S& OLFACTION
gines des nerfs encéphaliques sont à Tétat normal. D n'y a rien autre chose d'anormal que l'absence de la première paire (nerfs olfactifs).
Nous vous citerons une autre observation invoquée à l'appui de la spécialité du nerf olfactif ; l'examen de cette observation vous montrera qu'elle^ne saurait rien prouver.
Obsebvatiok* — Cécité et diminution de Vol faction produite par une tumeur fibreuee à la haee du crâne^ ptr M. Vidal, interne à la Salpêtrière. ~ L'odorat est excessivement obtus, tellement que cette malade, qni avait contracté Thabitudedu tabac, en a discontinaé l'usage comme ne loi produisant plus de sensation.
A la partie antérieure de la base du cerveau» tumeur de la grosseurd'QB mnf de poule, située au-dessus de la selle turciqne. Elle semble formée par l'épanouissement de l'extrémité de la tige pituitaire à laquelle elle adhère. Le corps pitnitaire ne présente rien de particulier et les os de la base du crâne ne présentent aucune empreinte. Cette tnmeor est logée dans l'épaissenr du cerveau, a refoulé en haut le phncfaer du troisièmeîveniricDie et, placée dans l'espace qu'occupe ordinairement celui*cit elle a écarté Textrémité antérieure de la scissure longitudinale, de telle sorte qu'elle a fortement déjeté en dehors les nerfs olfactifs, qui sont comprimés et aplatis. De plus elle a poussé directement au-dessous d'elle les nerfs optiques dont la commissure à disparu ou plutôt fait partie intégrante de ses parois.
Dans toute l'observation, M. Vidal ne dit pas mention de la cinquième paire. Cependant la tumeur, du volume d'unceuf, devait comprimer le sinus caverneux et la branche ophthalmique.On ne bit
Jumeau ; — G, nerf de la septième paire ; — H, nerf vague ; — I, nerf glOMO-pharyngien ; — J, nerf spinal ; — K, nerf grand hypoglosse ; — L, artère carotide interne ; — M, lobe antérieur du cerveau ; — N , lobe cérébral moyen ; — 0, pont de Varole ; — P, artère basilaire ;-- Q, pjN* mide antérieure ; — B, cervelet.
MgaTATIOIIt Stt
pis BMBtioD noo pint cl« h HOribilité |foMa do me et dis ywi. SoDi ce point de vue, Toteenr atkm en incomplète et on ne peat en tirer ancnne condoeion rigonrense pour on contre la gp6cialit< du nerf olfactif.
Si donc on admet aujourd'hui que le nerf olfactif est le nerf spécial de l'odorat, et que la cinquième paire donne seulement à la membrane muqueuse nasale la sensibilité générale , on émet une opinion basée seule» ment sur l'analogie avec la vision. Après les faits que je viens de vous exposer, il est difficile d'admettre que le râle du nerf olfactif dans l'olfaction puisse être aujourd'hui regardé comme bien connu. Qu'il ait un rMe dans l'exercice de cette fonction , je suis loin de le nier. Mais quel est exactement ce rôle? — Je l'ignore, personne n'ayant pu diagnostiquer pendant la vie l'absence des nerfs olfactife, et observer quelles en étaient les conséquences.
On n'a, d'ailleurs, aucune raison môme analogique de refuser à la cinquième paire un rôle dans l'olfaction.
C'est un nerf de sensibilité générale, sans doute; mais déjà, dans la bouche, ne le voit-on pas réunir les aptitudes des nerfs de sensibilité générale et de sensi*bilité spéciale?
L'olfaction est une fonction qui n'a pas besoin, comme la vue et l'ouïe, d'un organe particulier et spécial. Des surfaces muqueuses constituent les appareils olfactif et guatatif : la cinquième paire perçoit les sensations gustatives; pourquoi ne percevrait-elle pas certaines sensations des odeurs 7
On a parlé de sujets qui sentent la saveur d'un aliment.
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mais n'en perçoivent pas le fumet, qui ri'ônf pas conscieiïce du bouquet d'un vin, etc. Il semble qu'il y art dans ces exemples combinaison de sensations gustatives avec des sensations olfactives ; la perception des arômes serait, en quelque sorte, l'œuvre d'un sens mixte. Se basant sur la perte de- ce séiis particulier pendant un coryza intense^ , on s'est dèuiàndé'sichez les sujets qui sont d'une façon ; perrriahentè dans l'impossibilité de percevoir les arômes, le nerf olfactif rie manquait pas. C'est encore une supposition. ' *'- ^ ^ '
Il faut absolument, pour juger la question de- la part que pelivefit prendre à l'olfàcliôn les nerfs de la' pre-
mière et de la cinquième paire, faire dés expériences précises. ' * — , î
L'ablatioii des nerfs olfactifs pourrait être exécutée sans détruire les lobes olfactifs, et sans amener uue lésion aussi grave. D'un autre côté, il suffirait dé couper les deux nerfs maxillaires supérieurs pour enlever aiix *narines la sensibilité générale ou spéciale "qu'elles peuvent tenir de la cinquième paire, et observer l'odorat odmparativemént avant et a{irès la section de cette branche de la cinquième paire. De cette façon, les 'délabrements ayant été peu considérables, il n'y aurait pas besoin d'attendre aussi longtempspour constater l'état de l'olfaction ; alors on ne pourrait plus objecter ^qu-ifest survenu des lésions de nutrition dans la muqueàse nasale. Nous avons
déjà dit ailleurs que les branches de la cin(|ùième paire, qui vont se distribuer dans les fossés nasales, paraissent jouir d'une sensibilité moindre, et se rapprocher par ta des nerfs de sensation spéciale. *
LEUR P^TRUCTION. 387
-Avant . de vous parler d'expérieDCçs nQuyelles , ijous devons vous citer une expérience ancienne qui uous a dpnn^ des résultats fort singuliers et tout a fait étrange d'ailleurs aux phénomènes relatifs à Todorat qui ne furent pas suivis chez cet animal. . Eœp. (1" mai 18/il). — Sur un chien, on appliqua une couronne de trépan sur la partie antérieure du froutal ; on perfora les deux tables des sinus frontaux , et, à Taide d'un instrument en forme de canif, on détruisit les deux nerfs olfactifs sur la lame ethmoïdale.
Le premier jour, Tanimal tomba dans un coma profond.. Peu à^peu il se rétablit; et, le troisième jour, ranimai cpmplétement revenu commençait à manger.
On conserva ce chien en vue dlexpériçnces ultérieures sur Todorat, et on le laissa dans les cavesdu laboratoire; il mangeait du reste très bien, lorsque, le 25 juin, ranimai devint subitement morne et silencieux, se tenant tapi dans son coin^et évitant lajumjère. Ces symptômes augmentèrent d'intensité; il grondait, essayait de mordre lorsqu'on l'approchait ; ses yeux étaient brillants, ses membres se contractaient ; il écumait et offrait; par- ' fois des crises convulsives, cqmme épileptiformes; il refusait^ toute espèce de nourriture.. Après avoir offert pendant trois jours ces symptômes, l'animal mourut le 28 juin. L'autopsie n'a pas été .faite, . .,
Comment pourrions-nous expliquer ces phénomènes sioguliersi?. Ce serait un objet de recherches à poursuivre.. Je dirai seulement ^ qu'il me semble me rappeller que chez ce chien il s'établit, aprè$ rablatipn du nerf olfactif,, une ^fistule frontale par jaquelle s'^écqqlait dujiquide
S88 Bmtknm.
«éphalc-mchidien, et que plus tard cettèflstule se boucha, et que c'est quelques jours après que ranimai présenta les symptômes que nous venons de rappeller. Peut-ètre dans oe cas s'était-il formé quelque lésion du côté du oerreau. Galien prétendait, comme on sait, que les humeurs s'échappaient du cerveau parles trous de la lame criblée; nous ne pensons cependant pas que son assertion puisse servir d'explication à ce cas.
De tout ce que nous avons dit sur le sens de l'olfac* tion, je ne voudrais tirer aucune conclusion définitive. J'ai désiré seulement vous prouver que le rôle exclusif des nerfs olfactifs n'est pas aussi bien établi qu'on le croit dans l'appréciation des odeurs, et qu'il faiit encore des expériences pour prouver que la cinquième paire n'y prend aucune part. Car, je le répète, les faits qu'on a invoqués jusqu'ici ne sont pas suffisamment probants. Nous avons commencé quelques expériences sur la destruction des nerfs qui se rendent dans la membrane muqueuse des fosses nasales. Nous avons détruit, d'une part, les branches de la cinquième paire sur des chiens, et sur d'autres nous avons détruit les nerf olfactifs par un nou^» veau procédé, qui consiste à couper la partie antérieure des ld}es cérébraux. Mais nos animaux ne sont pas encore suffisanmient rétablis de l'opération pour que nous puissions faire l'observation dans des conditionsconvenablesi Nous les observerons et nous vous donnerons ultérieu-^ rement les résultats de ces observations. En attendant^ comme le temps nous presse , nous allons passer aux ntrfs des autres organes des sens.
La sens de la gostation n'est pas exclusivement sous
rinfliKDce de la cinquième paire. En e0et, la branche lingoale qui vient de cette paire nerveuse ne se distribue que dans les deux tiers antérieurs de la langue. Dans la partie postérieure, la gustation est sous l'influence du nerf glosso- pharyngien. Toutefois, cette