‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 4)Chapitre 59 sur 86 · SA SECTION · texte numérisé non relu

SA SECTION

des iospiratioDs profondes, la cessatiou de la vie est presque instantanée.

J'ai toujours eu soin de. disséquer les animaux après la mort, et je me suis assuré que les veines jugulaires étaient pleines d'air, ainsi que les cavités droites du cœur.

N'ayant donc plus aucun doute sur le mécanisme de la mort et sur la nature de la cause qui empêchait la réussite de l'expérience , j'ai travaillé avec une persévérance infatigable à trouver un moyen pour éviter Fin-* troduction de l'air dans les veines. Par une série de tentatives très multipliées, dont j'abrégerai le récit, j'ai essayé^ tantôt de lier les quatre veines jugulaires, tantôt d'obstruer la veine cave supérieure, pour empêcher la déplétion brusque des sinus dans l'inspiration , et pour forcer le sang à s'écouler par le système veineux ra-chidien. Mais l'engorgement des sinus occipitaux et l'hémorrhagie veineuse considérable qui en résultait apportaient un autre obstable à l'accomplissement de l'expérience, et la mort, quoique plus lente, arrivait encore de la même manière ; car à l'autopsie je trouvais la veine azygos et le coBur droit remplis d'air.

Enfin , je soiigeai à cautériser et à boucher directement les sinus de l'occipital. Pour cela j'employai deux moyens. . ./t

Le premier consistait à faire la section de l'oGcÂpital avec un gros couteau rougi au feu, et traosforaé âîiisi en cautère actuel. * > '. < ;.(i

Le second moyen, que je préfère aapiécédenty consiste à pratiquer avec un perforateur, imitaédiatement

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au-dessus de la saillie occipitale externe, un petit troa qui pénètre dans le torcular. Par cette ouverture, qu*il faut avoir soin de fermer aussitôt avec le doigt pour empêcher l'entrée de l'air, on introduit avec pression le siphon d'une petite seringue, et l'on pousse avec beaucoup de lenteur, dans les sinus, une solution concentrée de persulfate de fer ou de nitrate d'argent. De cette façon on obtient assez sûrement l'obstruction des sinus par la coagulation du sang qu'ils contiennent, surtout si Ton fait préalablement la ligature temporaire des vânes jugulaires.

 l'aide de ces modifications, qui rendent l'expérience excessivement longue, et qui ne sont pas toujours des moyens infaillibles, je suis parvenu, cependant, dans quatre cas, à faire vivre les animaux (trois chiens et un chat) pendant quelques heures, et j'ai pu répéter plus convenablement l'expérience de BischofiT^ sur fat section directe des racines du spinal.

Voici ce que j'ai observé :

Quand on divise les filets inférieurs des deux spinaux jusqu'un peu au-dessus du niveau de la première paire cervicale, la voix n'est pas abolie ; elle m'a paru quelquefois d'un timbre plus (Mr et plus perçant; mais à ^ mesure qu'on arrive à couper les filets originaires supérieurs, les cris deviennent rauques d'abord, puis s'étei* ' gnent complètement lorsque la destructioD des deux 1 spinaux est achevée.

Dans un cas, sur un chien, au lieu de commencer la

seotiûn des oreilles spinales de bas en haut, j'ai divisé

' seulement tes tr/û ou quatre filets supérieurs. Al<»rs la

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Yoix fut entièrement abolie, quoique toutes les origines inférieures n'eussept pas été lésées.

Mes expériences, dont les résultats s'accordent avec ceux de Bischoif , prouvent de plus que le spinal préside à la phonation par ses trois ou quatre origines supérieures, puisque, après la destruction de ces filets seuls, les animaux ne rendent plus qu'une sorte de souffle exptratoire sans aucune vibration sonore. Cette conclusion est , du reste , pleinement d'accord avec Tanatomie , savoir que la branche anastomotique du spinal qui s'associe au pneumogastrique est constituée exclusivement par les filets originaires bulbaires de ce nerf.

Biais après les opérations que je viens de rapporter, il ne m'a jamais été possible de prolonger la vie des animaux au delà de quelques heures, et, du reste, les mutilations étaient si grandes, qu'il est difficile de comprendre comment la guérison aurait pu arriver sans amener, du côté de la moelle allongée et des nerfs pneumogastriques, des altérations graves, qui auraient emp6cbé de savoir si les phénomènes observés ultérieurement dépendaient de l'ablation du spinal ou d'une altération consécutive du pneumogastrique.

En un mot, pour conserver les animaux et savoir si le spinal agissait sur d'autres organes que sur le larynx, il fallait absolument renoncer à cette manière d'expérimenter, et parvenir à enlever les spinaux sans ouvrir la cavité crânienne. C'est l'expérience que j'ai réalisée à l'aide d'un procédé qui consiste à saisir le spinal à sa sortie du trou déchiré postérieur, et à opérer par arra-

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chement la destruction de toutes ses origines intrarachidiennes.

Voici comment on opère : au moyen d'une incîsioD étendue de l'apophyse mastoïde jusqu'un peu au-dessous de Tapophyse transverse de Fatlas, on découvre la branche externe du spinal dans le point où elle se dégage eu arrière du muscle sterno-mastoïdien. Avec une petite érigne, on fait soulever par un aide la partie supérieure du muscle stemo-mastoïdien ; et disséquant avec soin la branche externe du spinal, on s'en sert comme d'un guide pour parvenir jusqu'au trou déchiré postérieur. Chemin faisant, il suffit de quelques précautions pour éviter la lésion des vaisseaux et des nerfs voisins.

Lorsqu'on est arrivé au delà du muscle stemomastoïdien, entre les faisceaux duquel il faut suivre le spinal, on arrive vers la partie antérieure de la colonne vertébrale, et en remontant pour se diriger vers le trou déchiré postérieur, on aperçoit bientôt le nerf hypoglosse, qui vient traverser la direction du nerf pneumogastrique. C'est précisément en ce point que la branche anastomotique interne / (fig. 13) se détache du spinal pour se porter dans le tronc du pneumogastrique. Â l'aide de pinces modifiées pour cet usage, on saisit cette branche en même temps que la branche externe du spinal r (fig. 13), puis on exécute sur la totalité du nerf spinal qu'on a ainsi saisi, une traction ferme et continue, c'estrà-dire sans secousses, qui agit sur toutes les origines du nerf. Bientôt on sent une sorte de craquement; le nerf cède, et on ramène

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