EFFETS CONSÉCUTIFS DE SA SECTION DANS LE CRANE
essayé de lui oDlever oe mérite au profit des physiolo^ gistes que nous avons cités.
Le lapin sur lequel nous avons tout à l'heure fait la section de la cinquième paire dans le crâne, est roainnant très vivace. Ayant eu occasion de pratiquer cette opération un grand nombre de fois, j'ai cru remarquer que lorsque un afiaissement ou une teudance aux hémorrhagies se manifestaient après l'opération, un repos absolu permettait à l'animal de se rétablir plus prompte-» ment, tandis que le mouvement était presque constam* ment funeste.
Pour être en mesure de vous montrer en même temps aujourd'hui les phénomènes consécutifs à la section de la cinquième paire, nous avons pratiqué cette opération il y a deux jours sur cet autre lapin.
Nous avons d'abord constaté chez lui les mêmes phénomènes immédiats que nous avons signalés chez le lapin opéré devant vous, savoir: la perte de sensibilité de tout un côté de la face. Vous pouvez voir que ces phénomènes persistent encore et qu'on peut impunément porter sur la moitié gauche de la face dos irritations mécaniques. Cette paralysie du sentiment n'est pas bornée aux parties superficielles, un stylet introduit profondément dans la narine du côté lésé n'y produit aucune sensation douloureuse. L'oreille seule n'a pas perdu sa sensibilité. Cela tient à ce qu'elle reçoit ses nerfs de sensibilité, non de la cinquième paire exclusivement, mais du plexus cervical et même du pneumo-gastrique.
L'opération est faite depuis deux jours, et déjà les accidents consécutifs sont très visibles. L'œil est rouge, la
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çonjoactive*e8t injectée ; déjà ou voit uue tache flur la cornée qui a perdu son brillant et un peu de sa transparence. La cornée est plus convexe, l'iris est comme chagrinée. Cette altération est une conséquence de la section de la cinquième paire ; elle ne tient pas, comme on Ta prétendu , uniquemeut au défaut d'occlusion des paupières, quoiqu'on ait dit que si Tœil était soustrait au contact de Tair , l'altération consécutive arriverait plus lentement ou même n'aurait pas lieu. Ce qui prouva que ce n'est pas du tout uneconséquence forcée du contact prolongé de l'air avec le globe oculaire, c'est ce qui se passe sur un lapin auquel nous avons coupé le facial il y a sept jours. L'œil est sain, quoique la section du facial, paralysant le muscle orbiculaire, ne permette plus le rapprochement des paupières.
L'altération de l'œil, après la section de la cinquième paire dans le crâne, a été très bien étudiée dans ces derniers temps par M. Schiff. 11 y a des causes diverses, causes qui peuvent retarder l'altération de la cornée. J'ai remarqué encore qu'après de simples contusions du nerf lorsqu'il n'y avait pas une solution de continuité parfaite, l'altération était plus tardive ou même n'arrivait pas quoique la sensibilité eût parfaitement disparu.
Exp. — Sur un lapin déjà affaibli et par conséquent prédisposé à l'altération de la cornée, je poupai la cin* quième paire dans le crâne du côté droit. L'animal cria au moment de la section, mais il n'y eut pas saillie de l'œil comme à l'ordinaire, et il y eût aussitôt après l'opération quelques mouvements de clignement dans la paupière. Cependant Tœil, le nez, les lèvres, étaient
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compiéteiuent insensibles. L'animal vécut quatre jours en présentant les mêmes symptômes d'insensibilité sans qu'il y eut aucune altération de la cornée, Tanimal mourut d'affaiblissement , et non de la section de li^ cinquième paire.
A l'autopsie on trouva que la cinquième paire était très nettement coupée, eiLcepté une portion de la branche ophthalmique qui tenait encore comme un fil^ mais qui avait cependant été contondue, car l'animal ne manifes* tait aucune sensibilité dans l'œil pendant sa vie«
Immédiatement après son ganglion, la cinquième paire se divise en trois branches qui donnent la sensibilité générale aux organes des sens. La branche ophtalmique se rend à Tœil; la branche maxillaire supérieure à l'organe de l'odorat; la branche maxillaire inférieure aux organes du goût. Ces trois branches naissentdu tronc de la cinquième paire sur lequel se ren* contre le ganglion de Gasser, ganglion duquel ne natt aucun nerf. Ce dernier caractère qui le rapproche des ganglions intervertébraux, le différencie en même temps des ganglions du grand sympathique desquels naissent ordinairement des ramifications nerveuses.
Nous allons examiner successivement les effets de la paralysie de ces trois branches de la cinquième paire, en commençant par la branche ophthalmique.
La branche ophtalmique pénètre dans l'orbite par la fente sphénoïdale, après quoi elle se divise eu plusieurs rameaux qui sont tous sensitifs.
Mais avant d'entrer dans l'étude do ces branches de la cinquième paire, il est une question dopt npus devons
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nous occuper, c'est celle de Tinfluence du ganglion sur les effets consécutifs de la section du nerf trijumeau.
Lorsqu'on opère la section du nerf trijumeau, les effets sont-ils identiques quand la section porte avant le ganglion de Casser ou après lui ?
Déjà, en 1822, Magendie avait vu que non. C'est le hazard qui porte ordinairement la section avant le ganglion ; lorsqu'on fait Topération , il est difficile ou même impossible de choisir exactement le lieu sur lequel tombera Finstrument. La section ne saurait être dirigée à coup sûr entre le ganglion et le pont de Varole, en raison de l'espace très étroit qui les sépare, espace diminué encore par la cloison que forme la dure-mère entre la protubérance et le ganglion de Casser. Pour arriver à détruire la cinquième paire avant son ganglion, j'avais autrefois imaginé un procédé qui consistait à attaquer le nerf par sa partie postérieure avec un crochet destiné non à le couper, mais à l'arracher ; ce procédé est d'une exécution très difificile et tout aussi peu certaine que l'autre.
Dans les expériences nombreuses qui ont été pratiquée sur la cinquième paire, il est donc arrivé que tantôt on a coupé le tronc de ce nerf avant le ganglion, tantôt on l'a coupé après, tantôt enfin on l'a coupé sur le ganglion lui-même. Magendie avait déjà observé que quand on avait coupé le trijumeau avant son ganglion, les phénomènes d'altération de nutrition étaient plus lents à se produire que lorsque la section avait porté sur le ganglion ou sur la partie du nerf située au delà.
J'ai même vu ces phénomènes d'altération man-
quer complètement quand on arrive à couper la cinquième paire dans le cerveau même , suffisamment loin du ganglion. On a alors tous las phénomènes que nous avons vu suivre la paralysie de la cinquième paire, moins les altérations de nutrition. H est donc permis de penser que ces désordres de nutrition sont en rapport avec la lésion du ganglion. Cette interprétation est d'accord avec ce que l'on sait de l'influence des ganglions intervertébraux sur la nutrition des nerfs; elle est d'accord aussi avec ce qui s'observe chez l'homme où Ton rencontre des paralysies de la cinquième paire avec les deux ordres de lésions. Â l'examen d'un malade affecté de paralysie des centres nerveux^ l'absence des lésions de nutrition fera présumer que la cause de la paralysie a son siège dans les centres nerveux ; la pré* sence de ces désordres fera pense)', au contraire, que la cause de la paralysie intéresse le ganglion, ou la partie du nerf située au delà du ganglion.
J*ai eu autrefois l'occasion de suivre à la Salpètrière une observation de paralysie de la cinquième paire, avec troubles de la nutrition et destruction de l'œil. Dans ce cas, l'autopsie montra que le ganglion de Casser était comprimé et détruit par une tumeur de la fosse temporale moyenne.
La pathologie avait déjà fourni quelques observations analogues aux expériences récentes de M. Waller, qui ont essayé une explication de ces faits. Suivant M. Wal- 1er, il faudrait rattacher, à une même loi physiologique les effets de la cinquième paire, et ceux des racines rachidiennes. Nous avons vu cependant que la section des
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racines rachidiennes ne paraît pas amener de désordres de nutrition dans les membres.
Examinons maintenant ces désordres de nutrition qu'entraîne la section de la cinquième paire.
Dans Tœil, où ils sont le plus apparents, indépendam* ment de la paralysie du sentiment dans toutes les autres parties où se distribue la branche ophthalmique, on voit qu'au bout de quelques heures la cornée transparente n'est plus aussi lisse ni aussi brillante. La saillie du globe oculaire parait être plus grande, la cornée plus convexe; des vaisseaux grossis se dessinent sur le pourtour de la tonjonctive comme ou le voit dans la figure ft.
Après la section du nerf, indépendamment des causes citées plus haut et qui, tenant au siège de la lésion, peuvent accélérer ou retarder les accidents, nous devons indiquer encore que Taltération peut être rendue plus prompte ou plus tardive par Tétat général des animaux sur lesquels on expérimente : les altérations dénutritions apparaissent plus tôt chez les animaux affaiblis.
Généralement, au bout de deux jours, la cornée com* menée à devenir opaque: Plus tard, l'animal devient aveugle.
Une question importante mérite de nous arrêter ici. La perte de la vue est-elle primitive ou consécutive; esl-^lle une conséquence de la section du nerf ou de la perte de transparence de la cornée?
Magendie avait pensé d at)ord que la cécité était primitive et suivait immédiatement l'opération ; il croyait que le nerf optique ne pouvait être impressionné par la lumière, 9on excitant propre, qu'autant que laaeDsibilité
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générale de l'œil était intacte. La perte de la vue n'était cependant pas réelle, car on peut, en coupant la cinquième paire des deux côtés, voir qu'après l'opération l'animal y voit encore assez pour se conduire. Si l'on n'a Opéré la section que d'un côté, on peut reconnaître aussi que, de ce côté, la pupille se contracte encore sous l'influence de la lumière.
Au bout de quelques jours l'opacité de la cornée se prononce de plus en plus, l'engorgement des vaisseaux de la conjonctive augmente, un bourrelet se forme quelquefois autour de la muqueuse; bourrelet qui donne un écoulement purulent, des symptômes inflammatoires se montrent, inflammation sans douleur ni chaleur. La température de ce côté de la face est, au contraire, moins élevée que celle du côté opposé.
Les désordres vont se prononçant de plus en plus : la tache qui s'était d'abord montrée sur la cornée, se creuse, devient un véritable ulcère, la cornée se perfore. Alors Tœil se vide : la perforation de la cornée donne issue au cristallin, à l'humeur vitrée; c'est une sorte de fonte de l'œil. Si l'animal y survit, il ne reste de l'œil qu'un moignon petit et dur.
En général, les animaux succombent à ces désordres^ qui finiraient d'après Magendie par amener unegangrène de toute la moitié de la face, surtout chez des animaux à sang froid qui résistent mieux aux suites de cette opération. Je n'ai jamais vu les lapins vivm que quinze jours ou trois semaines au plus; et ce n'est pas assez longtemps pour qu'on assiste à la perte complète de l'œil
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Après la section de la cinquième paire, on remarque encore du côté des autres membranes muqueuses des désordres de nutrition.
Du côté du nez, il y a souvent un écoulement muqueux ; du côté de la bouche , on en voit également par la commissure du côté opéré. Dès les premiers jours qui suivent la section de la cinquième paire, on obsei*v6 aussi des ulcérations sur le bout de la langue et sur les lèvres, qui tiennent bien certainement à ce que Tanimal mord ces parties devenues insensibles, morsures qui deviennent ensuite le siège d'ulcérations (voy. fig. 3). ,
On sait qu'il y a aussi paralysie des mouvements de la mâchoire du côté où l'on a coupé la cinquième paire ; les dents ne se correspondent plus^ d'où résulte que l'animal se nourrit plus difficilement, comme nous le verrons en étudiant les phénomènes qui sont spéciaux à la paralysie du maxillaire inférieur.
Quand on a coupé les deux cinquièmes paires on ne peut pas observer les phénomènes consécutifs, parce que l'animal ne pouvant plus se nourrir meurt de faim. Quand on a coupé une seule cinquième paire, ou seulement une de ses branches, l'animal peut encore se nourrir de manière à vivre quelque temps, on peut avoir ainsi isolément les désordres qu'entratnent la destruction de chacune de ces branches.
Certaines influences peuvent avoir une action sur la rapidité de la production des lésions de nutrition. Nous avons déjà parlé de l'état de faiblesse des animaux , qu'elle qu'en soit la cause ; nous avons remarqué que l'ablation du ganglion cervical supérieur semblait au
contraire retarder les désordres de nutrition. Ce fait est très intéressant parce que nous savons que Tablation de ce ganglion active les phénomènes circulatoires des parties auxquelles s'étend son influence; ces parties paraissent avoir alors une vitalité plus grande, ce qui leur permettrait par là une plus longue résistance aux causes de désorganisation qui tiennent h l'opération.
Nous allons actuellement vous donner un certain nombre d'expériences dans lesquelles vous trouverez les preuves de ce que nous venons de vous annoncer, expériences qui comprennent des exemples de destruction de la cinquième paire soit des deux côtés, soit d'un seul, soit même simplement d'une branche isolée de ce nerf.
Exp. — Sur un lapin de taille moyenne et très vif, ou coupa dans le crâne la cinquième paire du côté gauche. L'animal cria peu au moment de la section ; cependant les phénomènes ordinaires apparurent : saillie de l'œil, constriction de la pupille , insensibilité de la conjonctive et de la moitié correspondante de la face.
Après l'opération, le lapin avait conservé sa vivacité.
Ce qu'il y eut de remarquable dans cette expérience, une des mieux réussies qu'on, puisse trouver, c*est la liberté des mouvements du globe de Tœil dans tous les sens. Ces mouvements paraissaient s'effectuer aussi bien du côté gauche que du côté sain. Il y eut également des mouvements de clignement de la paupière, mouver ments qui étaient peut-être moins prononcés du côté malade, mais qui survenaient en même temps dans les deux yeux. Tous les phénomènes précédents furent observés immédiatement après l'opération.
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Un quart d'heure après la section du nerf, l'animal était dans le même état ; seulement la pupille gauche, d'abord fortement contractée, s'était déjà notablement dilatée. L'iris du côté opéré présentait un aspect plissé en rayonnant. La cornée semblait un peu plus sèche à gauche qu'à droite. Les mouvements du globe oculaire étaient toujours très libres.
Trois quarts d'heure après l'opération, la pupille gauche était à peu près aussi dilatée que la droite, et elle se contractait très manifestement sous l'influence de la lumière d'une chandelle, puis elle se dilatait quand on la plaçait dans l'obscurité. La cornée du côté gauche était déjà terne et comme poisseuse, tandis que celle du côté droit avait conservé son aspect brillant ordinaire. L'animal qui jusque-là avait porté haut l'oreille gauche, la tenait baissée à ce moment.
Le lendemain, vingt-quatre heures après l'opération, l'animal avait l'oreille basse du côté gauche; lorsqu'il clignait du côté droit, il ne s'exécutait plus de mouvement de clignement à gauche. La conjonctive était injectée et présentait déjà une opacité vers sa partie interne et inférieure. L'œil et la face étaient insensibles, et tous les symptômes de la section de la cinquième paire existaient très bien caractérisés. Les mouvements du globe oculaire gauche étaient toujours très bien conservés. La pupille gauche, quoique dilatée, était toujours un peu plus resserrée que celle du côté opposé, et l'on constatait à plusieurs reprises qu'elle se resserrait davantage sous l'influence de la lumière d'une chandelle ; ce qui prouve que l'opacité commençante de la cornée n'empêchait pas
l'action des rayons lumineux. L'iris était rougeâtre , bombé en avant, offrant des plissements radiés profonds ; la surface de l'œil était enduite d'une chassie visqueuse ; il y avait un peu d'écoulement muqueux par la commissure labiale du côté gauche, et l'aile du nez paraissait un peu moins mobile de ce côté.
Le surlendemain, l'animal fut trouvé mort.
 son autopsie, on ne constata pas d'épanchement dans le crâne ; la cinquième paire était très bien coupée et la section portait avant le ganglion qui était à peine atteint. Tous les nerfs moteurs de l'œil étaient parfaitement ménagés, ainsi que les nerfs pétreux qui semblaienit être restés parfaitement intacts.
La conservation de la mobilité du globe oculaire observée dans ce cas tenait-elle à ce que les nerfs moteurs de l'œil avaient été ménagés, à ce que la cinquième paire avait été coupée avant son ganghon, ou bien à ce que les nerf pétreux et carotidiens n'avaient pas été atteints?
Eœp. (30 avril 1841). — Sur deux jeunes lapins je coupai la cinquième paire d'un seul côté.
Aussitôt après l'opération, l'œil devint saillant et la pupille fut contractée comme à l'ordinaire. De plus on observa l'insensibilité de tout le côté correspondant de la face.
En faisant cligner les paupières du côté sain, celles du côté opéré n'exécutèrent aucun mouvement.
Quatre heures après l'opération, l'œil opéré était, chez les deux lapins, déjà couvert de chassie, bien que la cornée fût encore transparente. La pupille était moins resserrée qu'elle ne Tavait été au moment de l'opéra-
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tion ; mais elle était toujours plus contractée que celle du côté opposé. Lorsqu'on approchait une lumière de l'œil opéré, la pupille se contractait ; puis, après, l'animal fermait la paupière ; ces phénomènes s'observaient chez les deux lapins.
Le lendemain, quinze heures après l'opération, les paupières étaient collées ; la partie supérieure de la conjonctive oculaire était très injectée; la cornée transparente blanchissait déjà, l'altération commençant par la partie inférieure^ La pupille était toujours plus contractée du côté opéré que du côté sain. Les phénomènes observés étaient toujours identiques chez les deux lapins.
Le surlendemain, 2 mai, la cornée était devenue de plus en plus opaque, etc.
L'un de ces lapins succomba le 5 mai, c'est-à-dire six jours après l'opération, et l'autre le 7 mïii , c'est-àdire huit jours après.
Exp. — Sur un autre jeune lapin, on fit à droite la section de la cinquième paire. Du côté correspondant à la section, la narine se mouvait bien, mais elle paraissait rester plus dilatée que celle du côté opposé. .
Le lendemain l'animal mourut. La cornée était déjà opaque ; mais le cristallin et l'humeur vitrée avaient parfaitement conservé leur transparence. L'autopsie montra que le nerf de la cinquième paire avait été bien coupé.
Eœp. (8 août 1849). — Sur un lapin rouge, vivace, on coupa à midi la cinquième paire à gauche en réussissant à passer derrière le rocher pour couper le nerf avant son ganglion. Après la section, il y eut insensibilité de
tout le côté gauche de la face ; les mouvements de ce côté, comparés à ceux du côté opposé, ne paraissaient pas sensiblement modiflés. La pupille était plus contractée du côté de l'opération que du côté sain ; cependant elle paraissait l'être moins que dans les sections ordinaires de la cinquième paire. Le globe de l'œil était mobile.
Six heures et demie après l'opération, le même état persistait. Toutefois, il semblait y avoir déjà un commencement d'injection dans la conjonctive, et la cornée était peut-être un peu plus sèche que du côté opposé; la pupille était dilatée et redevenue pour le diamètre semblable à celle du côté opposé.
Le 9 août, vingt-six heures après l'opération , l'œil gauche semblait faire légèrement saillie. La cornée, un peu terne, était cependant humide et avait conservé sa transparence. L'iris était plissé et bombé en avant. I^ pupille était plus contractée que celle du côté opposé. On avait observé qu'il y avait une convexité moins grande de la cornée du côté coupé. C'est la cornée de ce lapin qui a été représentée (fig. 8).
L'animal fut conservé sept jours, et ce n'est que vers le cinquième jour que commença à se manifester une très légère opalescence de la cornée.
L'animal présenta en outre l'allongement par absence d'usure dans les deux dents incisives, qui avaient perdu leurs rapports naturels. H offrait également les ulcérations caractéristiques qui surviennent aux lèvres et à la langue après la section delà cinquième paire; ce sont les dents et les lèvres de ce lapin qui ont été représentées (fig. 5, page 103).
A Pautopsie , on trouva que la cinquième paire était très nettement coupée avant le ganglion.
Cette expérience concorde avec les résultats observés par Magendie, à savoir que les altérations de Tœil sont beaucoup plus lentes quand le nerf a été coupé avant son ganglion. Toutefois, il faut noter ici que Tanimal était d'une vigueur remarquable; et nous avons vu que, toutes choses égales d'ailleurs , l'altération de l'œil est d'autant plus rapide que les animaux sont plus jeunes et plus affaiblis.
Exp. (août 1842}. — Sur un lapin, on coupa à gauche l'anastomose du facial et du pneumogastrique : il y eut une légère diminution de l'activité des mouvements respiratoires de la narine.
Alors on fit à gauche la section de la cinquième paire dans le crâne. Les traits de la face ne furent pas poussés en avant autant qu'à l'ordinaire, ce qui tenait peut-être à ce qu'on avait préalablement arraché le spinal et le ganglion cervical supérieur de ce côté.
Le 7 août, on fit la section des branches du plexus cervicalqui se rendentàl'oreille. Après cette section, l'oreille était complètement paralysée : ayant été privée de sa sensibilité par la section de la cinquième paire et du plexus cervical, elle semblait avoir perdu complètement la motilité.
Avant la section du rameau auriculaire, lorsqu'on irritait le nerf auriculaire lui-même ou quand, d'abord, on pinçait l'oreille du lapin, qui recevait une partie de sa sensibilité de ce nerf, on déterminait une demi-occlusion de la paupièregauche quoique lacinquièmepaire fût coupée.
La cornée gauche, malgré la section de la cinquième paire, était transparente et humide ; la pupille, resserrée, se contractait encore davantage sous l'influence de la lumière; l'iris était convexe en avant et commençait à offrir des plis rayonnes.
Le 8 août, vingt-quatre heures après l'opération, T œil gauche était toujours humide ; la cornée était transparente ; la pupille, plus resserrée que du côté droit, se contractait encore sous l'influence de la lumière.
De plus, on observa que, depuis l'ablation du ganglion cervical supérieur, il y avait un écoulement muqueux par la narine gauche et par la bouche, du même côté.
On mit alors l'animal sous l'influence de l'opium, ce qui diminua les mouvements respiratoires dans les deux narines , mais sans les abolir entièrement ni d'un côté ni de l'autre.
, Le 9 août, l'animal était toujours à peu près dans le même état; il était vif; son oreille gauche était toujours paralysée du mouvement et de la sensibilité, mais ce qu'il y avait de plus remarquable, c'est l'état de l'œil qui était humide et parfaitement transparent. La pupille était mobile^ seulement elle était plus resserrée que celle du côté opposé. L'iris, brun et comme tuméfié, était bombé en avant et off'rait des plis rayonnes. La conjonctive était injectée dans sa partie moyenne en haut et en bas; le globe oculaire gauche était mobile; les paupières se fermaient quand on exposait l'animal au soleil ; la pupille se contractait alors davantage aussi. A onze heures du soir, l'animal était mourant avec une respiration excès-
sivement gênée : on opéra la trachéotomie^ et les mouvements exagérés des narines n'en furent eu rien diminués. Le 10 août l'animal était mort.
A Tautopsie on constata que la cinquième paire avait été bien coupée avant sou ganglion, qui était toutefois rouge et un peu enflammé. Les poumons étaient engorgés et très malades ; ce qui suffit pour expliquer la mort de l'animal
Eœp. — Sur un autre lapin, la section de la cinquième paire amena une saillie considérable de l'œil ; la pupille était fortement contractée. En toiichant l'œil sain pour le faire cligner, il n'y avait aucun clignement dans l'œil du côté où avait été pratiquée l'opération
QuatrebeurcsaprèsTopération, la pupille, qui d'abord était fortement contractée, s'était dilatée; elle l'était toutefois moins que celle du côté opposé.
Alors, étant dans l'obscurité, on approcha une lumière de Tœil; la pupille se contracta et le mouvement de clignement eut lieu.
Le lendemain, quinze heures après l'opération, l'œil commençait déjà à se couvrir de chassie ; la pupille était restée légèrement plus contractée que celle du côté opposé.
Exp. — Sur un lapin, on fît la section de la cinquième paire dans le crâne. Aussitôt après, l'œil était saillant, la pupille contractée et immobile. Parfois il y avait des mouvements de clignement dans Tœil opéré sans qu'il en résulta des mouvements synergiques dans l'œil opposé. Six heures après l'opération, l'animal ne paraissait pas y voir : une lumière approchée de Vœil ne détermina ni
coDtractation de la pupille ni cligneirtent. L'œil était larmoyant et la conjonctive palpébrale commençait à s'injecter.
Dix^huit heures après l'opération, l'œil était toujours larmoyant, la cornée transparente devint le siège d'une opacité qui commença par le centre.
Six jours après, l'animal mourut. En examinant Tœil, on trouva la cornée entièrement opaque. Le cristallin et les autres humeurs de Tœil étaient restés parfaitement transparents.
Exp. — Sur un jeune lapin, on pratiqua la section de la cinquième paire. Aumoment de la section, on observa* les phénomènes ordinaires ; le lendemain, une opacité existait déjà dans le centre de la cornée ; l'animal toutefois ne paraissait pas coinplétement aveugle et il se dirigeait lorsqu'on le laissait aller, après lui avoir bouché Fœil sain avec une bandelette do diachylon.
Eœp. — Sur un lapin, après lasection de la cinquième paire des deux côtés, les deux pupilles pouvaient se contracter. Seulement le clignement n'existait que d'un seul côté parce que, de l'autre, le facial avait été coupé préalablement.
Exp. — Sur un gros lapin, on enleva le ganglion cervical supérieur à droite. Il y eut* aussitôt après un rétrécissement de ia pupille, en même temps qu'elle se déforma et qu'elle prit un plus grand diamètre vertical. Une heure après, il n'y avait rien de changé dans la pupille qui était restée dans le môme état.
Un peu plus tard, on coupa, du même côté, la cinquième paire. Aussitôt la déformation de la pupille dis-
74 NERF TRIJUMKAU.
parut ; elle devint arrondie et excessivement contractée ; le globe de l'œil était très saillant.
Une heure après la section de la cinquième paire, la pupille était redeveuue comme avant, c'esl^à-dire que l'influence du ganglion s'y faisait toujours sentir, car la pupille avait conservé son diamètre vertical plus considérable et sa forme elliptique. L'œil était resté saillant; mais le globe oculaire paraissait mou et flasque.
Eœp, — Sur un jeune lapin de sept semaines, bien portant, on coupa la cinquième paire du côté gauche . Aussitôt Vœil devint saillant et il y eut un resserrement considérable de la pupille. Les paupières étaient largement ouvertes; la conjonctive et la peau du nez furent trouvés insensibles aussitôt après l'expérience ; l'animal était très vif.
On tourna l'œil gauche du lapin du côté de la lumière et il présenta très bien les mouvements de totalité du globe oculaire.
Une demi-heure après, on constata que la pupille de l'œil opéré s'était dilatée ; cependant elle ne Tétait pas autant que celle du côté opposé. Il faut ajouter qu'au moment de l'opération, la pupille du côté droit n'avait pas éprouvé de changement appréciable dans son diamètre.
Une lumière dirigée sur l'œil, préalablement dans l'obscurité, détermina des mouvements non-seulement de la pupille mais des mouvements généraux du globe de l'œil, absolument comme du côté sain. On s'aperçut en outre que la cornée était redevenue brillante comme avant l'opération et que le globe de l'œil avait cessé d'être saillant. C'est alors que l'on reconnut que la branche oph-
3C3 ^-^^S'^^»^^^ ;>iliv^ P^UO /^-Î-ÏO. C^.LIF. 9«3i. 1
BXPÉ&IENCES. 75
talmique n'avait pas été complètement coupée^ et que rinsensibilité qui était survenue dans Tcsil au moment de l'opération dépendait probablement d'une compression de ce nerf.
En effet, voici quels phénomènes présentait à ce moment ranimai : le globe oculaire offrait une sensibilité évidente , mais le nez , les lèvres , étaient parfaitement insensible ; c'est-à-dire qu'on avait les signes de la section complète des nerfs maxillaires supérieur et inférieur-
Alors je réintroduisis l'instrument pour achever la division de la branche ophtalmique ; et, au moment où je la coupai, l'animal poussa des cris aigus, l'œil redevint saillant, la pupille très contractée et la cornée conaplétement insensible. Aussitôt après cette opération, on fit éprouver à la tète un mouvement de rotation, de manière à voir si le globe oculaire restait immobile. Les mouvements de rotation de l'œil en dehors étaient excessivement faibles.
Au moment de cette seconde opération , il n'y avait pas eu non plus de contraction dans la pupille du côté opposé, du côté droit.
Une demi-heure après, l'œil gauche était resté saillant, la cornée était déjà devenue terne; ce qui n'avait pas eu lieu lors de la première opération, alors que le nerf n'avait été que comprimé. La pupille s'était un peu dilatée depuis Topératiou.
Deux heures après la section du nerf, l'œil était toujours insensible, la pupille était un peu plus dilatée qu'avant, bien qu'elle le fût toujours moins que ceUe
du côté opposé. Les mouvements du globe oculaire étaient toujours très faibles du côté gauche, tandis que du côté droit ils étaient très marqués.
Dans l'obscurité, la lumière artificielle déterminait une contraction très lente de la pupille ; Tiris était bombé et comme plissé ; l'œil, toujours terne, commençait à devenir un peu sec. .
Après la seconde opération, le lapin demeura moins vif qu'après la première.
Le lendemain , dix-huit heures après l'opération , le lapin était à peu près dans le même état que la veille. On constata que du côté gauche il existait une insensibilité parfaite de l'œil et de toutes les parties de la face où se distribue la cinquième paire ; l'œil était terne et sec ; il était moins saillant qu'au moment de l'opération ; les mouvements du globe oculaire avaient absolument disparu. La pupille était immobile et largement dilatée ; elle l'était plus que celle du côté sain. Toutefois, cette immobilité de l'iris, par suite de la section de la cinquième paire, n'était pas une paralysie absolue ; et, sous l'influence de rameaux du sympathique venant par le ganglion cervical supérieur, elle pouvait encore se contracter. Cette source multiple d'innervation motrice semblerait exister aussi pour d'autres organes, tels que les glandes salivaires. Le bord pupillaire gauche était inégal, ondulé sur quelques points; l'iris paraissait flasque, terne ; comparé à celui du côté saiii il semblait lavé, décoloré, privé de l'aspect velouté que présente celui du côté non opéré.
La cornée transparente gauche était terne, ainsi qu'il vient d'être dit, mais elle n'était pas encore opaque;
seulement, du côté interne de Tceil, un nuage blanchâtre commençait à apparaître.
Dans robscurité, la lumière artificielle, projetée allernativement sur les deux yeux, donna les résultats suivants :
Du côté gauche , la lumière projetée en plein dans Tœil faisait cligner Tanimal, el ce clignement avait lieu par abaissement delà paiipière supérieure sans que l'inférieure se relevât; on n'observa pas le moindre mouvement dans la pupille qui restait dilatée. On constata ce phénoniène à cinq ou six reprises différentes ; toujours les mêmes phénomènes se manifestèrent : clignement et immobilité de l'iris. De sorte que Tanimal avait la sensation lumineuse.
Du côté droit, le clignement se faisait, sous l'influence de la lumière, simultanément avec une forte constriction delà pupille. Ce clignement se faisait comme à gauche, surtout par l'abaissement de la paupière supérieure.
Le lapin mourut pendant la journée, vingt-quatre heures après l'expérience. Après la mort, la pupille de l'œil sain s'était fortement contractée, taudis que celle du côté opposé était restée très élargie, comme cela se trouvait pendant la vie.
A l'autopsie, on constata que la cinquième paire avait été complètement coupée. Le nerf de la troisième paire et le pathétique étaient complètement intacts; peut-être le nerf pathétique et les pétreux avaient-ils été atteints par la section î il y avait un peu d'épanchement, parce que le sinus caverneux avait été blessé.
Dans cette expérience, il y avait donc deux choses qui
méritent d'être notées, parce qu'elles peuvent, jusqu'à un certain point, servir de caractère pour reconnaître si on a coupé la cinquième paire :
1* L'aspect de l'œil. Lorsque après l'opération on voit l'œil et la face devenir insensibles mais la cornée conserver son aspect brillant, on peut être à peu près certain que bientôt la sensibilité reviendra et que la cinquième paire n'a été que contuse ou comprimée mais non complètement coupée.
2" Il en est de même pour les mouvements du globe oculaire. Dans l'état normal, lorsqu'on déplace latéralement la tête du lapin en observation, le globe oculaire se meut dans un sens opposé comme pour chercher à rester dans sa direction première. Lorsque la cinquième paire a été complètement coupée, le globe oculaire reste le plus souvent complètement immobile et suit les mouvements de la tête.
Exp. — Sur un lapin de taille moyenne, on essaya :
!*De faire la section de l'anastomose entre le pneumogastrique et le facial à gauche. L'animal poussa un cri à ce moment, et on n'observa pas de changement appréciable du côté de la narine correspondante; il était probable que l'opération n'avait pas réussi.
2^ On essaya ensuite de faire la section de la môme anastomose du côté droit et on coupa le facial, ce qui se reconnaissait à la paralysie du mouvement de la face de ce côté et à la rétraction des traits en arrière.
3® On opéra la section de la cinquième paire du côté gauche : il y eut immobilité complète dans le côté gauche de la face et persistance des mouvements de la narine.
&• On coupa la cinquième paire à droite.
Avant la section de la cinquième paire, les mouvements étaient abolis par la section du facial , et les traits tirés en arrière. Aussitôt après la section de la cinquième paire, les muscles se relâchèrent et les traits tombèrent en avant comme cela arrive généralement dans la seclion de la cinquième paire. Les mouvements de la narine gauche persistaient toujours.
5* On fit la section des branches superficielles du plexus cervical et la section du pneumogastrique et de l'hypoglosse du côté gauche. Les mouvements de la narine correspondante persistèrent toujours, môme avec une grande intensité, lorsque la respiration était gênée.
Le lapin examiné trois heures après la section des deux cinquièmes paires , on constata que les pupilles étaient mobiles sous l'influence de la lumière, qu'il y avait quelques clignements dans la paupière gauche, du côté où le facial était intact. Les yeux étaient déjà plus secs, mais il n^y avait aucune opacité, Tanimal avait conservé la vue ; il courait dans le laboratoire en se guidant très bien et sans se heurter aux objets environnants. Les deux mâchoires étaient écartées et la mâchoire inférieure pendante. On fit respirer à l'animal du chlore et de l'hydrogène sulfuré, qui le firent tousser, mais rien ne démontrait pour cela qu'il percevait la mauvaise odeur. L'animal ne pouvait plus manger; le lendemain, il mourut.
A l'autopsie, on uouva Îls ucr.x cinquièmes paires coupées; le facial gauche était resté intact; le droit était lésé près de sa sortie du trou stylo-mastoïdien.
Exp. (21 juillet 18/i2). — Sur un lapin de taille moyenne, on coupa la cinquième paire du côté gauche mais la section ne porta que sur les deux branches inférieures; la branche ophtalmique restait intacte. Il y avait, comme symptômes: insensibilité delà moitié delà langue de ce côté, sensibilité vive de la conjonctive, de la narine, sensibilité du lobe du nez; toutefois, la sensibilité du lobe du nez était plus faible qu'à Tétat normal.
On remarqua des clignements plus fréquents de la paupière gauche, qui tombait en quelque sorte involontairement, l'animal étant forcé de .faire une sorte d'effort pour la relever.
Le lendemain l'animal se portait bien ; il présentait les mômes phénomènes ; les mouvements de la narine gauche étaient diminués, seulement quand l'animal était au repos. Il s'était mordu la langue du côté gauche, et l'on y remarqua déjà une petitç ulcération.
Exp. (2û juillet 1842). — Sur un jeunejapin, on fit à gauche la section de la cinquième paire. Les deux branches supérieures étaient seules atteintes.
L'animal présenta : insensibilité complète de l'œil , du nez et de la lèvre supérieure; sensibilité normale de la lèvre inférieure. Les mouvements de l'oreille étaient parfaitement conservés; l'animal la portait droite. Les mouvements de la narine paraissaient diminués, surtout quand l'animal était au repos.
Le lendemain , 25 juillet , l'animal se portait bien. L'oreille, mobile encore, ne se mouvait pas en harmonie . avec celle du côté opposé. La cornée était opaque dans son centre.
Au moment de la section du nerf, l'œil n'avait pas été aussi saillant qu'il l'est généralement.
Le 28 juillet, l'animal se portait toujours bien, il était très vif: il présentait les mêmes phénomènes que le premier jour. La cornée gauche était opaque dans un seul point : en dedans et en bas. La pupille était plus con* tractée qu'à droite; l'œil était chassieux; l'iris, d'un brun rouge, était gonflé, rayonné, et offrait une convexifa! antérieure. Cependant cette membrane était contractile, et la pupille pouvait se resserrer. L'œil était clair et l'on Toyait ses humeurs transparentes à travers la partie conservée de la cornée. La conjonctive palpébrale était injectée et l'œil était humide..
Le 29 juillet, les phénomènes étaient les mêmes du côté de l'œil ; tandis que la sensibilité paraissait être un peu revenue dans la lèvre supérieure et dans le nez , surtout à la partie interne, et les mouvements respiratoires paraissaient aussi s'exécuter mieux.
L'animal mourut le 31 juillet.
A l'autopsie, on trouva que les branches ophthal* mique et maxillaire supérieure étaient coupées, à pari quelques filaments très fins de la branche maxillaire supérieure.
La branche maxillaire inférieure était intacte, de même que le filet auriculo-temporal.
Eœp. {lli août 18&2). — Sur un lapin de taille moyenne, on tenta la section de la cinquième paire à droite ; la section ne fut que partielle ; voici les phénomènes qu'on observa :
n y avait sensibilité normale de la face à droite,
B.y Stst. nut. — II, 6
82 NËEF TRIJUMEAU.
excepté rœil qui était insensible. I^a pupille était contractée.
Le 18 aoûty Toeil était toujours insensible , un peu chassieux 9 mais transparent; la pupille, mobile, était toujours un peu plus contractée. L'iris, était fortement bombé en avant et présentait des plis rayonnes.
Le 21 août, sept jours après Topération : œil droit toujours insensible, un peu chassieux, avec une très légère opacité au-dessous de la pupille, à la partie inférieure de la cornée. La pupille était plus contractée que du côté opposé et elle présentait une forme elliptique à grand diamètre vertical.
On fit ensuite servir cet animal à d'autres expériences sur le spinal. Il mourut le 25 août, onze jours après la section de la cinquième paire. On fît Tautopsie avec soin et on constata que la branche maxillaire supérieure de la cinquième paire était seule bien coupée ; les branches ophthalmique et maxillaire inférieure paraissaient intactes.
Sans un épanchement considérable qui existait, il serait di£Bcile d'expliquer par cette lésion les symptômes observés pendant la vie, quoique cependantlenerf maxillaire supérieur fournisse une branche orbitaire. D semblait y avoir eu en outre les symptômes de Tablation du ganglion cervical supérieur.
Eœp. (^2/t juillet 1842). — Sur un jeune lapin, on coupa a gauche l'anastomose entre le facial et le pneumogastrique. 11 y eut diminution des mouvements de la narine quand l'animal était au repos.
On tenta ensuite la section de la cinquième paire du
même côté, à gauche ; la branche inférieure seule fut coupée, ce que 1 on reconnut aux symptômes que présentait l'animal. En effet, il y avait insensibilité complète de la lèvre inférieure, de la moitié gauche de la langue, avec sensibilité conservée dans tout le reste de la face; Toreille était basse et peu mobile. Les mouvements de la narine étaient modifiés; ils présentaient une notable diminution quand Tanimal était au repos, et, dans les mouvements forcés, ils restaient un peu plus faibles à gauche.
Messieurs, d'après toutes les expériences que je viens de vous rapporter et que je pourrais multiplier encore, vous avez acquis une idée générale sufBsante des troubles nombreux et variés que la section complète ou partielle de la cinquième peut produire. 11 nous reste maintenant à entrer dans Fexamen de certains phénomènes plus spéciaux qui sont propres à la paralysie de certaines branches de ce nerf. Ce sera l'objet de la prochaine leçon.