé des deux côtés, ce mode de préhension lui est devenu impossible. J'ai vu par exemple, en coupant les deux nerfs faciaux chez des lapins que ceux-ci, étant réduits

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à saisir avec les dents les aliments qu'un leur donne, Paient obligés de les mâcher en levant la tête, sans quoi ces aliments leur échappaient. La joue est alors paralysée en même temps et, le buccinateur ne se contractant plus, les aliments ne sont plus ramenés sous les dents pendant la mastication. Us s'accumulent dès lors entre Tarcade dentaire et la joue, et gonflent celle-ci au point de gêner les mouvements des mâchoires. H y a en outre, oomaie conséquence de la paralysie des filets du digastrique et stylo-hyoïdien du nerf facial, des difficultés apportées dans la déglutition, si bien qu'après la sectioD des deux nerfs faciaux, ces animaux mangent lentement, difficileinrat, ne peuvent plus se nourrir suffisamment rt finissent par mourir de faim.

La paralysie du muscle buccinateur qui est animé par le nerf facial, donne à la joue une flaccidité qui, dans les mouvements d'expiration, Tempêche de résister à la pression de Tair expiré. Il en résulte, du côté paralysé seulement, une distension intermittente de la joue pro^ duîfiant un soulèvement particulier ^ souvent observé chez l'homme et qu'on caractérise en disant que le malade /urne \a pipe.

Enfin, messieurs, la section du nerf facial amène au»i des modifications très apparentes du côté de l'oreille.

Sur ce lapin, qui a le nerf facial gauche coupé, vous pouvez voir l'oreille gauche tomber ; il ne peut plus la redresser comme Toreille droite, ce qui tient à la paralysie des muscles extérieurs du pavillon de l'oreille. Ce phénomène est très marqué chez les animaux qui, comme l'âne, ont de longues oreilles. Chez l'homme il u'a

pas lieu ; l'oreille reste à peu près immobile, dans une position déterminée à cause de la rigidité de ses car tilages et la paralysie des muscles auriculaires n'y produit pas de déformation apparente.

La branche auriculaire du nerf pneumogastrique parait aussi avoir une certaine influence sur les mouvements de l'oreille. Voici, en effet, ce que nous avons observé : •

Ecop.— On fit sur un lapin la section de la branche auriculaire du nerf pneumogastrique avant son anastomose avec le facial. Aussitôt après la section de ce filet, Toreille devint basse et tombante, tandis que celle du côté opposé resta droite. Cependant, quand on irritait l'animal, l'oreille tombante se redressait; mais ensuite, quand le lapin était en repos, l'oreille retombait. On observa ce résultat d'une manière constante pendant quatre jours de suite; après quoi, l'animal étant sacrifié, on constata que l'anastomose entre le facial et le pneumogastrique était bien exactement coupée.

En résumé, la partie extérieure du nerf facial préside aux mouvements de la face qui ont en général pour siège les ouvertures des organes de sens. Ce nerf est doiic exclusivement moteur, et lorsqu'on a coupé son tronc au sortir du trou stylo-mastoïdien, on n'observe aucune altération dans les mouvements profonds de la face.

Une dernière observation doit encore être faite ici relativement à la paralysie de la partie externe du facial.

Lorsque ce nerf est paralysé chez l'homme d'un seul côté, on a une déviation des traits qui sont tirés du côté

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